L'eau la plus sûre ? Vous pouvez le boire au robinet : toutes les raisons valables d’abandonner les bouteilles en plastique

L'eau la plus sûre ? Vous pouvez le boire au robinet : toutes les raisons valables d’abandonner les bouteilles en plastique

L'Italie reste le premier pays européen consommateur d'eau en bouteille. Mais pourquoi sommes-nous encore si méfiants à l’égard de ce qui sort du robinet ? Des contrôles sanitaires aux coûts environnementaux : ce que disent réellement les données sur l’eau qui arrive jusqu’à nos maisons

Ouvrir le robinet et boire devrait être un geste automatique. En Italie, cependant, un choix reste controversé : selon les données de l'Istat, environ un citoyen sur trois se méfie de l'eau de son domicile. Une perception répandue, mais de plus en plus éloignée de ce que disent les analyses officielles.

Le rapport du Centre National pour la Sécurité de l'Eau de l'Istituto Superiore di Sanità photographie, en 2024, une réalité différente : l'eau potable distribuée en Italie respecte les paramètres sanitaires dans 99,1% des cas et 98,4% pour les indicateurs, liés à des caractéristiques telles que l'odeur, le goût et la couleur. Des chiffres qui proviennent de plus de 2,5 millions d’analyses réalisées entre 2020 et 2022, sur un échantillon couvrant plus de 90 % de la population.

Des contrôles continus

La qualité n'est pas le résultat de contrôles sporadiques. L'eau est surveillée tout au long de la chaîne d'approvisionnement : depuis la collecte dans les nappes jusqu'au robinet domestique. Les contrôles sont doubles – internes aux gestionnaires et confiés aux autorités sanitaires – et suivent des normes parmi les plus strictes d'Europe.

Des non-conformités existent, mais restent limitées : épisodes localisés, souvent liés à des facteurs naturels comme l'arsenic ou le fluor, ou à des contaminations microbiologiques spécifiques. Dans ces cas-là, le système intervient rapidement, limitant les risques sanitaires. Certaines régions, dont l'Émilie-Romagne, la Vénétie et le Piémont, affichent des niveaux de qualité particulièrement élevés.

Les doutes qui persistent (sans preuve)

Malgré ce tableau, des croyances difficiles à éradiquer persistent. L’une des plus répandues concerne le lien entre l’eau du robinet et les calculs rénaux. Les preuves disponibles indiquent le contraire : le calcium et le magnésium, souvent présents, sont des éléments utiles pour l'organisme et non des facteurs de risque.

Même l'idée selon laquelle l'eau domestique devrait être « améliorée » par des filtres ou des traitements n'est pas étayée par les données : ces dispositifs ne la rendent pas potable – elle l'est déjà – mais interviennent uniquement sur le goût et l'odorat. La méfiance ne surgit pas de nulle part. Dans de nombreuses villes, les infrastructures hydrauliques sont vétustes et les pertes peuvent atteindre des niveaux très élevés. Un vrai problème, qui concerne la gestion et la distribution, plutôt que la qualité de l'eau elle-même. Confondre les deux niveaux alimente cependant une perception faussée : la sécurité de l’eau, qui est de fait parmi les plus contrôlées, est remise en cause.

Et concernant la contamination par les PFAS, il y a des nouvelles positives : à partir de l'été prochain, les nouvelles limites européennes plus strictes sur les « polluants éternels » dans l'eau potable entreront en vigueur.

Le paradoxe de la bouteille italienne

Compte tenu de ces données, l'Italie continue de se démarquer par sa très forte consommation d'eau conditionnée. Selon les calculs rapportés par Legambiente, en 2024, ce chiffre dépassait les 257 litres par habitant et par an, une augmentation par rapport à l'année précédente. Un fait qui en contredit un autre : plus de 99 % de la population est raccordée au réseau d’eau. L’accès à l’eau potable est donc quasi universel, mais la confiance reste fragile. Malgré cela, c’est le premier pays d’Europe à consommer de l’eau en bouteille.

Combien coûte l'eau en bouteille

L’eau en bouteille a un coût environnemental évident – ​​production de plastique, transport, émissions – mais aussi un impact économique moins visible. Selon Legambiente, les sociétés d'embouteillage paient des frais de concession très bas pour prélever l'eau publique, qui est ensuite revendue à des prix jusqu'à des centaines de fois plus élevés. En 2023, malgré des millions de mètres cubes mis en bouteille, les recettes des caisses publiques restent limitées. Il en résulte un déséquilibre qui pèse sur l’environnement et les ressources, surtout dans un contexte de stress hydrique croissant.

À ce tableau s’ajoute la question des microplastiques : des études récentes indiquent que l’eau en bouteille peut contenir en moyenne jusqu’à trois fois plus de particules que l’eau du robinet. Une partie de ceux-ci provient directement de conteneurs en plastique, susceptibles d'être rejetés lors de la production, du transport et du stockage. C'est également pour cette raison que l'idée selon laquelle l'eau conditionnée est plus « pure » est de moins en moins étayée par les preuves scientifiques.

Un choix quotidien qui fait la différence

Boire l’eau du robinet, c’est réduire les déchets, limiter les émissions et reconnaître la valeur d’une ressource publique. Les données disponibles sont claires : l'eau qui arrive dans les foyers italiens est sûre et soumise à des contrôles constants. Continuer à l’ignorer, alors que la disponibilité de l’eau devient de plus en plus incertaine, risque de transformer un choix quotidien en un coût collectif.

Sources : Centre National pour la Sécurité de l'Eau de l'Istituto Superiore di Sanità / Legambiente/Istat

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