Le combat de la Jamaïque (criant Bob Marley) pour sauver les plages de la privatisation : seulement 0,6% sont accessibles aux citoyens
En Jamaïque, seulement 0,6 % des plages sont accessibles aux résidents : il y a désormais cinq procès contre des resorts et des privatisations
Eaux turquoise, plages de carte postale et resorts surplombant la mer. L'image de la Jamaïque que le tourisme international vend au monde est véritablement celle d'un paradis tropical, mais pour de nombreux Jamaïcains la réalité est bien différente : accéder aux plages de leur île devient de plus en plus difficile.
Selon le Mouvement environnemental Jamaica Beach Birthright (JaBBEM), aujourd’hui, seulement 0,6% des plus de 1000 kilomètres de côtes seraient librement et librement accessibles à la population locale. Un fait qui alimente une mobilisation croissante contre la privatisation des côtes et l’expansion des resorts de luxe, des villas privées et des grands complexes touristiques destinés principalement aux visiteurs étrangers.
En Jamaïque, moins de 1% des plages sont accessibles gratuitement aux citoyens : la bataille juridique pour les rendre accessibles à tous
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Et ces derniers mois, la protestation a fait un bond en avant. Si au départ le mouvement était principalement impliqué dans les cas du Blue Lagoon et de Bob Marley Beach, aujourd'hui cinq procès ont été ouverts contre des projets et des limitations d'accès aux plages.
En effet, entre juin et juillet 2026, des actions en justice sont attendues concernant :
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- Plage de Mammee Bay, dans la paroisse de St. Ann
- Little Dunn's River, également à St. Ann
- Blue Lagoon, dans la région de Portland
- Plage Bob Marley, région de St. Andrew
- Plage Flankers-Providence, Montego Bay
L'objectif est de stopper les nouvelles privatisations et d'obtenir la reconnaissance du droit des citoyens à accéder librement à la mer.
La mer comme bien commun
Pour les militants, le problème ne concerne pas seulement le tourisme ou le paysage. Dans de nombreuses communautés côtières, la mer représente encore une source de moyens de subsistance grâce à la pêche artisanale, au petit commerce et aux activités traditionnelles transmises de génération en génération.
Lorsqu'ils nous isolent de la mer en nous refusant l'accès, ils nous condamnent effectivement à la famine, a déclaré Devon Taylor, président de JaBBEM.
Mammee Bay est devenue l'un des symboles de la bataille. Là où autrefois les bateaux de pêcheurs s'arrêtaient et où les enfants des communautés locales jouaient, se trouvent aujourd'hui des structures touristiques et même des murs qui limitent l'accès à la plage. Des situations similaires sont également signalées dans d’autres régions de l’île, où les nouveaux investissements immobiliers ont progressivement exclu les résidents des lieux historiquement utilisés par les communautés.
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Une loi coloniale toujours en vigueur
Au centre des différends se trouve le Beach Control Act de 1956, une législation introduite pendant la période coloniale britannique qui donne le contrôle des zones côtières à l'État et permet au gouvernement d'en accorder l'usage à des entités privées.
Selon JaBBEM, cette loi favorise depuis des décennies un modèle de développement qui favorise les grands investisseurs et les multinationales du tourisme au détriment des droits des communautés locales. Les militants parlent ouvertement de « tourisme de plantation », un système qui rappelle la logique coloniale du passé : les ressources naturelles sont exploitées, tandis qu'une grande partie des bénéfices économiques quitte le pays.
Selon les données citées par le mouvement, sur les quelque 4,3 milliards de dollars générés par le tourisme jamaïcain, seuls 40 % restent effectivement dans l'économie nationale.
Resorts de luxe et nouvelles concessions
L’inquiétude va s’accentuer. Selon les estimations, environ 10 000 nouvelles chambres d'hôtel pourraient être construites sur l'île d'ici 2030 et parmi les projets les plus contestés figure celui prévu dans la zone de Bob Marley Beach, où les communautés rastafariennes et les associations environnementales s'opposent à la construction d'un complexe de luxe d'une valeur d'environ 200 millions de dollars.
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Le gouvernement jamaïcain prétend vouloir améliorer l'accès du public aux plages et travailler sur une nouvelle politique de gestion du littoral, mais, pour les militants, les changements avancent trop lentement et de nouveaux développements touristiques continuent d'être autorisés le long de la côte.
Pour JaBBEM, la défense des plages ne se limite pas au droit d’accès à la mer. Il s’agit de protéger des écosystèmes côtiers de plus en plus fragiles, d’éviter la surconstruction du littoral et de garantir que les communautés locales puissent continuer à vivre en relation avec leur territoire.
La question prend une importance encore plus importante après les événements climatiques extrêmes qui ont frappé l'île ces dernières années. C'est pourquoi la reconstruction devrait être l'occasion de repenser le modèle de développement touristique de la Jamaïque, en mettant au centre la protection de l'environnement et les droits des résidents.
Pendant ce temps, le mouvement continue son combat en s'inspirant de l'une des chansons les plus célèbres de Bob Marley. Le slogan choisi par les manifestants est en effet celui de «Lève-toi, lève-toi » : levez-vous et combattez pour vos droits. Dans ce cas, le droit d'accéder librement à la mer de votre terre.
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