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Après 50 ans, la Finlande a autorisé la chasse au loup : 65 spécimens peuvent être tués

À partir de 2026, la Finlande autorisera la chasse réglementée au loup. Une décision contestée : la multiplication des effectifs et les attaques sur d’autres animaux ne peuvent justifier des abattages menaçant l’équilibre naturel

Après plus de cinquante ans de protection quasi totale, la Finlande a décidé de réautoriser la chasse réglementée au loup à partir de début 2026. Ce choix découle de la nécessité déclarée de contenir une population en croissance rapide et de réduire les conflits avec les éleveurs, les chasseurs et les communautés rurales. La disposition a été approuvée par le Parlement et modifie substantiellement l'approche précédente basée uniquement sur des réductions exceptionnelles.

Déjà 12 loups tués le premier jour

Les modifications apportées à la loi finlandaise sur la chasse prévoient une saison limitée et strictement contrôlée. La période proposée s'étend du 1er janvier au 10 février 2026, avec une confirmation définitive confiée aux autorités compétentes. La chasse au loup sera autorisée exclusivement au moyen de permis spéciaux, délivrés sur une base régionale par le ministère de l'Agriculture et des Forêts. Selon les estimations du gouvernement, au moins 65 loups pourraient être tués au cours de l'hiver, dont 12 déjà tués dès le premier jour. Chaque intervention doit respecter des quotas stricts, avec des contrôles stricts et des sanctions sévères en cas de violation.

Une population en croissance rapide

La base de la décision est l’évolution des chiffres. Les données officielles indiquent qu'environ 430 loups vivaient en Finlande en mars 2025, soit une augmentation d'environ 46 % par rapport à l'année précédente. La croissance a été particulièrement évidente dans le sud-ouest du pays, favorisé par la disponibilité de proies et la migration transfrontalière. Les experts soulignent que les naissances printanières auraient pu encore accroître la population d’ici fin 2025, augmentant ainsi la pression sur le territoire.

Des conflits croissants dans les zones rurales

Le retour de la chasse est également motivé par l’augmentation des dégâts économiques et sociaux. Ces dernières années, la prédation des rennes a fortement augmenté, avec environ 2 000 animaux tués en une seule année. À cela s’ajoutent les pertes de bétail et les attaques fréquentes contre les chiens de chasse, un sujet particulièrement sensible pour les communautés locales. La présence de loups à proximité des villages et des fermes a alimenté les appels à un contrôle plus actif.

Mais ce n'est pas la solution

Personne ne nie l’existence de ces problèmes. Cependant, réagir par le massacre n’est pas et ne peut pas être la seule solution. Autoriser l’abattage d’au moins 65 loups en une seule saison risque de ramener l’espèce dans une nouvelle phase de fragilité, alors qu’elle montrait des signes de rétablissement. Les écologistes soulignent qu'une population véritablement stable devrait dépasser 500 individus pour garantir une diversité génétique adéquate.

Des outils de prévention existent, comme des clôtures électrifiées, des chiens de garde, des systèmes de surveillance et des compensations économiques plus efficaces. Investir dans ces mesures serait bien plus cohérent avec une politique qui veut réellement concilier sécurité humaine et protection de la nature.

L’Europe et le risque d’un retour en arrière

La récente révision du statut de protection du loup au niveau européen a ouvert la voie à des politiques plus permissives en accordant une plus grande flexibilité aux États membres. Mais plus de flexibilité ne signifie pas moins de protection. Les autorités finlandaises soutiennent que la chasse réglementée est compatible avec le droit de l’UE, mais autoriser la chasse réglementée envoie un message dangereux : lorsqu’une espèce se rétablit, elle peut à nouveau être sacrifiée pour des raisons d’opportunisme politique ou de pression locale. C'est une approche qui contredit des décennies d'efforts de conservation.

Le loup n'est pas un problème à éliminer, mais une ressource écologique à comprendre et à protéger. En faire une cible légale risque de raviver des peurs ancestrales et de légitimer les violences contre la faune sauvage. Si nous voulons un avenir dans lequel l’homme coexiste avec la nature, la voie ne peut pas être celle des armes, mais celle d’une cohabitation responsable.

Source : Yle

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