Cinghiale fattoria

La douce amitié entre Babe, un sanglier orphelin, et une jument (qui le protège comme si elle était son poulain)

En Haute Loire, un jeune sanglier orphelin, rebaptisé Babe, a été adopté par une jument qui le protège comme s'il était son propre poulain

A quelques kilomètres du village de Couteaux, en Haute-Loire, la nature a écrit une histoire qui semble tout droit sortie d'un film. Et ce n'est pas un hasard s'ils l'ont appelé Babe, tout comme le célèbre cochon du grand écran. Mais ici, le protagoniste est un très jeune sanglier, apparu soudain entre les jambes d'imposantes juments comtoises. Dans une région où la présence d'ongulés est courante et où les parties de chasse font partie de l'actualité saisonnière, personne ne se serait attendu à une scène aussi tendre : un orphelin accueilli et protégé par une jument. Pourtant, c'est arrivé.

L'adoption qui a surpris tout un village

La première observation remonte à une matinée ordinaire. Le petit sanglier était là, parmi les juments, comme s'il avait toujours fait partie du troupeau. D'où il vient reste un mystère : peut-être que sa mère a été tuée, peut-être qu'il s'est perdu. Le fait est qu’il a choisi de rester et personne ne l’a repoussé.

C'est Naya, une puissante jument comtoise, qui l'a conquis. Son comportement ne laisse aucun doute : il le défend, l'appelle avec un hennissement, le lèche comme un poulain. Lorsque le sanglier s'approche, elle bouge avec précaution, en plaçant soigneusement ses sabots pour ne pas le blesser. Si quelqu’un tente de pénétrer dans l’enclos, la réponse est immédiate : l’instinct maternel prend le dessus. La scène se répète presque tous les jours, en pleine lumière, à quelques mètres des maisons. Un événement rare pour un animal nocturne et méfiant comme le sanglier.

Du pain séché et j'ai couru vers les bois

Le petit garçon a vite appris à partager les habitudes de la ferme. Quand arrivent les croûtons destinés aux chevaux, il en attrape un et s'enfuit d'un pas sautillant vers la colline herbeuse. Peu après, il disparaît à l'orée du bois, où il a probablement creusé son refuge. Depuis quelques jours, son apparence a changé : les légères stries de son pelage s'estompent, son museau se salit de saleté, signe qu'il commence à chercher de la nourriture de manière autonome. Cela grandit. Et avec la croissance viennent des questions.

Son histoire a touché les habitants, mais tout le monde ne la regarde pas avec le même enthousiasme. Une ordonnance préfectorale prévoit l'abattage des animaux dont le comportement est jugé « anormal ». Toutefois, l’éleveur qui héberge les chevaux s’oppose à toute hypothèse radicale. Pour lui le petit : suit les juments, n'abîme pas les champs.

L’inconnu du futur demeure. Peut-être que, lorsqu'il sera assez fort, le jeune sanglier quittera sa mère adoptive pour retourner définitivement dans les bois. Entre la prairie et l'écurie continue à vivre un conte de fées inattendu, où la frontière entre sauvage et domestique devient étonnamment mince.

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