Les plus anciennes momies du monde sont découvertes: bien avant que les Égyptiens ne soient fumés (et réécrivez l'histoire de l'enterrement)
Une étude a identifié des momies fumées datant de 12 000 ans entre la Chine, le Vietnam et l'Indonésie: le rituel est similaire à celui encore utilisé aujourd'hui par les tribus Dani de la Nouvelle-Guinée
Oublions un instant, des pyramides et des pharaons. L'histoire de la momification peut ne pas commencer en Égypte du tout, mais bien avant, de l'autre côté du monde. Une nouvelle étude menée par un groupe de chercheurs de l'Australian National University a mis en lumière les plus anciennes momies jamais découvertes, remontant à environ 12 000 ans, ou la période pré-néolithique.
Et la vraie surprise? Ce ne sont pas des momies naturelles, mais intentionnellement fumées avec un processus rituel lent, complexe et extraordinairement durable.
Les résultats de l'étude, publiés dans le magazine PNAChangez radicalement notre idée sur le moment et où la momification est née: non plus un phénomène limité à quelques civilisations du passé, mais une pratique funéraire répandue, élaborée et beaucoup plus âgée que nous ne le pensons.
Les chercheurs ont analysé 69 individus
L'équipe a étudié 69 restes humains de 54 sépultures dispersées entre le sud de la Chine, le nord du Vietnam et l'Indonésie, datée entre 4 000 et 12 000 ans. Ces enterrements appartenaient aux communautés des chasseurs de chasseurs et aux techniques utilisées pour analyser les os tels que la diffraction des rayons X et la spectroscopie infrarouge ont révélé un fait impressionnant: près de 90% des échantillons avaient des signes d'exposition à la chaleur, ainsi que des traces de suot et de coupes compatibles avec des techniques de drainage corporel.
Le traitement réservé aux corps était très précis: ils ont été placés en position fœtale, attachés, puis exposés à de faibles incendies pendant de longues périodes – des semaines ou des mois – jusqu'à ce que le corps soit complètement fumé. Ce n'est que plus tard qu'ils ont été enterrés.
Ce type de momification est étonnamment similaire à celui encore pratiqué par certaines populations des hautes terres de la Nouvelle-Guinée, comme Dani, qui continue de préserver les corps des ancêtres en les fumant lentement. Un lien culturel, ceci, qui, selon les chercheurs, aurait maintenu pendant des millénaires, surmontant d'énormes barrières géographiques.
Un rituel ancien, partagé et étonnamment durable
Ce n'est pas seulement l'âge des découvertes, mais la complexité du rituel et de sa diffusion. L'étude suggère que cette forme de momification, mais une tradition s'est répandue dans une immense zone allant de l'Asie du Nord-Est à l'Océanie occidentale et en Australie.
Les similitudes entre les restes asiatiques et les pratiques funéraires des peuples autochtones australiens et papoues ne se limitent pas aux méthodes: l'analyse génétique et cranio-frack montre une relation claire entre ces populations. En d'autres termes, les cultures qui ont fumé leur mort il y a 12 000 ans ont partagé des traits biologiques et culturels avec les sociétés qui encore aujourd'hui, dans certaines zones isolées du monde, continuent de poursuivre ce rite.
La momification du tabagisme est l'un des tests les plus puissants de la continuité culturelle à long terme entre l'Asie et l'Océanie.
Et ce n'est pas une simple curiosité archéologique: il nous oblige à repenser la façon dont les êtres humains ont évolué dans le passé, comme ils l'ont parcouru, des connaissances, des pratiques et des visions partagées du monde.
Source: PNAS
