Les dauphins montrent des signes d'Alzheimer à cause des eaux polluées : l'étude alarmante de Nature
Une étude choquante réalisée en Floride révèle que les dauphins développent des lésions cérébrales similaires à celles de la maladie d'Alzheimer chez l'homme : les neurotoxines produites par les algues, alimentées par la pollution et le climat chaud, détruisent l'esprit des mammifères les plus intelligents de la planète.
Il y a quelque chose qui ne va vraiment pas si les dauphins, les animaux les plus intelligents après nous, développent la maladie d'Alzheimer. Pourtant, cela se produit réellement : un groupe de chercheurs a analysé le cerveau de vingt spécimens trouvés échoués dans le lagon d'Indian River, en Floride, et a découvert des lésions identiques à celles des patients humains atteints d'Alzheimer.
Les plaques amyloïdes et les enchevêtrements de protéine tau s'accumulent dans leur cerveau, les mêmes signes qui chez l'homme indiquent une dégénérescence neuronale. La différence est que les dauphins ne peuvent pas le dire. Ils perdent simplement leurs repères, nagent en rond, jusqu’à se retrouver face contre terre dans le sable. Et la cause n'est pas un mystère : c'est l'eau. Ou plutôt l’eau sale et surchauffée qui les entoure.
Les algues toxiques qui les rendent fous
Les scientifiques ont découvert une substance au nom compliqué et inquiétant dans le cerveau des dauphins : l'acide 2,4-diaminobutyrique (2,4-DAB). Il s’agit d’une neurotoxine produite par des cyanobactéries et des algues nocives, qui prolifèrent dans les mers polluées lorsque les températures augmentent. Pendant la saison de prolifération d’algues, les niveaux de cette toxine chez les dauphins étaient près de trois mille fois plus élevés que pendant les périodes « calmes ». En pratique, chaque fois que la mer « fleurit », ils s’empoisonnent.
Le 2,4-DAB surstimule les neurones au point de les brûler, fait dérailler une enzyme clé qui régule l'activité cérébrale et modifie plus de 500 gènes liés à la fonction nerveuse. Le résultat est terrible : tremblements, désorientation, comportement chaotique. Bref : une forme de démence aquatique.
Les scientifiques pensent que de nombreux dauphins s’échouent précisément parce qu’ils ne comprennent plus où ils se trouvent. Ce ne sont pas des malades mentaux : ils sont victimes de notre pollution.
Climat et pollution : la tempête parfaite
Les eaux de Floride sont parmi les plus chaudes et les plus nutritives de la planète. Un cocktail idéal pour les proliférations d'algues toxiques, qui ne se limitent désormais plus à quelques semaines d'été mais durent des mois. La pollution issue des déchets agricoles et industriels nourrit les algues, la chaleur les multiplie.
La mer se transforme ainsi en une soupe neurotoxique dans laquelle toute forme de vie commence à échouer. Les poissons, les mollusques, les crustacés et désormais même les dauphins accumulent ces substances. Ceux qui se trouvent au sommet de la chaîne alimentaire – devinez qui – risquent d’en subir les conséquences. Les dauphins sont considérés comme une espèce sentinelle, un signal d’alarme sur ce qui se passe également en nous. Si leur cerveau se détériore à cause des toxines, ce n'est qu'un pas pour les humains.
Certaines études ont déjà retrouvé des traces des mêmes substances dans le cerveau humain atteint de la maladie d'Alzheimer. Cela ne veut pas dire que les algues nous feront oublier du jour au lendemain, mais que nous respirons, mangeons et buvons dans un environnement malade. Et si la mer perd sa mémoire, nous la perdrons bientôt aussi.
Source : Nature
