Comme la High Line à New York : un périphérique vert au-dessus de la ville est sur le point d'être construit à Rome
Rome évalue la transformation de deux kilomètres du périphérique Est en un parc urbain alliant durabilité, mobilité et espace public
A New York il y a la High Line, à Rome le périphérique vert pourrait arriver. L'idée est d'intervenir sur un tronçon actuellement inutilisé du périphérique Est, entre la gare Tiburtina et Batteria Nomentana, pour le transformer en un espace vert linéaire conçu pour la ville. Il ne s’agit pas d’un projet exécutif tout fait, mais d’un processus officiellement lancé par le Capitole pour évaluer sa faisabilité, ses impacts et ses coûts.
Ces derniers jours, le conseil présidé par Roberto Gualtieri a approuvé un document qui lance le processus de planification. Ce passage fait suite à une motion votée à l'unanimité par l'Assemblée Capitoline et inscrit la proposition dans le cadre des politiques de régénération urbaine et de mobilité durable sur lesquelles Roma Capitale a travaillé ces dernières années.
Un projet inscrit dans les engagements climatiques de Rome


La rocade verte est liée aux objectifs environnementaux fixés par l'Agenda 2030 de l'ONU et par le Contrat de Ville Climat de Roma Capitale, approuvé en octobre 2025. Rome fait partie de la centaine de villes européennes appelées à viser la neutralité climatique d'ici 2030, un objectif qui nécessite des interventions structurelles, notamment dans les zones urbaines les plus touchées par la circulation et les infrastructures.
Dans ce contexte, le projet a déjà obtenu la reconnaissance formelle comme première oasis urbaine de l'UNESCO, indiquée comme modèle de référence pour la création d'espaces verts dans des contextes métropolitains à haute densité infrastructurelle. Une reconnaissance qui, en intention, doit accompagner le processus de transformation et non remplacer son évaluation concrète.
Du viaduc au parc : ce qui pourrait changer
L'intervention proposée concerne environ deux kilomètres d'infrastructures désaffectées, à transformer en un parc linéaire de 3,4 hectares. Le projet vise à restaurer la continuité urbaine dans une zone actuellement fragmentée, en introduisant de la verdure, des pistes cyclables et piétonnes et des espaces accessibles. Le cadre est celui d'un parc conçu pour fonctionner également d'un point de vue environnemental, avec l'utilisation d'énergies renouvelables, des pratiques de compostage et des interventions d'assainissement des sols.
Outre les aspects écologiques, la zone devrait accueillir des espaces de loisirs, des activités sportives et des initiatives liées à l'agronomie urbaine, y compris des activités pédagogiques et des ateliers. Le projet prévoit la plantation de plus de 500 arbres et l'intégration de nouveaux services urbains, dont une serre, un marché et un auditorium, ainsi que des pistes cyclables et des liaisons avec les quartiers de Nomentano et Tiburtino.
Impacts attendus sur la gestion de l’air, de la chaleur et de l’eau
Parmi les objectifs déclarés figure la réduction de la pollution atmosphérique, avec un confinement des PM10 et du CO₂ et une diminution du trafic local. L'augmentation de la verdure devrait également contribuer à réduire les îlots de chaleur, l'un des problèmes les plus évidents des étés romains, en abaissant les températures dans les zones environnantes.
L'installation d'un système de collecte et d'épuration des eaux de pluie est également prévue, qui serait réutilisée pour l'irrigation du parc. Une solution conçue pour améliorer la gestion des ressources en eau et réduire la vulnérabilité des villes aux événements météorologiques extrêmes.
Un projet ouvert, entre recherche et gestion partagée
Le périphérique vert a également été conçu comme un espace d’expérimentation. La collaboration avec les universités et les centres de recherche présents dans la zone pourrait transformer le parc en un laboratoire urbain à ciel ouvert, dédié à l'éducation environnementale et à la recherche appliquée.
Le modèle de gestion hypothétique est basé sur la collaboration entre institutions, citoyens et associations, à travers des formes de partenariat public-privé impliquant la municipalité de Rome, Cassa Depositi e Prestiti, les chemins de fer italiens, des universités et des organismes internationaux tels que l'UNESCO et la FAO. Le projet a été conçu par Nathalie Grenon du Studio Sartogo Architetti Associati en collaboration avec le groupe de travail Agenda 21, avec le soutien de partenaires nationaux et internationaux.
Dans un quartier de la ville où les résidents et les comités réclament depuis des années des interventions de réaménagement environnemental et des espaces verts utilisables, le lancement de l'étude de faisabilité représente une première étape. L’étape décisive sera de comprendre les délais, les ressources et les modalités de mise en œuvre, pour évaluer si et comment cette portion du périphérique Est peut réellement changer sa fonction et son rôle dans la ville.
Source : Municipalité de Rome
