Accord historique pour les forêts tropicales : 53 pays et 5,5 milliards de dollars pour un fonds international sans précédent
Le lancement du Tropical Forest Forever Facility (TFFF) marque un tournant historique dans la protection des forêts tropicales, avec plus de 5,5 milliards de dollars annoncés par 53 pays. Ce fonds mondial vise à financer la conservation des forêts tropicales, en récompensant les pays qui maintiennent et restaurent leurs ressources forestières.
Est appelé Fonds pour la forêt tropicale pour toujours et il s'agit d'un fonds destiné à sauvegarder les écosystèmes tropicaux les plus critiques, officiellement lancé lors du Sommet des dirigeants de Belém.
Salué comme la plus grande source internationale de financement direct pour les communautés locales et les peuples autochtones, le TFFF – signé par 53 pays, dont 19 investisseurs souverains, vise à soutenir la protection des forêts tropicales dans le monde en assurant un financement stable et durable des politiques de conservation.
Un milliard de dollars du Brésil pour sauver les forêts tropicales : le président Lula donne une leçon au monde
Le montant des investissements déjà annoncés est impressionnant. La Norvège a engagé 3 milliards de dollars, le Brésil et l'Indonésie ont confirmé des engagements de 1 milliard de dollars chacun, tandis que la France a exprimé son intérêt pour une contribution pouvant atteindre 500 millions d'euros. Les Pays-Bas ont mis à disposition 5 millions de dollars pour le secrétariat du fonds et l'Allemagne a approuvé le TFFF, et des discussions sont en cours pour finaliser leur engagement financier. Le TFFF couvrira plus de 90 % des forêts tropicales des pays en développement, notamment l’Indonésie, la République démocratique du Congo et la Chine.
Un changement de paradigme dans la finance environnementale
Le président Lula a souligné que le TFFF marque non seulement une étape importante pour la protection de l'environnement, mais représente également une étape fondamentale pour le rôle des pays du Sud dans l'agenda forestier mondial.
Pour la première fois dans l'histoire, les pays du Sud joueront un rôle de premier plan dans le programme forestier, a-t-il déclaré.
En outre, au moins 20 % des ressources du TFFF seront allouées aux peuples autochtones et aux communautés locales, soulignant l'importance de leur rôle dans la conservation.
Les dirigeants internationaux ont également salué cette initiative. Le Premier ministre norvégien Jonas Gahr Støre a souligné l'urgence de mettre un terme à la déforestation pour lutter contre le changement climatique et la perte de biodiversité. Le TFFF, grâce à son architecture financière hybride, combinant capitaux publics et privés, représente un exemple de coopération entre les gouvernements, le secteur privé et la philanthropie.
La structure du TFFF
Le TFFF se distingue par son approche innovante du financement environnemental. Le cadre exige que les paiements aux pays soient effectués sur la base de données satellitaires de télédétection qui surveillent chaque année la couverture forestière de manière transparente et peu coûteuse. La gouvernance du TFFF garantira que les pays promoteurs et forestiers participent sur un pied d’égalité. Avec une gestion des fonds visant à exclure les investissements nocifs pour l'environnement, comme ceux liés au charbon ou à la déforestation, le TFFF vise à soutenir uniquement les projets favorisant une croissance durable et respectueuse de l'environnement.
Visant à atteindre un fonds de 125 milliards de dollars, qui comprendra 25 milliards de dollars de capitaux souverains et 100 milliards de dollars d'investisseurs institutionnels, le TFFF a le potentiel de protéger plus d'un milliard d'hectares de forêts tropicales dans plus de 70 pays en développement. Ce fonds représente un espoir concret pour les forêts tropicales, essentielles à la régulation du climat, à la conservation de la biodiversité et au bien-être des populations locales.
Le lancement du TFFF à Belém peut sans aucun doute marquer le début d'une nouvelle phase pour la conservation des forêts tropicales, avec un engagement mondial pour lutter contre la déforestation et promouvoir le développement durable. Au moins en intention, cela apportera des ressources cruciales pour la protection de l’environnement, mais cela renforcera également les politiques locales et la coopération internationale, ouvrant la voie à une nouvelle ère de collaboration et de responsabilité partagée pour l’avenir de notre planète.
Source : COP30
