C'est la meilleure entreprise bio d'Europe en 2024 (elle est italienne et produit des pâtes bio depuis plus de 50 ans)
La petite communauté agricole d'Isola del Piano, dans la région des Marches, a vu son engagement en faveur d'une production biologique durable récompensé par un prestigieux prix européen. La Coopérative Agricole Gino Girolomoni a obtenu le EU Organic Award dans la catégorie dédiée aux petites et moyennes entreprises de transformation alimentaire, se positionnant comme un exemple d'excellence italienne dans un panorama, celui du bio, qui continue de croître en Europe.
Le EU Organic Award, promu par la Commission européenne, le Comité économique et social européen (CESE), le Comité des régions, le COPA-COGECA et IFOAM Organics Europe, a été créé pour donner de la visibilité aux réalités agricoles européennes qui intègrent l'innovation et la durabilité dans production alimentaire. Le prix vise à encourager une agriculture à moindre impact, en soutenant les entreprises qui, comme Girolomoni, ont choisi le biologique comme philosophie de production.
Des racines profondes dans les terres de Montefeltro


La coopérative se développe dans une zone qui était autrefois sous la domination du duc d'Urbino, Federico da Montefeltro, un personnage que Gino Girolomoni admirait pour son intelligence et sa capacité à « faire d'un village de montagne une capitale du monde ». Cet environnement, bien que imperméable du point de vue de la production, est riche en valeurs environnementales, paysagères et culturelles.
Le monastère de Montebello, aujourd'hui symbole de la coopérative et également représenté dans son logo, est le cœur battant de l'activité. Gino Girolomoni observait les vestiges du monastère depuis son enfance, le considérant comme un lieu de renaissance pour le village d'Isola del Piano. Au XIVe siècle, le bienheureux Pietro Gambacorta fonda en ce lieu la Congrégation de San Girolamo, construisant un monastère qui devint le centre spirituel et culturel de la région.
Depuis les années 1970, la Coopérative Girolomoni est installée à l'intérieur du monastère, devenant ainsi une pionnière de l'agriculture biologique en Italie. Autour de ce symbole d'histoire et de culture se trouvent le moulin pour moudre le blé italien et l'usine de pâtes qui produit les pâtes biologiques de la coopérative, maintenant ainsi la chaîne d'approvisionnement courte et traçable.
Un modèle de chaîne d’approvisionnement locale : de la graine à l’assiette


La chaîne d'approvisionnement de Girolomoni, qui va « de la graine à l'assiette », est un exemple de durabilité. Le blé, cultivé dans la région des Marches, est transformé en semoule et transformé directement à Isola del Piano. Cette démarche réduit l'impact environnemental, valorise le travail des agriculteurs locaux et garantit un produit de qualité et traçable.
Outre la production, le Monastère accueille désormais des espaces dédiés à la culture et à la diffusion. Là Fondation Girolomoni promeut les activités culturelles et publie la revue « Mediterraneo Dossier » ; là Ferme pédagogique propose des parcours pédagogiques comme la visite du Musée de la civilisation rurale, tandis que le B&B Girolomoni avec ses salles et salles de réunion, il accueille des conférences, des retraites et des activités de formation en pleine nature. L'église restaurée du monastère et la future bibliothèque, qui contiendra les livres de Gino Girolomoni, continuent de donner vie à l'idée d'un lieu de croissance culturelle, où l'on pourra explorer des thèmes tels que l'écologie, la spiritualité et l'histoire.
Au cours des dernières décennies, l’entreprise a connu une croissance significative, tant en termes de production que d’exportation. Aujourd'hui, les pâtes Girolomoni sont distribuées dans plus de 30 pays, avec les principaux marchés en Europe, aux États-Unis, au Japon et en Australie. Cependant, ce succès ne s'est pas fait sans défis : le bio nécessite des investissements constants dans la recherche et les nouvelles technologies, mais aussi une sensibilité envers l'environnement et la communauté locale qui va au-delà du profit.
Les défis du bio


Le cas Girolomoni met en lumière les défis et les opportunités de l’agriculture biologique. La coopérative investit dans la sélection de variétés de blé résistantes au changement climatique et dans la digitalisation de la chaîne d'approvisionnement pour rendre la production encore plus transparente. Au fil des années, elle a adopté des solutions d'économie d'énergie, développé des emballages 100% papier et rénové son siège avec des matériaux éco-compatibles.
Cependant, le bio reste un secteur qui nécessite un soutien au niveau politique et réglementaire pour garantir la croissance d'entreprises engagées comme Girolomoni. Cette reconnaissance européenne peut être un signal positif et encourageant pour d'autres petites entreprises agricoles qui cherchent à suivre un modèle de production plus éthique et respectueux de l'environnement.
Un héritage tourné vers l'avenir
Plus de cinquante ans après sa fondation, la Coopérative Girolomoni s'engage à poursuivre la vision de Gino, en se concentrant sur des projets innovants qui allient tradition et durabilité.
Ce n'est que lorsque le bio deviendra une habitude que nous pourrons nous libérer des pesticides, non seulement dans les aliments, mais aussi dans la contamination de l'environnement, explique Giovanni Battista Girolomoni, actuel président de la coopérative.
Le EU Organic Award s'ajoute aux nombreuses reconnaissances obtenues par Girolomoni, qui représente aujourd'hui un modèle pour ceux qui considèrent le bio non seulement comme un choix commercial, mais aussi comme un engagement pour le bien-être de la terre et des communautés.
