Calenzano, nouvelle d'une catastrophe annoncée : l'explosion dans un site à risque déjà signalé fait 4 morts, 26 blessés et 1 disparu
L'usine ENI, classée à haut risque d'accident majeur, suscitait depuis quelques temps un sujet d'inquiétude. Le parquet de Prato a ouvert un dossier pour déterminer qui est responsable de la tragédie
La ville de Calenzano, à la périphérie de Florence, s'est réveillée dans la douleur et la colère. L'explosion qui a frappé l'entrepôt d'Eni hierl'un des plus grands centres de stockage de carburant de Toscane, a causé quatre morts, 26 blessés et au moins un disparu.
L'épisode s'est produit lors des opérations de chargement d'un camion-citerne : un formidable rugissement, entendu jusque dans les communes environnantes, suivi d'un mur de flammes et d'une épaisse colonne de fumée noire, visibles à des kilomètres. Le nombre de morts s'est tragiquement alourdi ces dernières heures, lorsque les corps des deux personnes disparues ont été identifiés. Parmi les blessés, il y a au moins deux patients dans un état critiquehospitalisé au Centre Cisanello des Grands Brûlés de Pise.
Le Président de la Région Toscane, Eugénio GianiS'exprimant après une inspection des lieux du sinistre, il a confirmé la gravité de la situation sanitaire : « Nous avons encore quatorze personnes hospitalisées, dont deux dans un état extrêmement grave. Leur pronostic reste confidentiel. » Tandis que le gouverneur exprimait sa proximité avec les familles et les communautés, le maire de Calenzano, visiblement affligé, a déclaré : « Notre communauté est profondément choquée et attristée. Nous avons proclamé le deuil de la ville pour honorer la mémoire des victimes et nous rassembler autour de leurs familles. Nous attendons les résultats de l'enquête pour bien comprendre la dynamique de ce drame annoncé».
L'usine de Calenzano n'était pas un simple entrepôt. Son importance stratégique était connue : un carrefour d'oléoducs qui reliait la raffinerie Eni de Livourne à l'arrière-paysun réservoir d'essence, de diesel, de kérosène et même de carburéacteur pour l'aviation. Avec ses 170 mille mètres carrés et une capacité de stockage d'environ 160 mille tonnesla zone représentait l'une des usines classées comme « à haut risque d'accident majeur » selon la directive Seveso, Norme européenne introduite pour prévenir des tragédies comme celle survenue en 1976 dans la municipalité de Lombardie, où l'explosion d'une usine chimique a libéré dans l'air un nuage toxique de dioxine TCDD.
Dans le cas de Calenzano, malgré les procédures de sécurité et l'adoption de plans d'urgence, la phase de chargement des pétroliers a été considérée comme particulièrement critique. Selon les premières reconstitutions, une fuite de liquide lors des opérations pourrait avoir déclenché l'enfer. Giani, s'adressant à Radio24, a émis l'hypothèse : « Il semblerait qu'il s'agisse d'un défaut dans la méthode de chargement de l'un des pétroliers. Heureusement les tours de stockage n'étaient pas impliquées, sinon les conséquences auraient été encore plus dévastatrices».
Le parquet de Prato a ouvert un dossier pour enquêter sur les causes et les responsabilités de l'accident. Par ailleurs, Eni a exprimé dans une note « sa profonde sympathie aux familles des victimes » et a assuré sa pleine collaboration avec le pouvoir judiciaire. Sur le plan syndical, la réponse a été immédiate : à Livourne, devant la raffinerie Eni, plus de 500 travailleurs se sont rassemblés en assemblée et ont fait grève pendant deux heures pour dénoncer ce qui a été découvert.une guerre silencieuse » dans le monde du travaildans lequel « l'attention ne vient qu'après les tragédies».
Le dépôt, situé non loin d'une zone densément peuplée, avec des centres de population, des installations commerciales, des hôtels, des écoles et des infrastructures critiques à proximité immédiate, il avait déjà été scruté par les écologistes et les médecins par le passé. Certaines associations avaient signalé la présence de vapeurs toxiques lors des opérations de chargement et de décantation, dénonçant un risque sous-estimé pour la santé publique. Les constatations de l'Arpat, l'agence régionale de protection de l'environnement, dans les heures qui ont suivi l'accident, n'ont mis en évidence aucune contamination qui nécessiterait des mesures d'urgence sur la consommation de produits locaux. Cependant, des études plus approfondies seront menées sur les eaux usées et sur les éventuels impacts environnementaux à moyen et long terme.
Il y a déjà quatre ans, en octobre de la même époque, Maurizio Marchimembre de Médecine Démocratique Livourneavait publié un rapport détaillé sur les dangers de ce gisement pétrolier. Ses réflexions, parues dans des journaux comme « La Nazione » et dans la revue « La Città Invisibile » de l'association « Per un'altra città », ils ont pointé du doigt la structure de Calenzano. Marchi a énuméré quatre types de risques : la possibilité d'accidents catastrophiques tels que des explosions en chaîne, des incendies dévastateurs, des marées noires lentes et prolongées, l'impact sur la santé des travailleurs et des riverains, jusqu'aux dangers liés au transport de carburant sur les routes. .
L'intervention des pompiers, le maintien du plan d'urgence et la chance de ne pas avoir déclenché d'effet domino sur d'autres chars ils ont empêché l'incendie de se transformer en un désastre encore plus grave. Le risque environnemental et sanitaire semble limité pour l'instant, mais l'image de la colonne de fumée qui s'élève au-dessus des toits de Calenzano reste imprimé dans la mémoire collective. Alors que la ville pleure ses victimes, le débat sur la sécurité des centrales en danger revient sur l'actualité. Même le président de la République, Sergio Mattarellaa exprimé ses condoléances et sa solidarité, soulignant la nécessité d'approfondir les responsabilités et de prévenir des catastrophes similaires à l'avenir.
Face à cette dernière tragédie, nous sommes appelés à un sérieux moment de réflexion. La transition énergétique vers des sources plus propres et plus sûres devient non seulement un choix environnemental, mais un impératif pour empêcher des endroits comme Calenzano de continuer à vivre dans l'ombre d'une catastrophe potentielle. La mémoire des victimes et la souffrance des blessés nous obligent à repenser les politiques industrielles et la gestion des risques, pour restaurer la sécurité et la confiance des travailleurs, des citoyens et des territoires.
