L'IA ? Non, c'est l'éponge carnivore « boule de la mort » découverte avec d'autres créatures incroyables dans l'océan Austral.
L'expédition dans l'océan Austral découvre l'éponge carnivore « boule de la mort » et 29 espèces marines jamais vues en Antarctique, notamment des vers zombies, des crustacés et des étoiles de mer irisées.
Au cœur reculé de l'océan Austral, des chercheurs de la Nippon Foundation ont confirmé la découverte de 30 nouvelles espèces marines, dont l'étonnante éponge carnivore « boule de la mort ». Contrairement aux éponges traditionnelles, filtrantes et passives, celle-ci ressemble à une sphère recouverte d'hameçons capables de piéger des proies. La découverte a eu lieu lors de deux croisières scientifiques en 2025, explorant des zones autour de l’Antarctique qui n’avaient jamais été étudiées auparavant.
Aux côtés de l'éponge prédatrice, on a observé les fameux vers zombies (Osedax), qui vivent sans bouche ni intestin, se nourrissant de bactéries symbiotiques qui digèrent la graisse contenue dans les os de grands vertébrés comme les baleines. Cette découverte confirme à quel point les profondeurs océaniques restent un laboratoire largement inexploré.


Toutes les espèces découvertes
Les expéditions ont exploité des technologies avancées, telles que des ROV haute définition et une cartographie précise des fonds marins, permettant de documenter des espèces jamais observées par l'homme. Grâce à l'atelier de découverte des espèces, les échantillons ont été examinés rapidement, compressés selon un processus qui prendrait traditionnellement des décennies. Cette approche collaborative a accéléré la vérification de 30 nouvelles espèces en seulement trois mois après la fin de la campagne.
D'autres découvertes incluent des vers à écailles irisées, des étoiles de mer des familles des Brisingidae, des Benthopectinidae et des Paxillosidae, ainsi que des crustacés rares, dont des isopodes et des amphipodes, dont certains pourraient constituer une nouvelle famille. Des gastéropodes et des bivalves adaptés aux environnements volcaniques et hydrothermaux ont également été identifiés, tandis que certaines espèces de coraux noirs et un éventuel genre de plumes marines sont encore à l'étude.


Des zones extrêmes encore à explorer
Les croisières ont exploré deux zones clés : les vents volcaniques hydrothermaux près des îles Sandwich du Sud et une partie de la mer de Bellingshausen rendue accessible par un iceberg géant. Dans cette dernière zone isolée, un juvénile colossal a été observé pour la première fois.
Ces résultats mettent en évidence à quel point l’Antarctique et ses mers environnantes sont mal échantillonnées. Comme le souligne la Nippon Foundation, seuls 30 % des échantillons collectés ont été analysés jusqu'à présent et déjà 30 nouvelles espèces confirmées démontrent à quel point la biodiversité marine reste largement méconnue. La combinaison d’expéditions, de technologies de pointe et d’ateliers scientifiques a rendu possible cette extraordinaire accélération de la découverte des espèces marines, transformant les profondeurs de l’océan en un laboratoire de merveilles inédites.
Source : Institut Schmidt Océan
