Saisie de tous les porcs et amende de 10 mille euros à la ferme La Pellegrina après la plainte de Greenpeace
Suite à l'enquête de Greenpeace, La Pellegrina, une ferme porcine du Groupe Veronesi, a été saisie et le représentant légal condamné à une amende pour violations graves du bien-être animal et de la biosécurité
Il y a quelques semaines seulement, Greenpeace avait dénoncé une réalité effrayante à l'intérieur de l'élevage porcin La Pellegrina, dans la région de Mantoue, qui fait partie du groupe Veronesi (qui contrôle des marques connues comme AIA, Negroni et Wudy). L'association avait documenté avec des photos et des vidéos, des carcasses de porcelets abandonnées, des truies blessées, des environnements envahis par des rats et diverses autres horreurs.
Carcasses de porcelets, rats et saletés dans un élevage porcin de la région de Mantoue : les marques impliquées dans l'enquête de Greenpeace
Suite à cette plainte, les autorités ont pris des mesures : les carabiniers de la municipalité et le NAS de Crémone ont inspecté la structure et ont constaté de graves violations en matière de biosécurité et de bien-être animal. L'ATS de Val Padana a ordonné la saisie de tous les animaux présents et une amende de 10 mille euros a été infligée au représentant légal de l'entreprise agricole.
Lors de l'inspection, les autorités ont constaté :
- violations graves dans la gestion des animaux et de l'établissement
- manque de mesures de biosécurité adéquates
- conditions incompatibles avec une norme correcte de bien-être animal
- drogues détenues en violation de la législation en vigueur
L'ATS Val Padana a donc suspendu tous les mouvements internes, saisissant tous les animaux présents dans la ferme. Une décision très lourde, qui reflète la gravité de la situation.
Un élevage d'horreurs
Les images choquantes recueillies par des sources anonymes – puis vérifiées par Greenpeace – parlent d’elles-mêmes. Corps de porcelets en décomposition, animaux présentant des blessures profondes et non soignées, truies présentant des prolapsus utérins évidents laissés sans assistance. De plus, une infestation de rats s'est propagée même à l'intérieur des cages, parmi les fœtus avortés et les eaux usées mal évacuées.
Des conditions hygiéniques et sanitaires qui ne devraient exister dans aucune exploitation agricole, encore moins chez l'un des principaux fournisseurs de la chaîne d'approvisionnement italienne en jambon et charcuterie. La question ne concerne donc pas seulement le bien-être animal, mais remet également en question la confiance des consommateurs dans les chaînes d’approvisionnement qui devraient garantir la qualité et la sécurité.
Une victoire importante, mais seulement un premier pas
« Une première victoire importante» : c'est ainsi que le définit Greenpeace, qui dénonce depuis des années la réalité de l'agriculture intensive italienne et appelle à une réforme radicale du système.
La saisie et l'amende de 10 000 euros démontrent qu'il est possible d'intervenir et que les signalements comptent. Mais cette histoire met également en lumière un défaut structurel : sans contrôles étendus et transparents, ces situations peuvent durer des années dans l’indifférence générale.
Selon Greenpeace, il existe une solution et elle vient du projet de loi « Au-delà de l'agriculture intensive », qui demande :
- arrêter l’expansion de l’agriculture intensive
- réduction du nombre d'animaux élevés
- une véritable transition agro-écologique
- plus de contrôles et de transparence tout au long de la chaîne d'approvisionnement
Dans un pays qui fait de ses charcuteries AOP une fierté mondiale, il est légitime de se demander comment il est possible qu'une exploitation centrale de la chaîne d'approvisionnement puisse se retrouver dans ces conditions sans que personne ne s'en aperçoive au préalable. Et surtout : comment faire en sorte que cela n'arrive pas ailleurs ?
Source : Paix verte
