spiaggia nera di Reynisfjara

Reynisfjara, au revoir : l'érosion efface la célèbre plage noire d'Islande, où a été tourné « Game of Thrones »

La plage noire de Reynisfjara, en Islande, célèbre pour ses vagues tueuses et sa beauté volcanique, est en train de disparaître. L'érosion côtière bouleverse un lieu symbolique du pays, choisi comme décor pour les scènes de « Game of Thrones »

La plage de Reynisfjara, déjà connue comme l'une des côtes les plus dangereuses au monde pour les vagues mortelles de baskets (nous en parlions dans cet article), fait désormais face à une autre menace : la violente érosion provoquée par les récentes tempêtes l'efface définitivement. Située sur la côte sud de l'Islande, à 180 kilomètres de Reykjavík et à proximité du village de Vík í Mýrdal, cette étendue de sable volcanique noir représente l'un des symboles naturels du pays et a également été choisie pour filmer certaines scènes de la série « Games of Thrones ». Il a notamment été utilisé comme décor dans la septième saison pour les scènes se déroulant à Eastwatch-by-the-Sea, le château de la Garde de Nuit ; les colonnes de basalte, les vagues violentes et les piles de Reynisdrangar ont contribué à créer cette atmosphère menaçante typique des terres au-delà du Mur.

Malheureusement, les pluies torrentielles et les vagues anormales de ces dernières semaines ont accéléré un processus d'érosion qui risque de réduire drastiquement l'extension de la plage. Selon ce qui a été rapporté par les médias islandais, le littoral se rétrécit de manière inquiétante, laissant place à un littoral beaucoup plus petit que par le passé.

L'Arche des Amoureux n'existe plus, elle s'est effondrée le soir de la Saint-Valentin (et non, ce n'est pas du « mauvais temps »)

Un paysage né du feu

L'origine du sable noir de Reynisfjara réside dans les entrailles de la terre. La couleur sombre, presque anthracite, provient des débris volcaniques et des cendres produites par les éruptions du volcan Katla, l'un des systèmes volcaniques les plus actifs d'Islande. Le résultat est un contraste de couleurs époustouflant : le sable sombre, les colonnes hexagonales de basalte s'élevant de la falaise comme des tuyaux d'orgue en pierre et les eaux bleu-gris de l'Atlantique s'écrasant sur le rivage.

Les cheminées Reynisdrangar émergent de la mer juste en face de la plage, tandis que la grotte Hálsanefshellir s'ouvre au pied du mont Reynisfjall. Pendant l'été, les colonies de macareux choisissent ces falaises pour nicher, attirant les ornithologues amateurs du monde entier.

Les légendes islandaises disent que les piles de mer étaient autrefois des trolls qui traînaient les navires vers le rivage pendant la nuit. Surpris par l'aube alors qu'ils étaient encore occupés à leur travail, ils étaient pétrifiés par les premiers rayons du soleil. Une autre version raconte l'histoire d'un mari qui a pourchassé des trolls après qu'ils aient kidnappé et tué sa femme, les gelant pour éviter de nouvelles victimes.

Les vagues que tu n'entends pas venir

Mais au-delà de la beauté et du folklore, Reynisfjara recèle un danger concret et mortel. Les vagues de baskets, vagues anormales qui apparaissent soudainement après des minutes de calme apparent, représentent le véritable danger de cette plage. Le fond de l'océan descend rapidement, créant les conditions idéales pour des vagues hautes et très violentes, capables de submerger quiconque se trouve trop près du rivage.

Lorsqu'une vague de baskets frappe, elle génère un effet de succion qui balaie le sable sous les pieds et entraîne les gens vers la mer, où les courants sont puissants et l'eau gelée provoque une hypothermie en quelques minutes. Il n'y a pas de sauveteurs ni d'installations de secours immédiates. Les chances de survie sont très faibles.

L’été dernier, une famille allemande a été submergée par l’une de ces vagues. Une petite fille a été retirée de la mer, tandis que le père et l'autre fille ont été miraculeusement récupérés. Le drame a relancé le débat sur la sécurité du site, librement accessible malgré les feux d'avertissement : feu jaune pour signaler l'interdiction d'entrer dans certaines zones, feu rouge pour interdire totalement l'accès au-delà d'une certaine limite.

Tourisme et nature extrême

Reynisfjara est l'une des attractions les plus photographiées et visitées d'Islande, incluse dans presque tous les itinéraires touristiques de la côte sud. Son accessibilité et sa proximité avec le Ring Road en font une destination incontournable pour des milliers de touristes chaque année. Mais cette facilité même d'accès pose problème : de nombreux visiteurs viennent de contextes où la nature est plus apprivoisée et ne sont pas préparés à affronter un environnement aussi extrême.

Aujourd’hui, alors que l’érosion menace de réduire la plage à une bande de côte de plus en plus étroite, une question inévitable se pose : vaut-il la peine de risquer des vies humaines pour garder accessible un endroit aussi beau que dangereux ? Et si la plage elle-même venait à disparaître sous les coups de la mer, que resterait-il de l’un des symboles naturels les plus emblématiques du pays ?

La nature islandaise n'accorde pas de réductions. Reynisfjara le démontre chaque jour, tant avec les vagues tueuses qu'avec l'érosion inexorable qui change la face de la côte. Quiconque le visite doit être conscient qu'il ne s'agit pas d'un terrain de jeu, mais d'un lieu sauvage où l'homme n'est qu'un hôte temporaire et fragile.

Source : ruv.is

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