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Le Traité sur l'océan de l'ONU entre en vigueur, mais l'Italie est du mauvais côté de l'histoire

On pourrait dire « C'est l'histoire, mais l'Italie n'en fait pas partie » ou mieux encore « L'histoire se fait, mais pas grâce à l'Italie ». Le Traité sur l'océan de l'ONU, l'une des plus grandes réussites du droit international et de la protection de l'environnement, est en vigueur depuis aujourd'hui 17 janvier 2026. Mais notre pays ne l'a jamais ratifié, écrivant au contraire une autre triste page de notre histoire.

Victoire! Aujourd'hui, 17 janvier 2026, après des décennies de doutes, de reports et de signatures tant attendues, le Traité sur l'océan des Nations Unies (également connu sous le nom de Traité sur la haute mer) l'une des plus grandes réussites du droit international et de la protection de l'environnement. Mais il arrive sans l’Italie, qui ne l’a jamais ratifié.

Qu'est-ce que le Traité sur l'océan des Nations Unies et pourquoi est-il si important

Le Traité sur l'océan mondial est l'accord international des Nations Unies visant à protéger la haute mer, c'est-à-dire les zones océaniques qui n'appartiennent à aucun État (équivalent à environ 60 % des océans), indispensable pour protéger au moins 30 % des océans d'ici 2030 à travers la mise en place de Aires marines protégées (AMP).

Il s’agit d’un moment défini comme « un succès historique pour les océans et le multilatéralisme » par le secrétaire général de l’ONU. Antonio Guterresqui annonce aujourd’hui son entrée en vigueur, avec des propos qui ne laissent guère de doute sur son importance.

Le Traité sur la biodiversité marine est désormais en vigueur et établit le premier cadre juridique pour la conservation et l'utilisation durable de la biodiversité marine dans les deux tiers des océans qui s'étendent au-delà des frontières nationales. Il s’agit d’une réalisation historique pour les populations et la planète

Guterres concerne le Traité sur la biodiversité marine, officiellement connu sous le nom de Accord sur la biodiversité au-delà de la juridiction nationale (BBNJ), car c’est précisément cela qui dispose aujourd’hui d’une défense supplémentaire solide, comblant un énorme vide réglementaire.

Jusqu'à présent, en effet, la haute mer, qui représente environ 64% de la surface des océans, était une sorte de « no man's land », exposée à une exploitation non réglementée, par une pêche excessive (surpêche) aux risques liés aux nouvelles industries, comme l'exploitation minière en haute mer.

Au cœur de ce projet se trouve la création d’un mécanisme permettant d’établir des zones marines protégées à grande échelle. Cet outil, troisième volet de mise en œuvre du Convention des Nations Unies sur le droit de la mer de 1982 sera fondamental pour atteindre l’objectif fixé par l’accord Kunming-Montréal de protéger au moins 30 % des océans d’ici 2030.

Concrètement, pour la première fois, l'obligation de réaliser une évaluation de l'impact environnemental (EIE) pour les activités économiques et humaines prévues en haute mer est introduite, augmentant ainsi la transparence et fournissant un cadre pour atténuer les effets négatifs.

En outre, une répartition équitable des avantages, monétaires et autres, découlant des ressources génétiques marines (RGM) est encouragée, en plaçant le principe d'équité au centre. Les MGR sont en fait des organismes marins dotés d’un énorme potentiel pour la recherche scientifique et pour le développement de nouveaux médicaments et cosmétiques, et l’accord favorise le développement des capacités de recherche et le transfert de technologies marines vers les pays en développement.

L’Italie est (encore) du mauvais côté de l’histoire

L'Union européenne et ses États membres célèbrent cette étape importante dans la conservation et l'utilisation durable des océans – écrit la Commission européenne dans un communiqué – Cet accord historique fournit un cadre pour la gouvernance commune d'environ la moitié de la surface de notre planète et de 95% du volume des océans, qui représentent le plus grand habitat de notre planète.

L'UE et ses États membres, dont l'Italie, ont dirigé le processus politique et les négociations de cet accord, qui a été officiellement adopté en 2023.

Victoire ! L'ONU adopte le traité historique pour protéger les océans : pourquoi il est si important pour l'avenir de la planète et de l'humanité

Le 19 septembre 2025, soit deux ans après son adoption, l'accord atteint le seuil des 60 ratifications nécessaire pour une entrée en vigueur 120 jours plus tard, soit aujourd'hui le 17 janvier 2026.

Mais notre pays, même s’il l’a signé le 22 septembre 2023, ne fait pas partie des 60 pays qui l’ont ratifié.

Nous sommes encore loin de l’objectif de protéger au moins 30 % des mers italiennes d’ici 2030 – tonne Valentina Di Miccoli, responsable de la campagne Mer de Greenpeace Italie – Les zones marines protégées en Italie sont peu nombreuses, petites et couvrent une superficie maritime négligeable. Soutenir leurs projets de protection et d’expansion est essentiel pour limiter la pollution et l’exploitation de la Méditerranée. Il est temps de ratifier le plus rapidement possible le Traité sur l’océan mondial en Italie

Notre pays pourra-t-il, pour une fois, se placer du bon côté ?

Sources : Commission européenne / Antonio Guterres/X

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