Uccelli neonicotinoidi

Après l’interdiction de ces dangereux pesticides, les oiseaux se rétablissent (mais maintenant l’UE veut prendre du recul)

Une étude européenne révèle les premiers signes de rétablissement des oiseaux après l'interdiction des pesticides néonicotinoïdes. Mais au lieu de tirer la leçon, l’UE envisage d’autoriser à vie les substances actives des pesticides.

Plusieurs années après l'introduction de l'interdiction européenne des néonicotinoïdes, les premiers résultats positifs sur l'état des populations d'oiseaux arrivent. Une nouvelle analyse menée en France souligne que, depuis 2018, de nombreuses espèces insectivores affichent une croissance lente mais mesurable. On parle d'une augmentation allant jusqu'à 3%, un pourcentage qui, étendu à 57 espèces, acquiert un poids écologique important et confirme l'impact de l'interdiction.

Le rôle clé des néonicotinoïdes dans la crise environnementale

Ces pesticides ont longtemps été au centre de polémiques : introduits dans les années 1990 et répandus dans toute l'Europe, ils sont absorbés par les cultures et rendent les plantes toxiques pour les insectes.

C’est précisément ce mécanisme qui a contribué aux mortalités d’abeilles enregistrées au début des années 2000, mobilisant la communauté scientifique et les environnementalistes. Avec l’annonce de 2018, on espérait inverser le déclin de la faune liée aux écosystèmes agricoles.

Une recherche à grande échelle pour comprendre les effets de l’interdiction

Les chercheurs ont surveillé près de deux mille zones de champs cultivés et de prairies, observant la présence et la répartition des oiseaux de 2013 à 2022. La comparaison entre la période avant et après l'interdiction montre une nette augmentation d'espèces telles que les pinsons, les merles et les têtes noires. Dans certains cas, la croissance a atteint 12%, notamment dans les zones où la pression des pesticides était plus forte.

Malgré les données positives, les chercheurs restent prudents : une partie de la reprise pourrait être influencée par des variables telles que les conditions climatiques, les incendies, les vagues de chaleur ou les transformations des sols. C’est pour cette raison qu’ils définissent les résultats comme un exemple de reprise faible, tout en reconnaissant la valeur de la tendance.

Une reprise lente mais réaliste selon les experts

Thomas Perrot, l'un des auteurs, souligne que de telles récupérations progressives sont normales lorsqu'il s'agit d'espèces touchées depuis des décennies. Des études historiques sur le fameux DDT montrent que de nombreuses populations mettent jusqu'à 25 ans avant de retrouver un niveau stable. Dans le même temps, les scientifiques espèrent que les futurs suivis permettront de déterminer si cette récupération contribuera également au contrôle naturel des insectes nuisibles à l'agriculture, favorisant ainsi un modèle de gestion plus durable.

L’UE change de direction

Malheureusement, même si les données montrent des bénéfices concrets pour la faune, La Commission européenne évalue les autorisations illimitées pour les substances actives des pesticides, même pour celles déjà interdites pour des raisons environnementales ou sanitaires. Dans le passé, l’UE avait interdit certaines substances actives pour des raisons de sécurité sanitaire et environnementale.

La nouvelle proposition s'ouvre à plus de gestion flexible et illimité, à condition toutefois que tout des délais ne sont appliqués que si cela est nécessaire pour garantir des normes élevées de protection. Les États membres pourront sélectionner périodiquement les substances à soumettre à rénovation complète. Ce choix risque d’annuler les effets positifs de l’interdiction des néonicotinoïdes, en introduisant à l’avenir des produits chimiques qui pourraient à nouveau nuire aux oiseaux et aux écosystèmes agricoles.

Source : Pollution de l'environnement

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