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« Un sérieux revers dans la protection de la faune » : le Sénat approuve le déclassement du loup

Le Sénat a approuvé le déclassement du statut de protection du loup au titre de la loi de délégation européenne. L’espèce passe de « strictement protégée » à « protégée ». Les écologistes et une partie du monde scientifique parlent d'une décision dangereuse pour la conservation de la faune sauvage

Le Parlement italien a approuvé le déclassement du statut de protection du loup, le ramenant d'une espèce « strictement protégée » à une espèce « protégée ». La mesure a été incluse dans la loi de délégation européenne, la disposition qui transpose diverses directives et réglementations de l'Union européenne dans le droit national.

Après le feu vert de la Chambre, le Sénat a donc également voté en faveur de la loi : 78 voix pour, 2 contre et 57 abstentions.

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Cependant, la décision a suscité un vif débat entre les associations environnementales, les experts et une partie du monde scientifique, qui craignent qu'elle puisse représenter un revers dans la protection de la vie sauvage en Italie.

« Un choix politique, pas scientifique »

Selon de nombreuses organisations environnementales, cette disposition ne serait pas étayée par des bases scientifiques adéquates et risquerait de compromettre les résultats obtenus au cours des dernières décennies en matière de conservation de l'espèce.

Cette journée représente un nouveau revers dans la politique de conservation du patrimoine faunique – a déclaré Annamaria Procacci, responsable de la faune à l'ENPA. Nous touchons une espèce précieuse qui joue un rôle fondamental dans les équilibres naturels en tant que principal prédateur des ongulés.

Le loup, rappellent les associations, est une espèce clé dans les écosystèmes : sa présence contribue à réguler naturellement les populations d'ongulés et à maintenir l'équilibre des milieux naturels.

Une espèce encore vulnérable

Malgré le retour du loup dans de nombreuses régions italiennes au cours des dernières décennies, les experts soulignent que la population reste fragile et soumise à diverses pressions. Parmi les problèmes les plus pertinents figurent :

  • l'hybridation avec les chiens, qui selon certaines estimations touche près de la moitié des loups présents dans le pays
  • le braconnage, qui touche chaque année une partie importante de la population
  • fragmentation des habitats.

Pour cette raison, selon de nombreux chercheurs, abaisser le niveau de protection pourrait affaiblir les efforts de conservation en cours.

Stefano Raimondi, responsable national de la biodiversité de Legambiente, est également critique :

Abaisser le niveau de protection des loups ne résoudra pas les conflits sociaux existants – explique Raimondi. Fonder cette décision sur une volonté politique et non scientifique risque de compromettre les résultats obtenus en matière de conservation et de créer un dangereux précédent pour d’autres espèces protégées également.

De plus, selon l’association, il n’existe aucune preuve solide que l’abattage sélectif soit réellement efficace pour réduire les conflits avec les activités d’élevage.

Ce qui change vraiment pour le loup

Le déclassement ne signifie pas que le loup deviendra chassable. Concrètement, la chasse reste interdite, mais le nouveau statut pourrait faciliter les procédures d'autorisation des interventions de contrôle ou d'abattage sélectif, augmentant ainsi le pouvoir discrétionnaire des administrations locales.

De nombreux experts soulignent que le moyen le plus efficace de réduire les conflits entre les loups et le bétail reste la prévention de la prédation et que des outils tels que les clôtures électrifiées, les chiens de garde et les systèmes de dissuasion se sont révélés dans de nombreux contextes bien plus efficaces que l'abattage pour réduire les attaques contre le bétail. Des mesures qui ne sont cependant pas encore réparties uniformément dans toute l’Italie.

Pour les écologistes et une partie de la communauté scientifique, le risque est que cette décision représente un signal culturel et politique qui affaiblit la protection de la faune sauvage, au moment même où la biodiversité européenne est déjà sous forte pression. Le débat sur l'avenir du loup en Italie reste donc ouvert et touche à une question plus large : comment concilier la conservation de la nature avec les activités humaines et avec les besoins des communautés vivant dans les zones rurales ?

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