Takahē (Porphyrio hochstetteri)

Takahè, l'oiseau déclaré disparu qui est toujours là grâce à un programme de conservation exemplaire

La surprenante renaissance du takahē néo-zélandais : une espèce presque éteinte qui prospère à nouveau grâce aux efforts des défenseurs de l'environnement

Il existe une histoire, venue de Nouvelle-Zélande, capable de renverser une croyance désormais considérée comme allant de soi : une espèce peut sortir du bord de l'extinction. Le protagoniste est le takahē, un grand oiseau incapable de voler, au plumage bleu intense et à l'apparence presque préhistorique, qui pendant des décennies a été considéré comme disparu à jamais. Mais non : il restait caché, silencieux, attendant qu'on lui rende l'espace et le temps.

Le takahē (Porphyrio hochstetteri) est un oiseau endémique de Nouvelle-Zélande, appartenant à la famille des râles, dont il représente le plus grand représentant vivant. Il ne vole pas, a des pattes robustes, un bec massif rouge vif et un plumage allant du bleu profond au vert irisé, à tel point qu'il semble sortir d'une autre époque.

Après l’arrivée des colonisateurs européens au XIXème siècle, sa population s’effondre rapidement. La destruction de l'habitat, la chasse et surtout l'introduction de prédateurs tels que les chats, les rats et les hermines ont conduit le takahē à un déclin si drastique que, pendant plus de cinquante ans, personne n'a observé un autre spécimen. Pour la communauté scientifique, il s’agissait d’une espèce disparue, un nom relégué aux livres.

Puis, en 1948, l'impensable s'est produit : une expédition dirigée par l'explorateur Geoffrey Orbell a repéré des takahē vivants dans une région montagneuse isolée du Fiordland. Une redécouverte qui a fait le tour du monde et a marqué le début d’une des opérations de conservation les plus longues et les plus complexes jamais entreprises.

La lente renaissance du takahē

Sauver le takahē n’était ni simple ni rapide. Au contraire, ce fut un travail de plusieurs décennies, fait de petites étapes, d'erreurs, de corrections et de beaucoup de détermination. Les autorités néo-zélandaises ont lancé un programme de rétablissement basé sur la reproduction contrôlée, la gestion génétique, la surveillance sanitaire et surtout le contrôle des prédateurs introduits, qui constituent encore aujourd'hui la principale menace pour cette espèce.

Certains spécimens ont été élevés dans des milieux protégés, d'autres transférés vers des îles et dans des zones clôturées où les prédateurs sont absents. Au fil du temps, le nombre de takahē a lentement commencé à croître, jusqu’à dépasser un seuil qui semblait inaccessible.

On compte aujourd’hui plus de 500 individus, dont un pourcentage de plus en plus élevé vivant à nouveau dans la nature. Certains ont été réintroduits dans des territoires où le takahē n'avait pas été observé depuis plus d'un siècle, signe concret que l'espèce retrouve une partie de son espace d'origine.

Parce que le takahē est bien plus qu’un oiseau rare

Le takahē n’est pas seulement un animal fascinant ou une curiosité biologique. Il est la preuve vivante que la conservation fonctionne lorsqu’elle est soutenue dans le temps et fondée sur les connaissances scientifiques et la responsabilité humaine. Son histoire démontre que la nature n’est pas aussi fragile qu’on le pense souvent, mais pas non plus invincible : elle a besoin de conditions adéquates pour pouvoir se régénérer.

Chaque nouvelle naissance, chaque couple qui se reproduit dans la nature, chaque réintroduction réussie dit la même chose : l’extinction n’est pas toujours un point de non-retour. À condition toutefois que l’homme cesse d’être le problème et fasse partie de la solution.

Source : Département de la Conservation

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