Épidémie de grippe aviaire en Allemagne : 18 000 dindes supplémentaires tuées (et plus d'un million d'animaux tués en 2025)
Une nouvelle épidémie de grippe aviaire a frappé un élevage intensif du Brandebourg. L'épidémie s'est propagée dans toute l'Allemagne et plus d'un million d'animaux ont déjà été tués cette année. Une crise qui devrait une nouvelle fois nous faire réfléchir sur l’avenir de l’agriculture intensive
Ces derniers jours, une épidémie de grippe aviaire a été confirmée dans un élevage intensif de dindes de la région allemande de Märkisch-Oderland. Le verdict du Laboratoire d'État de Berlin-Brandebourg et de l'Institut Friedrich Loeffler n'a laissé aucune échappatoire : les 18 000 dindes présentes dans l'établissement de Gorgast, près de Seelow, ont été abattues le même jour.
Les premiers signes d'alerte sont apparus lundi, un nombre inhabituellement élevé d'animaux morts dans les écuries ont alerté les responsables de l'exploitation. En l’espace de quelques heures, les soupçons se sont transformés en certitudes et la condamnation à mort est arrivée pour des milliers de dindes à l’engrais.
Friedemann Hanke, premier adjoint du district, a expliqué que deux zones réglementées ont été immédiatement établies : une zone de protection de trois kilomètres autour du foyer, où tous les élevages de volailles doivent garder les animaux à l'intérieur, et une zone de surveillance de dix kilomètres, avec prélèvement obligatoire pour éviter de nouvelles infections.
L'épidémie de grippe aviaire en Allemagne
Le cas de Gorgast n'est pas un cas isolé. L'Allemagne est confrontée à sa pire épidémie de grippe aviaire depuis trois ans, sans aucun signe d'amélioration. Rien que dans le Brandebourg, depuis le début de l'automne dernier, environ 200 000 animaux, dont des oies, des canards, des dindes et des poulets, ont été tués. Le dernier massacre d'animaux remonte à décembre, lorsque 26 500 poulets ont été tués dans une ferme du district de Havelland.
Au niveau national, les chiffres sont encore plus dramatiques. Selon l'Institut Friedrich Loeffler, 122 foyers d'élevage et 1 125 infections chez des oiseaux sauvages ont été enregistrés jusqu'en novembre 2025, soit plus du double du chiffre de l'ensemble de 2024. Au total, plus d'un million d'animaux ont été abattus en Allemagne cette année à cause de la grippe aviaire.
Selon l'Institut allemand, le niveau de risque est « élevé » et aucun soulagement n'est en vue à court terme. La migration automnale des grues a largement propagé le virus, provoquant la mort de dizaines de milliers d’oiseaux sauvages et compromettant les équilibres naturels, une véritable tragédie écologique.
Le rôle de l’agriculture intensive
Cette crise devrait nous amener à repenser le modèle d’agriculture intensive. Des milliers d’animaux entassés dans des espaces confinés constituent un environnement idéal pour la propagation de virus comme celui de la grippe aviaire. Lorsque la contagion frappe, la seule réponse des autorités est l'abattage massif, une solution aussi drastique qu'inefficace à long terme.
La population avicole allemande compte environ 200 millions d’oiseaux. Un chiffre qui, d'une part, explique pourquoi les prix des œufs et de la viande n'ont pas subi de variations majeures malgré l'épidémie, d'autre part, met en évidence les dimensions d'un système de production industriel qui fait passer la quantité avant la sécurité sanitaire et le bien-être animal.
Les mesures de confinement adoptées par les autorités locales comprennent le confinement obligatoire des volailles dans les zones à risque et l'échantillonnage systématique des élevages pour surveiller la propagation du virus. Bien qu'il s'agisse de procédures standard pour limiter les infections, de nombreux experts soulignent que ces actions restent principalement des réactions d'urgence, sans s'attaquer aux causes structurelles qui favorisent la propagation de la grippe aviaire dans les élevages intensifs.
La grippe aviaire est une maladie saisonnière transmise par les oiseaux sauvages migrateurs, dont les épidémies ont tendance à survenir en automne et culminent au printemps. Pourtant, année après année, le système agricole intensif continue de se retrouver démuni face à cette menace récurrente.
Les élevages intensifs, avec leur concentration anormale d’animaux, ne sont pas seulement des lieux de souffrance pour les animaux, mais représentent de véritables bombes sanitaires prêtes à exploser. La grippe aviaire de 2025 en Allemagne (mais en fait dans toute l’Europe) est un autre signal d’alarme que nous ne pouvons plus nous permettre d’ignorer.
Grippe aviaire : une épidémie sans précédent en Europe en 2025, mais quels risques pour l'Homme ?
Source : Rbb24
