Piramide di Djoser

Les scientifiques ont (peut-être) compris comment les anciens Égyptiens ont construit la première grande pyramide (et cela a à voir avec l'eau)

Une nouvelle étude suggère que la construction de la pyramide de Djéser aurait pu utiliser un système hydraulique complexe, réécrivant ainsi l'histoire des pyramides égyptiennes.

Avez-vous déjà pensé à la façon dont les anciens Égyptiens, sans grues ni technologie moderne, parvenaient à construire d'énormes pyramides ? Une nouvelle étude pourrait enfin percer le mystère. Une nouvelle étude suggère que ce n'est pas seulement la force brute qui a érigé l'emblématique pyramide à degrés de Djésermais aussi l'utilisation de l'eau.

Les chercheurs émettent l'hypothèse d'un système hydraulique complexe comprenant un barrage, une usine de traitement des eaux et des puits internes, capables de soulever d'énormes blocs de pierre pour construire ce chef-d'œuvre architectural vieux d'environ 4 500 ans. Si elle est confirmée, cette découverte pourrait réécrire l'histoire de l'une des merveilles architecturales les plus durables du monde.

Construite par l'architecte Imhotep vers 2670-2650 avant JC sous le règne du pharaon Djéser, la pyramide à degrés de Saqqarah a fait l'objet de nombreuses théories concernant les méthodes de construction. Traditionnellement, on pensait qu'il avait été construit à l'aide de rampes et de travaux manuels pour déplacer les énormes blocs de pierre. Cependant, une équipe de chercheurs dirigée par Xavier Landreau de l'Institut paléotechnique du CEA en France suggère que l'eau aurait pu être canalisée vers deux puits à l'intérieur de la pyramide, élevant et abaissant les flotteurs qui transportaient les lourds blocs de construction.

Le rôle potentiel du complexe Gisr el-Mudir

Cette théorie émet l'hypothèse que l'enceinte de Gisr el-Mudir, auparavant considérée comme une structure inachevée, aurait pu fonctionner comme un barrage pour capter l'eau et les sédiments. La topographie suggère la présence d'un ancien lac à l'ouest du complexe de Djoser. De plus, une série de compartiments à l'extérieur de la pyramide pourraient avoir fonctionné comme une usine de traitement de l'eau, permettant aux sédiments de se déposer et à l'eau propre de s'écouler dans les puits de la pyramide, créant ainsi la force nécessaire pour soulever les pierres.

Cette méthode, sans précédent en égyptologie, pourrait expliquer la précision et l’ampleur de la construction réalisée par les bâtisseurs des pyramides. L'utilisation d'ascenseurs hydrauliques aurait réduit le travail physique requis et permis un placement plus précis des blocs de pierre massifs. Bien que des recherches supplémentaires soient nécessaires pour comprendre les mécanismes exacts et la disponibilité de l'eau dans l'Égypte ancienne, les auteurs de l'étude suggèrent qu'un système de levage hydraulique aurait pu compléter d'autres méthodes de construction telles que des rampes.

Les techniques et les connaissances mises en œuvre dans le complexe funéraire de Djéser ont profondément influencé les développements futurs et se sont perfectionnées au cours des troisième et quatrième dynasties de l'Ancien Empire. Cette période a vu une augmentation substantielle de la taille des mégalithes, conduisant à la construction de pyramides d'une taille spectaculaire, comme celles des plateaux de Meidum, Dahchour et Gizeh. En moins de 150 ans, le poids moyen des grosses pierres est passé d'environ 300 kg pour la pyramide de Djéser à plus de 2,5 tonnes pour les blocs structurels de la pyramide de Khafré.

L'étude suggère que les grandes pyramides de Khéops et de Khafré sur le plateau de Gizeh étaient le résultat d'un progrès technique commencé avec les pyramides précédentes. Ces constructions gigantesques peuvent également avoir impliqué les systèmes hydrauliques hypothéqués pour la pyramide à degrés.

Cette découverte ouvre une nouvelle voie de recherche pour les scientifiques, explorant l'utilisation de l'énergie hydraulique dans la construction des pyramides égyptiennes. Les archéologues pourraient rechercher des signes de systèmes similaires sur d’autres sites archéologiques pour obtenir des indices supplémentaires.

Source: PLOS Un

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