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Après le scandale, Nestlé gagne en justice : elle peut continuer à vendre l'eau minérale naturelle Perrier

Le tribunal de Nanterre a rejeté la demande de retrait des bouteilles Perrier de Que Choisir, confirmant que la marque peut continuer à vendre son eau minérale naturelle.

Vous vous souvenez peut-être du scandale qui a frappé Nestlé Waters en 2024, lorsqu'une enquête avait révélé que certaines eaux minérales du groupe contenaient une contamination bactériologique. Parmi les marques impliquées se distinguent Perrier, la célèbre marque d'eau gazeuse, ainsi que Vittel, Contrex et Hépar.

La découverte de ces contaminations avait déclenché une véritable inquiétude chez les consommateurs et conduit plusieurs organismes à agir pour empêcher que certaines de ces eaux soient vendues comme minéraux naturels.

L'affaire Perrier avait suscité un tollé particulier et l'association française de consommateurs UFC-Que Choisir avait dénoncé Nestlé Waters, affirmant que l'entreprise avait appliqué des traitements interdits pour tenter de corriger les impuretés présentes dans l'eau. Deuxième Que Choisir, cette pratique aurait transformé les eaux minérales naturelles en eau traitée, trompant les consommateurs et générant des milliards de profits.

La plainte de Que Choisir

L'association de consommateurs a engagé une procédure d'urgence devant le tribunal judiciaire de Nanterre en juin 2025, demandant le rappel immédiat de toutes les bouteilles de Perrier et l'interdiction temporaire de leur vente comme eaux minérales naturelles.

La principale accusation concernait l'utilisation de systèmes de microfiltration. Nestlé a initialement appliqué des filtres de 0,2 microns, considérés comme non conformes à la réglementation sur les eaux minérales naturelles, puis les a remplacés par des filtres de 0,45 microns.

Scandale de l'eau minérale Nestlé : poursuites pénales déposées et appels à l'arrêt de la vente de Perrier

Que Choisir il a fait valoir que ces opérations, bien que déclarées comme « non désinfectantes », représentaient néanmoins un traitement de l'eau qui aurait pu altérer sa composition microbienne. Selon l'association, des millions de bouteilles produites avec l'ancien système étaient toujours dans les rayons et continuaient à être vendues comme de l'eau minérale naturelle, trompant ainsi les consommateurs.

La décision du tribunal

Le 18 novembre 2025, le tribunal judiciaire de Nanterre a rejeté les demandes de Que Choisir. Les juges ont estimé qu'il n'y avait pas suffisamment de preuves d'un risque urgent pour la santé et qu'une infraction n'avait pas été démontrée suffisamment grave pour justifier un rappel immédiat des bouteilles. De ce fait, Perrier peut continuer à être vendu comme eau minérale naturelle et bien plus encore. Que Choisir devra payer les frais de justice de Nestlé.

Nestlé est évidemment satisfait de la décision et un porte-parole de l'entreprise a déclaré :

Nous saluons la décision du tribunal de rejeter l'ensemble des demandes de l'UFC-Que Choisir dans cette affaire. La décision d'aujourd'hui confirme que la sécurité alimentaire des eaux minérales naturelles Perrier a toujours été garantie.

Un scandale toujours ouvert

Malgré le jugement favorable à l’entreprise, l’affaire n’est pas terminée. Plusieurs dossiers restent ouverts : l'enquête pénale contre Nestlé Waters, la vérification de la conformité des nouveaux filtres et l'évaluation des autorisations nécessaires à l'exploitation de l'usine de Vergèze comme source d'eau minérale naturelle.

Un rapport de l'Agence régionale de santé d'Occitanie, daté d'août 2024, avait fait état d'une contamination persistante des puits et mis en avant la possibilité d'interrompre la production de Perrier, invitant l'entreprise à envisager des usages alimentaires alternatifs avec des garanties de sécurité supplémentaires. Nestlé a déjà commencé à aller dans ce sens et a lancé dès le printemps 2024 la gamme Maison Perrier, des eaux gazeuses aromatisées vendues comme eaux potables et non plus comme minéraux naturels.

La décision de justice permet à Perrier de rester en rayon sous la définition d'« eau minérale naturelle », mais ne dissipe pas les doutes sur les procédés adoptés dans le passé. Les consommateurs continuent d'exiger de la transparence : savoir d'où vient l'eau, comment elle est traitée et si l'étiquette correspond réellement au contenu de la bouteille.

Sources : Que Choisir / Reuters

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