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Une masse monstrueuse de 100 tonnes découverte dans les égouts de Londres : voici ce qui se passe lorsque vous jetez de l'huile et des lingettes dans les égouts

Une masse monstrueuse de graisses et de déchets a été retrouvée dans les égouts de Londres : 100 mètres d'huiles, sauces et lingettes solidifiées qui rappellent ce qu'il ne faut pas déverser dans les lavabos et les toilettes.

Dans les égouts de Whitechapel, dans l'est de Londres, les ingénieurs de Thames Water – une société privée britannique chargée de l'approvisionnement en eau et du traitement des eaux usées – sont tombés sur une masse monstrueuse d'environ 100 mètres de long et pesant 100 tonnes.

Il s'agit du dernier fatberg, rebaptisé le « petit-fils » de celui découvert en 2017, une créature urbaine faite de graisses, d'huiles, de sauces et de déchets non jetables qui, au lieu de disparaître dans les égouts, s'est transformée en un véritable barrage souterrain. Les images prises par les caméras de vidéosurveillance montrent une masse compacte bloquant les canalisations comme une paroi rocheuse artificielle.

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Comment est né un gros monstre

Le mécanisme est aussi banal que destructeur. Lorsque de l'huile de cuisson, des sauces à la viande, de la crème, de la crème et d'autres résidus gras sont versés dans l'évier, ils se solidifient au contact de températures plus basses. Cette première couche devient une surface collante qui retient les lingettes humides, les cotons-tiges, les fibres textiles et les plastiques. Couche après couche, le dépôt s'agrandit jusqu'à former un bloc dur comme du béton, capable de boucher les canalisations et de faire refluer les eaux sales vers les habitations et les rues.

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Les chiffres qui expliquent l’urgence

Selon les données de Thames Water, les graisses, les huiles et les résidus alimentaires sont responsables de plus de 20 000 blocages chaque année, soit 28 % de tous les blocages de réseau. Le problème explose en décembre et janvier, lorsque les déjeuners et dîners de vacances multiplient le gaspillage alimentaire : au cours de ces deux mois, les coûts d'intervention dépassent 2,1 millions de livres. Une enquête révèle que plus de 40 % des personnes ont versé du jus de viande dans l’évier, 39 % ont versé de la sauce, 28 % ont versé de la crème, 21 % ont versé de la crème et même 10,5 % ont versé du houmous – tous parfaits pour alimenter un fatberg.

Parce que les toilettes ne sont pas une poubelle

Le nouveau géant souterrain est un rappel concret : ce qui finit dans les égouts. Les huiles usagées doivent être collectées et transportées vers des centres d'élimination, les résidus alimentaires doivent être jetés à la poubelle, tandis que seuls l'urine, les excréments et le papier toilette doivent finir dans les toilettes. Verser de l'eau bouillante ou de l'eau de Javel ne résout pas le problème, cela ne fait que le pousser plus loin.

Même en Italie, où le climat rend ces phénomènes moins spectaculaires, les effets sont les mêmes : blocages, inondations, pollution et coûts qui pèsent sur tout le monde. En bref, le fatberg de Whitechapel est le résultat final de milliers de petites actions erronées commises dans la cuisine et la salle de bain.

Source : Eau de la Tamise

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