Horreur sur les réseaux sociaux, le maire de Cremonese prépare un repas à base de ragondin : « il y en a trop, mangeons-les »
Le déjeuner à base de ragondin du maire Marchi suscite l'indignation : militants des droits des animaux et citoyens dénoncent une vision cruelle et superficielle de la faune, réclamant plus de respect et des solutions non sanglantes. Ce n’est pas ainsi qu’on résoudra le problème de leur prolifération
À Gerre de' Caprioli, une petite ville de la région de Crémone, le maire Michel Marchi revient dans l'actualité avec un geste pour le moins effrayant : un déjeuner à base de ragondin, documenté et partagé sur les réseaux sociaux. Une vidéo qui, en l’espace de quelques heures, se transforme en détonateur médiatique. Et malheureusement il ne s’agit pas d’une simple farce ou d’une sortie impromptue.
En fait, Marchi défend depuis des années une position claire : la prolifération des ragondins est un problème réel et doit également être abordé de manière non conventionnelle. Son idée est de transformer l’urgence en ressource, en mettant ce rongeur à table. Alors, comme si de rien n'était, il a décidé de mettre en pratique ce qu'il prêche en publiant sur son profil Facebook un menu composé de tagliatelles au ragù de ragondin et de rôti de ragondin mariné.
Les critiques explosent sur les réseaux sociaux
La réaction du public est immédiate. Si d’un côté il y a ceux qui lisent le geste comme une provocation pour braquer les projecteurs sur un sujet souvent ignoré, de l’autre côté l’indignation et le dédain prédominent, surtout chez ceux qui considèrent inacceptable de transformer un animal sauvage en contenu social.
Les attaques directes ne manquent pas : certains accusent le maire de rechercher la visibilité au lieu de s'attaquer aux problèmes concrets du quartier, comme l'entretien de la verdure urbaine. Une véritable « diss numérique », qui transforme une cuisine domestique en espace public.
La réponse du maire
Marchi ne reste pas silencieux. Tout en déclarant qu'il n'aime pas les polémiques en ligne, il répond en revendiquant son rôle et la liberté d'aborder les questions administratives de différentes manières. Pour lui, parler du ragondin, c’est aborder une question de gestion environnementale et de protection des territoires. Sur l'entretien de la ville, il répond cependant avec des données concrètes : contrats déjà attribués et interventions imminentes.
Un débat qui dépasse le cas local
Mais au-delà de la vulgaire polémique politique, elle dépasse rapidement les frontières de la petite ville. Réduire la présence du ragondin à un enjeu gastronomique revient à ignorer la complexité du problème. La prolifération d’une espèce, mais avec des politiques structurées, éthiques et scientifiquement fondées.
Transformer un animal sauvage en contenu médiatique et en plat à exposer risque de légitimer une vision utilitaire et violente de la nature. L’idée selon laquelle « les manger » pourrait être une solution apparaît comme un raccourci aussi simple que moralement discutable, c’est le moins qu’on puisse dire.
Des alternatives existent, mais elles sont ignorées
Les associations qui s'occupent de la protection des animaux le répètent depuis des années : il existe des méthodes non cruelles pour gérer la présence des loutres, comme des programmes de contrôle de la fertilité et des interventions ciblées dans la zone. Des solutions qui demandent du temps, des investissements et des compétences, mais qui respectent un principe fondamental : la coexistence avec la faune. Ignorer ces voies pour poursuivre un récit provocateur, c’est renoncer à une gestion moderne et responsable du territoire.
À la lumière de cette histoire, une question centrale demeure : quelle idée de la relation entre l’homme et la nature voulons-nous promouvoir ? Le cas de Gerre de' Caprioli n'est pas seulement un épisode local, mais le symptôme d'une vision qui considère les animaux comme consommables et comme instrumentaux. Et c’est précisément sur ce terrain que se joue le jeu le plus important : non pas entre ceux qui sont pour et contre un plat, mais entre ceux qui défendent la valeur de la vie animale et ceux qui la réduisent à un contenu viral.
