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Amazon : pas seulement les fermes, la déforestation est aussi la faute de ces 5 compagnies maritimes européennes

Le commerce mondial de la viande bovine contribue à la déforestation de l'Amazonie. MSC, Maersk et Hapag-Lloyd transportent des tonnes de viande et de cuir, alimentant un système qui compromet l'un des poumons verts les plus importants de la planète.

Vous connaissez ce succulent steak qui grésille sur le grill ? Eh bien, cela pourrait avoir un arrière-goût amer de déforestation. Une enquête par Bureau du journalisme d'investigation (TBIJ) révèle que les géants du transport maritime tels que MSC, Maersk et Hapag-Lloyd ils contribuent à la destruction de la forêt amazoniennetransportant des centaines de milliers de tonnes de bœuf provenant d'exploitations brésiliennes liées à la déforestation.

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Nous parlons de chiffres ahurissants : en seulement deux ans, ces entreprises ont transporté plus d'un demi-million de tonnes de viande et de cuir, l'équivalent de la moitié de la consommation annuelle de bœuf du Royaume-Uni. Et où va toute cette viande ? Dans nos assiettes évidemment, en Europe, aux Etats-Unis et en Chine.

La viande bovine brésilienne est une cause majeure de la déforestation en Amazonie. Chaque année, d'immenses étendues de forêt sont abattues pour faire place aux pâturages pour le bétail. Pourtant, cette viande ne finirait jamais sur nos étagères sans le rôle des compagnies maritimes qui le transportent dans le monde entier.

Selon les données de AideEnvironnementles 12 usines de transformation de viande liées à trois des plus grands producteurs brésiliens — JBS, Marfrig et Minerva — sont responsables de la perte d'au moins 4 600 km² de forêt, soit une superficie trois fois supérieure à celle de Londres.

MSC, Maersk et Hapag-Lloyd : les « passeurs » de la déforestation

Compagnie maritime méditerranéenne (MSC), leader du secteur, traité environ 190 000 tonnes de bœuf et la peau de ces zones. Maersk et Hapag-Lloyd suivent de près, alimentant des échanges commerciaux au coût environnemental très élevé.

« Des outils silencieux» : donc Alex Wijeratna de Terre puissante définit ces entreprises qui, malgré leurs politiques contre le transport de bois illégal ou d'animaux sauvages, ferment les yeux sur l'origine de la viande bovine. « Ils passent inaperçus en matière de responsabilité juridique », accuse Wijeratna.

Beaucoup de ces entreprises affirment avoir mis en place des politiques internes visant à interdire le transport de marchandises provenant de sources illégales, telles que le bois abattu illégalement ou le trafic d'animaux sauvages. Mais ils n'existent pas pour le moment réglementation universelle réglementant le transport de la viande bovine et du cuir provenant de zones déboisées. Ce vide législatif leur permet de continuer à transporter ces marchandises sans en subir les conséquences.

La législation de l'Union européenne, qui devait entrer en vigueur fin 2024 pour lutter contre la déforestation liée à la viande bovine et à d'autres produits comme le soja et l'huile de palme, a été reporté.

Responsabilité de toutes les phases

Les politiques des compagnies maritimes ne suffisent pas à arrêter la déforestation. Il ne suffit pas de déclarer des engagements en faveur du développement durable ou de soutenir le respect des réglementations internationales : les entreprises de transport doivent également assumer une part de responsabilité.

Un aspect crucial, souligné par Nicole Polsterer du Fern Group, est que les producteurs de viande ne sont pas les seuls à devoir être tenus responsables. Chaque maillon de la chaîne d'approvisionnementde ceux qui élèvent du bétail à ceux qui le transportent, doit être légalement responsable de la destruction de l’environnement qu’il contribue à créer. Il ne suffit pas de déléguer la responsabilité aux agriculteurs ou aux abatteurs : chaque entreprise impliquée dans la chaîne d'approvisionnement, y compris les transporteurs, doit gérer ses propres actions.

Dans un contexte de prise de conscience mondiale croissante du changement climatique, l'Amazonie représente un patrimoine à protéger. La viande bovine, l'un des principaux produits liés à la déforestation, restera au centre du débat. Avec l’entrée en vigueur de nouvelles lois européennes et l’appel croissant à une plus grande transparence, les compagnies maritimes seront appelées à faire des choix.

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