Rinoceronti

Retour historique de rhinocéros (exterminés par le braconnage) en Ouganda : après plus de 40 ans, deux spécimens réintroduits dans la nature

Après plus de 40 ans, les rhinocéros reviennent dans le parc national de Kidepo Valley en Ouganda : deux spécimens pour reconstituer la population disparue à cause du braconnage

Depuis plus de quarante ans, pas un seul rhinocéros n’a été observé dans le nord-est de l’Ouganda. Le parc national de Kidepo Valley s'est retrouvé privé d'un de ses animaux emblématiques après que le braconnage ait complètement anéanti l'espèce au début des années 1980.

Le dernier spécimen a été tué en 1983, mettant fin à une présence qui comptait autrefois des centaines d'animaux à travers le pays. Aujourd'hui, après des décennies d'absence, l'histoire change : deux rhinocéros blancs du sud ont été transférés dans la zone protégée, les premiers d'un groupe de huit destinés à reconstituer une population stable.

Une opération complexe et planifiée

Le transfert représente la première étape d'un projet de réintroduction progressive. Les animaux proviennent d'un ranch spécialisé dans l'élevage et la conservation, où le programme de repeuplement a débuté en 2005 avec quelques spécimens importés du Kenya.

Avant l'arrivée, le parc a été préparé avec un sanctuaire protégé, une clôture périphérique, des systèmes de surveillance, une infrastructure hydraulique et des équipes de gardes forestiers dédiées. L’objectif est de garantir la sécurité et l’adaptation dans un environnement vaste et reculé, composé de savanes ouvertes et d’habitats considérés comme idéaux pour l’espèce.

Un symbole effacé par le braconnage

Dans les années 1970 et 1980, la chasse illégale pour les cornes et la viande a anéanti les rhinocéros en Ouganda. Le pays, qui abritait environ 700 spécimens, a complètement perdu l’espèce à l’état sauvage. Le commerce illégal de la corne, encore très lucratif aujourd'hui, continue de constituer une menace. C’est pourquoi la réintroduction s’accompagne d’une surveillance constante, de patrouilles et d’une technologie de suivi, conçue pour empêcher que l’histoire ne se répète.

Reconstruire une population au fil du temps

Le projet ne se limite pas au transfert initial. D'autres rhinocéros seront progressivement introduits pour créer un groupe reproducteur capable de se développer de manière indépendante. Les animaux seront dans un premier temps surveillés au sein de la zone protégée pour faciliter leur adaptation, avant une éventuelle expansion dans le parc. L'initiative s'inscrit dans la stratégie nationale de conservation, qui vise à ramener l'espèce sur des territoires historiques et à renforcer la biodiversité.

Un retour qui change l’écosystème

Le retour des rhinocéros a aussi une valeur écologique. Ces grands herbivores contribuent à façonner la végétation et à maintenir l’équilibre des savanes africaines. Leur retour rend le parc plus complet d'un point de vue naturel et augmente le potentiel touristique de la région.

Aujourd'hui, il y a un peu plus de 60 rhinocéros vivant en Ouganda, alors qu'il y a un peu plus de 10 000 rhinocéros blancs du sud dans le monde, classés comme espèces quasi menacées. Le nouveau chapitre de Kidepo part de deux animaux, mais représente un signe concret de renaissance après quarante ans de silence.

Source : Autorité ougandaise de la faune

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