MirrorBot : ce robot à deux miroirs tente de susciter le dialogue entre inconnus (dans les parcs et les cliniques)
Dans une expérience de Cornell, un robot miroir a encouragé le contact visuel, le dialogue et les petits échanges entre parfaits inconnus
Les salles d'attente ont leur triste discipline : chaises alignées, yeux baissés, téléphones serrés dans les mains comme une barrière, corps rapprochés et têtes éloignées. MirrorBot part exactement de là, de ce silence gênant qui remplit aujourd'hui les espaces partagés tels que les cliniques, les parcs et les espaces communs. Le projet est né à l'Université Cornell, au sein du Architectural Robotics Lab dirigé par Keith Evan Green. Le robot mesure environ 1,20 mètre de haut, possède deux miroirs mobiles, une apparence volontairement petite et un revêtement souple, choisi pour être moins intimidant. Lorsqu'il est placé devant deux inconnus, il fait une chose simple et assez surprenante : il donne à chacun sa propre image dans un miroir et le visage de l'autre dans l'autre. Serena Guo, première auteure de l'étude, a expliqué que la véritable cible était le contact visuel, ce premier petit plan à partir duquel commence souvent toute relation humaine.
Pour voir si cette idée fonctionnait réellement, l’équipe a recruté 32 personnes âgées de 18 à 50 ans, réparties en 16 binômes. On a dit aux participants qu'ils participeraient à un test de mémoire à court terme ; l’explication complète ne viendrait que plus tard. Ils étaient assis dans une salle d'attente mesurant environ 3,6 mètres sur 3,6 mètres, avec trois chaises le long d'un mur. Après quelques instants, le robot est apparu derrière une cabine. Il était guidé à distance par Guo elle-même, qui contrôlait ses mouvements et sélectionnait les positions prédéfinies des miroirs jusqu'à ce que les deux personnes puissent voir à la fois leur propre reflet et celui de l'autre.
La partie intéressante vient ensuite. Dans douze couples sur seize, le premier contact considéré comme vraiment significatif s'est fait par le biais de miroirs et non par un regard direct en face à face. Certains ont commencé à déchiffrer le robot ensemble, d'autres ont joué avec la situation, d'autres encore ont utilisé ce filtre pour sonder prudemment la disponibilité de l'autre. De là commencèrent des conversations, des échanges légers, une curiosité mutuelle qui, dans une pièce normale, serait peut-être restée enfouie sous le rituel habituel du silence. L’étude suggère ainsi une idée précise : un robot social peut agir à la fois comme compagnon d’interaction et comme médiateur de l’espace, c’est-à-dire comme un objet qui change la façon dont deux personnes se perçoivent.
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Quand le robot cesse d’être le protagoniste et devient un intermédiaire
Derrière MirrorBot se cache aussi une critique assez claire du présent. Green et Guo partent d'un constat visible partout : la technologie a réduit les distances géographiques et permis de développer les distances sociales, notamment dans les espaces quotidiens où les gens partagent des mètres et des minutes sans se rencontrer. Salles d'attente, parcs publics, espaces communs : des lieux pleins de présence physique et pauvres en attention mutuelle. MirrorBot essaie d'intervenir précisément dans ce vide, sans faire de discours, sans divertir, sans voler la scène. Cela force simplement la géométrie de la situation et laisse le reste à deux êtres humains.
L’ouvrage conserve cependant un côté brut qui vaut plus que mille slogans. Une partie des participants ont vécu l’expérience avec un certain inconfort. Les chercheurs ont observé des gens se détourner, froncer les sourcils, figer l’instant. L'un des commentaires recueillis décrivait le robot comme une sorte d' »ami trop enthousiaste », un de ceux qui forcent deux personnes réticentes à parler. Dans cette réaction se cache le détail le plus grave de tout le projet : une technologie conçue pour rapprocher les gens doit aussi pouvoir reculer. La rencontre humaine dure aussi longtemps qu'une invitation demeure. Quand la pression devient forte, la scène cale.
Le groupe s'est également posé une autre question très concrète. Suffit-il de mettre un objet insolite au milieu pour briser la glace ? Dans un travail connexe, présenté sur un échantillon plus large de 40 paires, les chercheurs ont comparé MirrorBot à un robot sans miroirs, un miroir fixé au mur et sans aucun appareil. Le résultat a encore une fois récompensé MirrorBot, précisément pour sa capacité à faciliter le contact visuel mutuel. En effet, les objets étranges ou nouveaux parviennent souvent à faire parler les gens ; le problème est que la conversation finit par tourner autour de l’objet lui-même. Ici, c'est le contraire qui se produit : le centre revient à l'autre être humain.
Source : Actes de la 21e conférence internationale ACM/IEEE sur l'interaction homme-robot
