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« Pulvérise du glyphosate et d'autres herbicides cancérigènes sur nos champs » : le Liban accuse Israël de grave attaque chimique

Non seulement la Palestine, Israël veut également rendre le Liban invivable : les forces israéliennes ont pulvérisé un herbicide hautement toxique sur les zones situées au nord de la Ligne bleue.

Rendre invivables non seulement Gaza et la Cisjordanie, mais aussi de vastes portions du sud du Liban : ici, selon les reconstructions, l'armée israélienne mène systématiquement une campagne d'écocide dans le seul but de rendre le territoire inhabitable.

C'est la triste réalité qui émerge d'un contexte dans lequel – et tout le monde ne s'en rend pas compte – même de vastes territoires agricoles libanais sont déjà inutilisables depuis un certain temps en raison des bombardements et des restrictions d'accès imposées le long de la frontière.

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En fait, depuis le début du conflit au Liban, des dizaines de villages ont été évacués et des milliers d'hectares de terres agricoles ont été compromis, aggravant une crise économique et alimentaire déjà profonde.

Des herbicides venus du ciel

Israël a été accusé par le Liban de pulvériser des herbicides potentiellement cancérigènes sur des terres agricoles dans le sud du pays, dans ce que les autorités libanaises qualifient de véritable «criminalité environnementale et sanitaireo », susceptible de mettre en danger la sécurité alimentaire et la survie économique des agriculteurs locaux.

Le président libanais a également dénoncé l'épisode Joseph Aounqui parlait ouvertement de violation de la souveraineté nationale et promettait d’entreprendre «toutes les mesures juridiques et diplomatiques nécessaires» pour contrer ce qu’il considère comme une agression.

Aucune réponse officielle n’a été reçue du gouvernement israélien, consulté par le Guardian. Mais il va sans dire que ces accusations renforcent la conviction que l’armée israélienne mène une stratégie d’écocide visant à rendre le sud du Liban inhabitable, à l’image des territoires palestiniens de Gaza et de Cisjordanie.

Selon les reconstitutions, le dernier épisode remonte à il y a quelques jours : les casques bleus des Nations Unies ont reçu l'ordre de l'armée israélienne de rester à l'abri lors d'une opération aérienne au cours de laquelle une substance chimique définie comme « non toxique » a été dispersée. Certaines vidéos montrent de petits avions pulvérisant de grandes portions de zones agricoles.

Des films et des reportages, confirmés par la mission de l'ONU au sud du Liban (Unifil), font état de survols répétés d'avions israéliens qui ont pulvérisé des substances à base de glyphosate, l'un des herbicides les plus utilisés au monde et classé en 2015 par l'Organisation mondiale de la santé comme « probablement cancérigène pour l'homme ».

Dans une déclaration commune, les ministères libanais de l'Agriculture et de l'Environnement ont déclaré que certains échantillons contenaient des concentrations de glyphosate. »20 à 30 fois plus élevés que les niveaux normaux« Une utilisation de ce type, expliquent-ils, risque d'endommager la végétation des zones touchées, avec des effets directs sur la production agricole, la fertilité des sols et l'équilibre des écosystèmes.

Les jours précédents, des vidéos diffusées en ligne auraient montré des avions israéliens engagés dans des opérations similaires également au-dessus des zones agricoles du territoire syrien, à trois reprises en l'espace d'une semaine seulement.

Le sud du Liban porte encore les marques d’une campagne militaire particulièrement intense contre le Hezbollah qui s’est terminée il y a un peu plus d’un an. Le bilan s'élève à environ 4 mille morts, 17 mille blessés et 1,2 million de déplacés. Israël a également été accusé d'avoir utilisé du phosphore blanc, des bombes incendiaires et des munitions à fragmentation, qui ont brûlé des champs cultivés, des oliveraies et des forêts, laissant le sol contaminé par des métaux lourds et jonchant le territoire de munitions non explosées.

Selon Hisham Younes, fondateur de l'organisation environnementale libanaise Les Sudistes vertsles attaques répétées contre l'écosystème de la région produiront des effets « cumulatifs, complexes et profonds ». Les pulvérisations chimiques, souligne-t-il, ont lieu sur des terres déjà fortement dégradées par l'usage d'armes incendiaires et l'accumulation de contaminants résultant de bombardements prolongés :

L’utilisation de composés à base de glyphosate ajouterait une pression supplémentaire sur les insectes et les pollinisateurs, avec des conséquences immédiates sur un secteur agricole déjà dévasté.

Qu'est-ce que c'est que tout ça ? Une longue tradition de guerre qui vise la destruction durable des territoires et des conditions nécessaires à la vie. De ce point de vue, cette véritable attaque chimique ne serait pas un épisode isolé, mais ferait partie d’un schéma évolutif dans lequel les dommages environnementaux (et humains) deviennent de plus en plus étendus et difficiles à inverser.

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