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« N'utilisez pas votre téléphone portable plus de deux ou deux heures par jour » : l'ordonnance de cette ville japonaise suscite débat (mais aussi réflexion)

Au Japon, la ville de Toyoake recommande de limiter l'utilisation du smartphone à deux heures par jour pendant son temps libre pour protéger le sommeil et la santé des jeunes et lutter contre l'hyperconnexion.

Au Japon, la ville de Toyoake, dans la préfecture d'Aichi, a décidé de s'attaquer à un problème de plus en plus pressant : la dépendance aux smartphones. L'administration communale a pris une ordonnance invitant les citoyens à utiliser les appareils numériques pendant leur temps libre, visant avant tout à protéger le sommeil et le bien-être psychophysique.

L'initiative n'a pas de caractère coercitif : il ne s'agit ni d'une interdiction, ni d'une règle sanctionnable. L’objectif est d’inciter les familles et les individus à réfléchir sur leur rapport à la technologie et à établir des règles communes pour un usage équilibré des smartphones.

Suggestions ciblées pour les groupes plus jeunes

Une attention particulière est portée aux plus jeunes : selon les directives, les élèves du primaire doivent éteindre leurs appareils après 21 heures, tandis que les enfants plus âgés doivent le faire après 22 heures. La mesure, bien qu'indicative, découle de considérations de santé plutôt que technologiques : réduire le temps passé devant l'écran signifie garantir un repos adéquat, fondamental pour le développement psychophysique et la qualité de vie quotidienne.

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La municipalité souligne que le smartphone n'est pas un ennemi : c'est un outil indispensable, mais il doit être géré à bon escient. L'ordonnance vise donc à ramener l'usage des appareils à un sain équilibre, en évitant les excès qui pourraient compromettre la santé et la routine familiale.

Un pays hyper connecté aux prises avec les risques numériques

La disposition de Toyoake intervient dans un contexte paradoxal : le Japon est perçu comme un laboratoire technologique, mais l'adoption massive des smartphones coexiste avec une certaine difficulté à gérer ses effets sociaux. Une étude de 2024 de l'Institut de recherche sur la société mobile de NTT Docomo montre que 97 % des citoyens possèdent au moins un smartphone et que parmi les jeunes de moins de vingt ans, de nombreuses filles utilisent l'appareil plus de six heures par jour.

Ce n’est pas tant la présence du smartphone qui inquiète, mais plutôt la normalisation d’un usage intensif qui peut entraîner des problèmes de sommeil, un isolement social et une baisse des résultats scolaires. Parmi les effets les plus évidents, selon des études du ministère de la Santé, figurent les cas de troubles du jeu, de conflits familiaux et de retrait social, qui nécessitent une attention toujours plus grande de la part des familles et des institutions.

Vers un équilibre numérique conscient

L'ordonnance de Toyoake représente donc une tentative de gouverner l'hyperconnexion sans criminaliser la technologie. L’objectif est plutôt de sensibiliser, d’éduquer sur une utilisation équilibrée et de protéger les groupes les plus vulnérables. Un défi qui, dans un pays où la technologie est partout, revêt aussi une valeur culturelle forte : rappeler que le numérique doit servir la vie, pas la dominer.

Source : Ville de Toyoaki

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