Arrêter les singes utilisés comme cobayes dans les laboratoires du CDC : un tournant historique aux USA (mais certains macaques risquent d'être tués)
Le CDC américain va mettre un terme à son programme de recherche sur les primates : arrêter les études sur 200 macaques, mais le sort des animaux reste incertain
Les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) s'apprêtent à fermer définitivement leur programme de recherche sur les primates, une décision destinée à entrer dans l'histoire de la science américaine. Selon des sources internes rapportées par Sciencel'agence a reçu l'ordre d'abandonner progressivement toutes les études impliquant des singes, mettant ainsi fin à des décennies d'essais menés dans ses installations. C’est la première fois qu’une agence fédérale américaine renonce totalement aux recherches internes sur les primates non humains.
Que va-t-il arriver aux 200 macaques du CDC
La mesure concerne environ 200 macaques rhésus et némestrine, hébergés au siège du CDC à Atlanta. Les animaux ont été utilisés principalement pour des études sur le VIH, l'hépatite et d'autres maladies infectieuses. Le sort des primates reste cependant incertain : certains pourraient être transférés dans des sanctuaires spécialisés, d'autres risquent l'euthanasie, surtout s'ils sont impliqués dans des études avec des virus comme le SHIV, ce qui rendrait impossible leur relocalisation pour des raisons de sécurité.
La raison de la décision
Ce choix s’inscrit dans un contexte plus large de réduction des expérimentations animales souhaitée par l’administration américaine actuelle. Depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, plusieurs agences fédérales – dont le NIH, la FDA et l’EPA – ont annoncé leur intention d’investir dans des méthodologies alternatives, telles que les organoïdes, les puces biologiques et les modèles cellulaires avancés. L'indication adressée au CDC serait venue des chefs du ministère de la Santé, dans le cadre du programme « Make America Healthy Again ».
Critiques de la communauté scientifique
Cependant, de nombreux chercheurs biomédicaux parlent d’un choix précipité et dangereux. Les recherches du CDC sur les primates ont joué un rôle crucial dans le développement d'une prophylaxie pré-exposition contre le VIH, une stratégie qui a contribué à réduire considérablement les infections à l'échelle mondiale, selon les experts. Certains scientifiques soulignent que, pour certaines pathologies, il peut remplacer les primates.
L'enthousiasme des militants des droits des animaux
La réaction des associations de défense des animaux a été de nature opposée, parlant d'une victoire historique. Des groupes tels que le White Coat Waste Project et PETA considèrent la décision du CDC comme une étape décisive vers une recherche plus éthique, arguant que des décennies d'expérimentation sur les primates n'ont pas conduit aux résultats escomptés, notamment dans le domaine des vaccins contre le VIH.
Un avenir encore plein de questions
Au-delà de l’impact scientifique, la question de la responsabilité envers les animaux reste ouverte. Les experts réclament des plans clairs et un financement adéquat pour assurer une transition progressive, évitant le gaspillage de la recherche et les souffrances inutiles et surtout l’euthanasie des animaux. Ce qui est certain, c'est que la décision du CDC pourrait devenir un modèle pour d'autres agences, modifiant de manière irréversible la relation entre la science, la politique et l'expérimentation animale.
Source : Science/PETA
