Pomodoro più a nord

Ce vieil agriculteur de Bologne a sauvé la tomate de la mise en conserve plus au nord de l'Italie

La tomate conservée la plus septentrionale d'Italie survit sur les collines de Bologne : une variété rare sauvée par Gino Cerè qui raconte aujourd'hui la biodiversité, la tradition et l'avenir.

Sur les collines de Bologne se cache une histoire qui sent la terre, la mémoire et la résistance agricole. Ici, parmi les querelles silencieuses et les anciennes techniques paysannes, survit un petit fruit, capable de défier les saisons : le Tondo da Serbe de Villa Ghigi, considéré comme la tomate en conserve la plus septentrionale d'Italie. Ce n'est pas seulement une curiosité botanique, mais le symbole d'une biodiversité tenace, sauvée de l'oubli grâce au dévouement de ceux qui ont choisi de ne pas oublier.

Villa Ghigi, une oasis entre passé et présent

Tout a commencé dans le domaine historique de la Villa Ghigi, actif depuis le XVIe siècle et aujourd'hui transformé en parc public qui préserve un précieux patrimoine agricole. Dans ce lieu où cohabitent arbres fruitiers anciens et variétés oubliées, la terre raconte encore le travail des générations. Parmi eux, la famille Cerè a conservé pendant plus d'un siècle une connaissance de la tradition rurale et un souci du détail, en gardant vivantes des cultures disparues ailleurs.

Gino Cerè, le gardien de la mémoire

Au centre de cette histoire se trouve Gino Cerè, un agriculteur qui a consacré sa vie à la terre et à son histoire. Né en 1939, il a travaillé pendant des décennies dans les champs de Villa Ghigi, récoltant non seulement des fruits mais aussi des témoignages du passé. Le tournant s'est produit en feuilletant de vieux cahiers des années 40, dans lesquels le père notait les ventes et les récoltes : la petite tomate serbe figurait déjà parmi ces chiffres. A partir de ce moment, Cerè décide de le protéger, se transformant en gardien silencieux d'une variété unique.

Tomate plus au nordTomate plus au nord

Un fruit petit mais extraordinaire

Le Tondo da Serbe se distingue par ses caractéristiques précises : petite taille, peau épaisse, couleur rouge intense et une extraordinaire capacité de conservation pendant des mois. Cultivé avec très peu d'eau, selon la méthode siccagna, il garde sa structure intacte même après la récolte. Autrefois, il était placé sur des plates-formes dans les greniers, tout comme les raisins, pour être utilisé pendant l'hiver. C'était un ingrédient précieux, capable d'enrichir les bouillons et les plats de fêtes lorsque le jardin était désormais nu.

De la tradition au futur de la biodiversité

Aujourd'hui, cette variété continue de vivre grâce à des projets de protection et de culture partagée. Il est également cultivé en dehors du domaine d'origine et son patrimoine génétique est préservé dans des centres de recherche, démontrant son importance. Mais sa valeur va au-delà de la science : elle représente un modèle d'agriculture durable, liée au territoire et à la mémoire.

À une époque dominée par la standardisation du goût, le Tondo da Serbe de Villa Ghigi raconte une autre histoire. Celui d’une petite tomate qui, contre toute attente, a réussi à rester. Et enseigner que même les choses les plus simples peuvent devenir extraordinaires.

Source : Villa Ghigi

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