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Grippe aviaire dans une grande ferme de Vénétie, un million de poules tuées : l'enquête choc de Food for Profit

Pour la quatrième fois en quatre ans, le même élevage intensif de la région véronaise est frappé par la grippe aviaire, on parle d'environ un million de poules tuées au gaz. Et ceux qui payent la facture, en plus des animaux, c'est nous, avec des centaines de milliers d'euros d'argent public.

Un million de poules tuées au gaz, des carcasses entassées dans des containers, des hangars transformés en cimetières pour animaux. Ce sont les images dévastatrices que Giulia Innocenzi et l'équipe de Food for Profit vous présentent aujourd'hui en avant-première, quelques jours après la diffusion d'une maxi-enquête sur la grippe aviaire qui sera diffusée dimanche 1er février sur Report, sur Rai3.

L'enquête documente ce qui se passe dans les élevages intensifs lorsqu'éclate la grippe aviaire, en se concentrant sur un cas emblématique : l'exploitation de l'entreprise Monaldi dans la province de Vérone, liée au géant des œufs Eurovo, qui est touchée par le virus pour la quatrième année consécutive.

Un système qui s'effondre

Les chiffres sont impressionnants : si l’on considère les cycles de production de 2021, 2023, 2025 et maintenant 2026, la grippe aviaire a touché cette structure à quatre reprises. Rien qu’en 2025, 800 000 poules ont été abattues. Cette année, il dépassera probablement le million.

Les images exclusives montrent ce qu'on appelle « l'abattage sanitaire », l'abattage total des animaux au moyen de gaz qui sature les hangars, puis les ouvriers chargeant des milliers de carcasses sur des brouettes et les entassant dans d'immenses conteneurs.

La question se pose spontanément : comment est-il possible que la même ferme soit frappée quatre fois de suite, malgré les mesures de biosécurité qui devraient protéger les animaux ?

La région de Vénétie possède la plus forte densité d'élevage intensif de poulets et de poules en Italie et vit depuis des années avec des épidémies récurrentes de grippe aviaire. En 2025, le virus a touché 699 exploitations agricoles en Europe, dont 64 en Italie.

Mais il y a un autre aspect, encore plus inquiétant, qui ressort de l'enquête de Giulia Innocenzi et qui concerne qui doit payer les factures pour tout cela. La réponse ? Les citoyens. Grâce à l'accès aux documents, l'équipe d'enquête a obtenu des documents révélant le montant des fonds publics destinés à gérer les urgences liées à la grippe aviaire.

Rien qu'en 2022, la Région Vénétie a fourni plus de 700 000 euros de remboursement aux agriculteurs pour les animaux abattus, plus de 200 000 euros à l'armée, appelée à intervenir en cas d'urgence et a conclu un accord-cadre préventif pour 4 ans d'une valeur totale estimée à plus de 115 millions d'euros avec des entreprises privées pour l'abattage, le transport et l'élimination des carcasses.

« Pourquoi devons-nous tous payer ?» rapporte la journaliste Giulia Innocenzi :

Si les éleveurs et le secteur de l’élevage n’ont pas à mettre la main à la pâte, même au moyen d’une assurance obligatoire pour faire face aux épidémies, seront-ils vraiment incités à maintenir au maximum les normes de biosécurité pour empêcher les virus de pénétrer dans les étables ?

Un système qui met la santé publique en danger

Les propos d'Innocezi touchent au cœur du problème : un modèle d'agriculture intensive soutenu par l'argent public et qui, selon l'enquête, « met la santé publique en danger et ne subsiste que grâce à des choix politiques qui ne favorisent pas le bien commun ».

La grippe aviaire n’est pas seulement une question de bien-être animal ou de coûts économiques, c’est une menace sanitaire qui se perpétue dans un système où la concentration de milliers d’animaux dans des espaces confinés crée les conditions idéales pour la propagation des virus.

L'enquête complète sera diffusée dimanche 1er février sur Reportage sur Rai3. En attendant, les images diffusées aujourd’hui nous montrent une réalité qui reste trop souvent cachée derrière les portes des hangars d’agriculture intensive.

Source : Giulia Innocenzi – Nourriture à but lucratif

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