Ponte Stretto Messina

Pont sur le détroit, le décret change tout (mais des doutes demeurent) : que va-t-il se passer maintenant ?

Alors que la Sicile est à genoux, un nouveau chapitre arrive pour le pont sur le détroit : dans le nouveau décret Infrastructures, la figure du super-commissaire disparaît et Salvini est responsable des obligations requises après les conclusions de la justice comptable (actualisation du plan économico-financier, acquisition de nouveaux avis techniques, gestion de la procédure environnementale européenne et préparation de la nouvelle résolution Cipess).

Le Pont du Détroit revient une fois de plus au centre de l'agenda politique, porté par le nouveau décret Infrastructures qui vient d'être approuvé par le Conseil des ministres. L'objectif déclaré est de débloquer définitivement les travaux en surmontant les constatations de la Cour des comptes et d'accélérer le processus d'autorisation. Mais, entre règles abaissées au dernier moment, étapes techniques encore à clarifier et doutes sur les coûts, les impacts environnementaux et les véritables priorités du pays, le sentiment est celui d'un film déjà vu, avec une fin qui reste à écrire.

En effet, parmi les mesures approuvées ces dernières heures par le Conseil des ministres en même temps que le décret Sécurité, figure également le nouveau décret Infrastructures, qui contient, en effet, des mesures destinées à surmonter les conclusions de la Cour des comptes et à permettre le démarrage des chantiers de construction.

Pont sur le détroit, nouvel arrêt de la Cour des comptes : « le décret incompatible avec les règles européennes »

Dans le texte définitif, la disposition qui aurait limité l'action de contrôle du pouvoir judiciaire sur les travaux aurait été exclue, de même que la nomination d'un seul super-commissaire a été omise – un poste pour lequel le nom de l'ancien PDG du Stretto di Messina Spa, Pietro Ciucci, avait été émis l'hypothèse, suscitant des critiques pour un éventuel conflit d'intérêts. En attendant, selon le vice-Premier ministre et ministre de l'Infrastructure Matteo Salvini, l'ouverture des chantiers ne prendrait désormais que quelques mois.

Ce que prévoit le décret

Le décret vise essentiellement à accélérer et à compléter le processus d'autorisation pour la connexion stable entre la Sicile et la Calabre, en coordonnant le travail des différentes administrations impliquées et en définissant des étapes clés telles que :

  • les conditions préalables nécessaires à la nouvelle approbation du projet
  • mise à jour du plan économico-financier de la société concessionnaire
  • l’acquisition des avis techniques et administratifs requis
  • la préparation d'une nouvelle résolution Cipess

Ainsi, selon les documents, le ministère de l'Infrastructure devrait envoyer l'accord de programme à la Cour des comptes pour vérification de la légitimité et travailler, avec la présidence du Conseil et les autres organes compétents, sur la nouvelle résolution d'approbation. Les démarches envisagées comprennent également l'avis de l'Autorité de régulation des transports sur les tarifs de péage et celui du Conseil supérieur des travaux publics.

Et sur le plan environnemental ?

Bonne question. Le Gouvernement s'engagerait à respecter les obligations énoncées dans la Directive Habitats. Autrement dit, il se serait engagé à remplir les obligations requises par la directive 92/43/CE, avec deux actes distincts : une enquête sur les évaluations environnementales par le ministère de l'Environnement et une disposition du MIT lui-même sur les effets des travaux sur la santé et la sécurité publiques.

Pendant ce temps, l'opposition continue de contester le choix d'allouer d'énormes ressources à un travail considéré comme prioritaire par le gouvernement mais pas par de larges couches de la population, surtout à la lumière des urgences sociales, économiques et climatiques qui touchent divers territoires italiens, à commencer par la Sicile.

Dans les territoires dévastés par le cyclone Harry, il y a encore des familles sans toit, des municipalités entières confrontées à d'importants dégâts et des infrastructures vitales complètement hors d'usage – déclare Patty L'Abbate, du comité de l'école de formation du M5S. Un gouvernement sérieux, face à un Sud en difficulté, aurait dû mettre l'imagination d'un homme dans un tiroir. pont dont les inconnues techniques sont toujours là. Cela libérerait des ressources et donnerait un coup de main aux citoyens désespérés. Au lieu de cela, nous continuons à commettre cette erreur humiliante, de nature manifestement électorale. Meloni et son équipe se soucient peu de l'intérêt des citoyens.

Selon les critiques, le risque est celui d'imposer des procédures d'évaluation technique et environnementale à un projet déjà jugé déficient à divers égards, notamment sur les aspects liés à la sécurité sismique et à la légitimité administrative. D’où l’accusation de vouloir accélérer le processus en réduisant l’espace du contrôle public.

Le débat reste donc ouvert : d'un côté l'exécutif insiste sur la valeur stratégique du Pont en tant qu'infrastructure clé pour le Sud et pour les liaisons nationales. D’un autre côté, des doutes continuent d’émerger quant aux coûts, aux impacts environnementaux et aux véritables priorités du pays. Pendant que la Sicile sombre.

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