Briques avec nichoirs exigées par la loi dans les nouveaux bâtiments : c'est ainsi que l'Écosse protège les martinets
L'Écosse rend obligatoires les briques Swift dans les nouveaux bâtiments : une loi visant à protéger les martinets et la biodiversité urbaine avec des solutions simples et peu coûteuses.
L'Écosse a décidé de poser un geste concret en faveur de la biodiversité urbaine. Le Parlement d'Édimbourg a adopté une loi qui rendra obligatoire l'installation de briques dites Swift dans tous les nouveaux bâtiments résidentiels, lorsque cela est techniquement possible. Il s’agit de blocs muraux creux, intégrés directement dans les murs, conçus pour offrir des espaces de nidification sécurisés aux oiseaux vivant en ville.
Protéger les martinets, une espèce emblématique en déclin
La mesure a été créée avec un objectif précis : protéger les martinets, l'une des espèces les plus emblématiques du paysage urbain européen, désormais inscrite sur la liste rouge de conservation. Selon les données officielles, la population de ces oiseaux a diminué d'environ 60 % depuis 1995, principalement en raison de la perte de sites de nidification adaptés. Les nouveaux bâtiments, de plus en plus isolés et dépourvus de cavités naturelles, ont en effet supprimé les espaces traditionnellement utilisés pour les nids.


Un bénéfice étendu à d’autres espèces
Les briques Swift ne sont pas uniquement destinées aux martinets. Leur présence pourrait également bénéficier à d’autres espèces urbaines telles que les moineaux, les étourneaux et les hirondelles, contribuant ainsi à recréer de petits écosystèmes au sein du tissu urbain. L'avantage, soulignent les experts, est double : d'une part, la faune est soutenue, d'autre part, elle favorise une conception de bâtiments plus respectueuse de l'environnement, sans impact négatif sur la sécurité ou l'esthétique des bâtiments.
Coûts réduits et intégration dans la conception
L’un des aspects qui a convaincu les législateurs est la simplicité de la solution. Les briques ont un faible coût, n’altèrent pas la structure portante des bâtiments et sont installées directement lors de la phase de construction. Cela permet d’intégrer la protection de la nature dès l’origine du projet, évitant ainsi des interventions ultérieures plus complexes ou coûteuses.
Comparaison avec le reste du Royaume-Uni
Le choix écossais marque une nette différence par rapport au reste du Royaume-Uni. En Angleterre, au Pays de Galles et en Irlande du Nord, des mesures similaires restent des recommandations largement non contraignantes, laissées à la discrétion des promoteurs ou des autorités locales. C'est précisément ce manque d'obligations qui a été critiqué à plusieurs reprises par les associations environnementales, qui voient dans la loi écossaise un modèle possible à exporter.
Horaires et prochaines étapes
La législation entrera en vigueur après une période de consultation de 12 mois, nécessaire pour définir des normes techniques claires et uniformes. Une étape considérée comme fondamentale pour garantir des applications efficaces et cohérentes. Pour de nombreux observateurs, la décision d'Edimbourg représente un signal fort : la coexistence entre ville et nature est non seulement souhaitable, mais peut devenir une règle.
