Victoire historique pour les peuples indigènes d’Amazonie ! La privatisation de trois rivières au Brésil bloquée (grâce aux manifestations)
Le gouvernement fédéral a annoncé qu'il abrogerait un décret du président Luiz Inácio Lula da Silva qui incluait trois voies navigables de l'Amazonie dans le programme national de privatisation.
Pendant 33 jours, les communautés indigènes ont occupé un port stratégique pour Cargill, une multinationale américaine. Leur objectif ? Empêcher la privatisation des fleuves Amazone. Résultat : le décret fut abrogé et la bataille gagnée.
Ainsi, au Brésil, les peuples indigènes viennent de remporter une grande victoire. Après un mois d'occupation du port de Santarém, le gouvernement a décidé d'abroger le décret autorisant la privatisation et le dragage des rivières Tapajós, Madère et Tocantins en Amazonie.
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De toute évidence, l’agro-industrie du soja, les bénéfices d’exportation et le contrôle des ressources communes vitales étaient à l’origine de ce décret.
Le décret rejeté
La disposition prévoyait la concession de la voie navigable du fleuve Madère (de Porto Velho à Itacoatiara), du Tocantins (de Belém à Peixe) et du Tapajós (d'Itaituba à Santarém), sur des milliers de kilomètres au total au cœur de la forêt amazonienne.
La décision intervient après des jours de mobilisation des peuples indigènes qui vivent le long de ces rivières. Des représentants d'environ 14 groupes ethniques ont occupé les usines Cargill à Santarém, dénonçant le risque que le dragage et les concessions ouvrent la voie à ce qu'ils ont défini comme le « privatisation de la rivière TapajósPour eux, il ne s'agit pas seulement d'infrastructures : ces voies navigables sont des territoires ancestraux, sources de vie, de culture et de subsistance.
L'annonce est intervenue après une réunion au Palais du Planalto entre les ministres Guilherme Boulos, Sônia Guajajara et les dirigeants indigènes. Au cours de la discussion, les communautés ont exprimé leurs inquiétudes quant à l'impact environnemental et social des travaux, qui affecteraient également les quilombolas et les populations côtières.
Le Ministère des Ports et Aéroports a expliqué que le choix a été partagé avec d'autres ministères et que la révocation sera publiée dans la prochaine édition du Journal Officiel. Au début du mois, le gouvernement avait seulement proposé une suspension, mais les protestations n'ont pas cessé.
Selon le ministre Sonia Guajajarala décision tient également compte de l'engagement pris lors de la COP30 : tout projet lié à la voie navigable Tapajós doit être précédé d'une consultation libre, préalable et éclairée, comme l'exige la Convention no. 169 de l'Organisation internationale du travail.
Pour les communautés indigènes, c'est un signal important : la défense des fleuves amazoniens n'est pas seulement une bataille environnementale, mais une question de droits, d'autodétermination et d'avenir.
