CAP 2.0, l'UE donne son feu vert à la simplification : plus de fonds pour les petits agriculteurs et les normes environnementales en péril
La Chambre européenne approuve la deuxième révision de la Politique agricole commune : le soutien aux petits producteurs augmente, mais les simplifications environnementales soulèvent des questions sur le véritable engagement vert de l'Union
Bruxelles a donné un grand oui. Avec un vote qui n'a pas rencontré d'opposition significative (629 pour, 17 contre et 16 abstentions), le Parlement européen a confirmé l'accord préliminaire sur la deuxième révision de la politique agricole commune (PAC). Un paquet qui promet d'alléger les charges administratives des agriculteurs, avec des économies estimées par la Commission européenne à 1,58 milliard d'euros par an.
Politique agricole commune PAC : feu vert pour des règles plus simples et davantage de soutien aux agriculteurs.
📍Plus de flexibilité pour maintenir les terrains en bon état
📍Une seule inspection d'entreprise par an
📍Plus de soutien financier pour les petits agriculteurshttps://t.co/SGzwduV4nf pic.twitter.com/ZAi9JJlY8f– Parlement européen (@Europarl_IT) 16 décembre 2025
L'accord, conclu à titre provisoire avec le Conseil le 10 novembre 2025, est la réponse aux demandes de plus de flexibilité et de soutien du monde agricole. L’objectif est de rendre les paiements, les exigences environnementales et les outils de gestion de crise plus simples et moins lourds à gérer. Pourtant, l’accent mis sur la simplification déplace inévitablement le débat sur l’équilibre entre productivité et protection de l’environnement.
Les changements les plus profonds visent à renforcer le soutien aux petites exploitations. La discussion entre les colégislateurs a conduit à une augmentation des plafonds proposée par la Commission présidée par Ursula von der Leyen, sortant effectivement « vaincue de la comparaison » sur la dimension financière de l'aide :
- Accompagnement annuel bonifié : le versement forfaitaire a été porté à 3 000 euros par an, dépassant les 2 500 euros initialement proposés.
- Capital de développement : la contribution unique pour le développement des affaires a également été augmentée, avec un plafond maximum qui s'élève à 75 000 euros, contre les 50 000 proposés.
Ces augmentations visent à fournir aux petits agriculteurs, qui ont besoin de règles claires et de « paiements sur lesquels ils peuvent compter », comme l'a déclaré le rapporteur André Rodrigues (S&D, Portugal), une base financière plus solide pour développer leur activité.
Les BCAA sous l'objectif : le nœud du labour
Le véritable enjeu politique, et l'élément qui introduit plus de flexibilité, concerne les « bonnes conditions agronomiques et environnementales » (BCAA). Les nouvelles règles libèrent les agriculteurs du fardeau du labourage de leurs champs chaque année. Les terres classées arables au 1er janvier 2026 conserveront ce classement même si elles n'ont pas été labourées, travaillées ou réensemencées.
Officiellement, la règle a été introduite pour « préserver la biodiversité », mais l'interprétation n'est pas univoque : en réalité, comme nous le soulignons, elle est configurée comme un « prétexte pour épargner aux agriculteurs le coûteux travail des champs ». Cet élagage réglementaire a été défendu par Rodrigues en assurant qu'il est possible d'avoir « des règles plus simples et un meilleur accompagnement, sans affaiblir les protections environnementales et sociales ».
Une autre simplification concerne les agriculteurs bio : ils seront automatiquement considérés comme conformes aux exigences BCAA pour leurs entreprises déjà certifiées ou en phase de conversion. Il s'agit d'une exemption qui réduit la charge bureaucratique et les contrôles supplémentaires, à moins que les États membres ne décident de la limiter en cas de charge administrative élevée.
Le principe du « une fois seulement »
La simplification s'étend également au système d'inspection. L'accord établit que flexibilité rime avec moins de contrôles, introduisant le principe du « once only ». Les agriculteurs ne devraient pas être soumis à plus d’un contrôle officiel sur place au cours de la même année.
Le règlement attend désormais la confirmation formelle du Conseil et son entrée en vigueur, prévue le lendemain de sa publication au Journal officiel. Le Mini-CAP promet d’alléger le fardeau du secteur primaire, mais son impact à long terme sur la santé des sols et la biodiversité fera pencher la balance de sa réelle efficacité.
Source : Parlement européen
