fiordaliso Cyanus segetum

Si vous cueillez des bleuets, vous risquez une lourde amende ! C'est désormais une espèce protégée (du moins dans cette région)

Dans le Trentin, le bleuet entre dans la liste des espèces particulièrement protégées : sa récolte coûte jusqu'à 133 euros par plante. Selon les données d'Eurac Research, la flore alpine est soumise à la pression croissante du changement climatique et de l'agriculture intensive.

Le bleuet – Cyanus segetum – est pleinement inscrit sur la liste des espèces particulièrement protégées sur le territoire provincial de Trente. La décision a été officialisée par le Conseil provincial à la mi-janvier dans le cadre d'un amendement plus large au règlement sur la flore spontanée qui met en œuvre les dispositions de la loi provinciale sur les forêts et la protection de la nature de 2007, ainsi que la loi d'ajustement budgétaire de 2025.

Ce que dit la loi

Concrètement, la fleur ne peut plus être récoltée, commercialisée ou endommagée de quelque manière que ce soit. Toute personne surprise en train de le faire a droit à une amende allant de 13 à 133 euros pour chaque spécimen impliqué. Cette règle n'est pas nouvelle puisque la même logique protectrice s'applique déjà à une liste d'espèces protégées qui comprend l'edelweiss, les orchidées, les saxifrages, la renoncule de Kerner, la jonquille sauvage, le houx et le petit houx.

La raison est assez simple. Dans le Trentin, toutes les espèces herbacées et arbustives qui se propagent naturellement sont protégées du point de vue d'une collecte aveugle et, dans ce contexte, les « espèces particulièrement protégées » représentent un niveau supplémentaire : aucune exception, aucune quantité minimale autorisée. Le bleuet est entré dans cette liste car, selon les données disponibles, sa présence dans les prairies alpines a considérablement diminué, grâce à l'agriculture intensive et à la récolte constante par les touristes.

Et les autres plantes ?

Les règles pour les autres usines restent plus flexibles. Normalement, vous pouvez récolter jusqu'à cinq tiges fleuries, à condition de ne pas déraciner les racines ou les tubercules. Pour les espèces liées aux anciennes coutumes locales – orties, camomille, sureau, houblon, feuilles de laurier et autres – une quantité plus importante est autorisée, jusqu'à un maximum de 0,5 kilogramme selon les espèces. Les mousses et les lichens peuvent être récoltés jusqu'à un kilogramme par personne. Les dispositions opérationnelles détaillées figurent dans le règlement d'application de la loi provinciale.

L'étude

La mesure ne surgit pas de nulle part. Selon le suivi de la biodiversité mené par Eurac Research, débuté en 2019 dans le Haut-Adige mais avec des résultats applicables à l'ensemble de l'espace alpin, la faune et la flore sont soumises à une pression croissante. L’agriculture intensive a progressivement appauvri les prairies traditionnelles, tandis que le changement climatique modifie rapidement les conditions écologiques en altitude. Les espèces alpines les plus spécialisées, rapportent les recherches, sont lentement remplacées par d'autres : un processus qui, une fois enclenché, est difficile à inverser.

Le bleuet, en ce sens, est un cas emblématique, une plante qui autrefois colorait tous les flancs des montagnes du Trentin est devenue rare précisément là où elle devrait être commune. L'inscription sur la liste des espèces particulièrement protégées est le signe que la Province entend prendre la question au sérieux, du moins sur le papier.

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