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Grippe aviaire, les cas ont quadruplé en Europe en 2025 : voici les régions italiennes les plus touchées par les foyers

L'EFSA fait le point sur la propagation de la grippe aviaire en Europe, signalant 1 443 cas parmi des oiseaux sauvages en seulement 3 mois. En Italie, cependant, les foyers enregistrés dans les exploitations agricoles nationales sont concentrés dans 5 régions du Nord

L'Europe est confrontée à une vague sans précédent de grippe aviaire hautement pathogène. Entre le 6 septembre et le 14 novembre 2025, l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a enregistré 1 443 cas chez des oiseaux sauvages répartis dans 26 pays du continent : un nombre quatre fois plus élevé qu'au cours de la même période en 2024 et le plus élevé jamais documenté depuis au moins 2016.

Le virus a touché notamment les canards, les oies et les cygnes, mais aussi les populations de grues cendrées, avec une mortalité élevée en Allemagne, en France et en Espagne. C’est précisément la circulation intense des espèces aquatiques et la contamination environnementale associée qui ont conduit l’EFSA à recommander un renforcement immédiat de la surveillance, l’adoption de règles de biosécurité plus strictes dans les exploitations agricoles et l’enlèvement en temps opportun des carcasses d’oiseaux sauvages afin de réduire la propagation du virus.

La situation italienne

Selon les mises à jour officielles de l'Istituto Zooprophylattico Sperimentale delle Venezie (IZSVe), au 21 novembre 2025, 20 foyers ont été confirmés dans des élevages de volailles italiens, tous causés par le sous-type H5N1.

La répartition des foyers en Italie est définie comme « inégale », avec une nette concentration dans les régions du nord. Les foyers dans les élevages de volailles domestiques se répartissent comme suit :

  • Émilie-Romagne : 7 foyers dans les provinces de Bologne, Forlì-Cesena, Parme, Modène et Ferrare
  • Lombardie : 6 foyers répartis entre Lodi, Crémone, Brescia, Mantoue et Varèse
  • Vénétie : 3 foyers, tous concentrés dans la province de Vérone
  • Piémont : 3 foyers dans les provinces d'Alexandrie et de Novare
  • Frioul-Vénétie Julienne : 1 foyer dans la province d'Udine

L'infection a touché différents types d'élevages : dindes de boucherie (les plus touchées), poules pondeuses, poulets de chair, poulets reproducteurs, faisans et élevages multi-espèces. La plupart des foyers ont été rapidement maîtrisés, avec des durées moyennes de confinement comprises entre quelques jours et deux semaines après la confirmation du cas.

Outre les élevages, le virus continue de circuler parmi la faune sauvage, avec des détections notamment chez les oiseaux aquatiques et migrateurs, contribuant à la contamination de l'environnement et au risque de transmission aux animaux domestiques.

Carte de la grippe aviaireCarte de la grippe aviaire

Unaitalia rassure : « Aucun risque lié à la consommation de viande et d'œufs »

Interrogée par Il Sole 24 Ore sur la situation actuelle, Unaitalia, l'association professionnelle du secteur avicole, assure que la situation relative aux foyers de grippe aviaire est totalement sous contrôle et que :

Il n’y a aucun danger pour la santé humaine lié à la consommation de viande de volaille ou d’œufs. La transmission à l'homme est un événement rare.

Il y a 15 foyers dans des fermes commerciales, plus 5 autres dans les zones rurales – des chiffres pratiquement comparables à ceux enregistrés au cours de la même période de 2024.

L'association réitère également l'existence du plan stratégique national pour la gestion de l'influenza aviaire hautement pathogène, élaboré par le ministère de la Santé et l'Istituto Zooprophylattico delle Venezie, qui intègre des actions de biosécurité, la gestion du territoire par groupes à risque et l'utilisation ciblée de la vaccination comme mesure de prévention supplémentaire.

L’enlèvement rapide des carcasses d’oiseaux sauvages est également fondamental afin de réduire le risque d’infection pour d’autres oiseaux et mammifères, sauvages et domestiques.

Malgré l'alerte, les autorités sanitaires européennes et italiennes rassurent la population : la transmission du virus à l'homme reste un événement rare et

Le récent cas de décès dû à une infection au virus H5N5 aux États-Unis a suscité des inquiétudes, mais les experts soulignent que les infections humaines enregistrées jusqu'à présent sont exclusivement imputables à un contact direct avec des animaux infectés. Aucune transmission de personne à personne n’a été observée, ce qui maintient le niveau de risque pour les humains à un niveau faible.

La grippe aviaire reste donc avant tout une infection affectant les oiseaux, et les spécimens sauvages représentent le principal réservoir de virus. Certaines souches ont démontré leur capacité à se transmettre aux mammifères, notamment aux bovins et aux animaux de compagnie, mais une surveillance continue et les mesures préventives adoptées permettent de garder la situation sous contrôle.

Sources : EFSA / IZSVe

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