Le gaspillage alimentaire diminue en Italie (et les baby-boomers donnent une leçon aux plus jeunes)

Le gaspillage alimentaire diminue en Italie (et les baby-boomers donnent une leçon aux plus jeunes)

Le rapport Waste Watcher 2026 révèle une baisse de 10,3 % du gaspillage alimentaire, mais la facture des ménages reste une hémorragie. Boomers déjà en ligne avec les objectifs ONU 2030, Gen Z reportée : désorganisation et surachats pèsent

Les chiffres indiquent que l’habitude de jeter de la nourriture recule lentement dans les foyers italiens. Selon les données du rapport « Case Italia 2026 », édité par l'Observatoire international Waste Watcher, chaque citoyen de la péninsule jette en moyenne 554 grammes de nourriture par semaine. Il s'agit d'une nette amélioration par rapport aux 617,9 grammes enregistrés en février 2025, soit une contraction de 10,3%.

Malgré les progrès statistiques, la dimension économique du phénomène reste impressionnante. La chaîne globale d'approvisionnement des déchets, qui comprend la production, la distribution et l'industrie, s'élève à près de 13,5 milliards d'euros. Parmi ceux-ci, la plus grande part – environ 7,3 milliards – se retrouve au sein des unités familiales. Même si la quantité quotidienne par habitant est tombée à 79 grammes, le volume total de nourriture finissant dans les décharges dépasse les 5 millions de tonnes.

La primauté des Boomers et l’angoisse de la génération Z

Le rapport met en évidence une division claire basée sur le registre. Les Boomers (nés entre 1946 et 1964) s'affirment comme les plus vertueux : avec 352 grammes de déchets hebdomadaires, ils ont déjà réussi l'examen de l'Agenda 2030 de l'ONU avec quatre ans d'avance. A l’opposé se trouve la génération Z (1997-2012), qui enregistre un gaspillage de 799 grammes par semaine, suivie par les Millennials avec 750 grammes.

Les raisons de cet écart ne résident pas tant dans le manque de sensibilité environnementale et économique que dans les compétences pratiques. Si 88 % des Italiens déclarent se consacrer quotidiennement à la préparation des repas, les plus jeunes souffrent d'une « fragilité organisationnelle ». 49 % des enfants de la génération Z admettent avoir oublié des aliments dans le réfrigérateur jusqu'à leur date de péremption, contre 21 % des baby-boomers. Même la capacité à réutiliser les restes est lente : seuls 49 % des très jeunes congèlent les restes du repas, une pratique qui est plutôt habituelle pour 64 % des générations plus âgées.

Andrea Segrè, directrice scientifique de l'Observatoire et fondatrice de la Fête nationale, a souligné que la solution ne réside pas dans le conflit, mais dans une nouvelle alliance : « Les baby-boomers sont aujourd'hui la locomotive de la prévention : ils ont intériorisé au fil du temps des compétences en matière de soins, de gestion alimentaire et de réutilisation. La génération Z possède un capital décisif : la maîtrise des outils numériques et la volonté de changement. Ce n'est qu'en encourageant cet échange que nous pourrons réellement réduire de moitié le gaspillage alimentaire d'ici quatre ans ».

La géographie des déchets

La carte des déchets reflète en partie les lacunes historiques du pays. Le gaspillage est moindre au Nord (516 grammes) et plus au Sud, où ce chiffre s'élève à 591,2 grammes (+7%), tandis que le Centre s'élève à 570,8 grammes. Un fait intéressant concerne la taille des centres de population : les communes comptant jusqu'à 30 000 habitants sont plus attentives que les grandes métropoles.

Dans la hiérarchie des produits les plus sacrifiés, se distinguent les fruits (22,2 g), les légumes (20,6 g) et le pain (19,6 g). Suivent les salades et les tubercules. Les principales raisons restent liées à une mauvaise gestion du ménage : un mauvais stockage représente 38%, des oublis pour 33% et des achats excessifs pour 28%. Ce dernier facteur est critique pour les jeunes (38%), poussés par un sentiment d'insécurité alimentaire qui a vu en 2026 une augmentation de l'indice spécifique, pour atteindre 14,36.

Le tournant culturel hors du foyer

Même si le chemin à parcourir au sein des foyers est encore long, les restaurants semblent être devenus des laboratoires de nouvelles habitudes. Grâce à la synergie avec Confcommercio et Fipe, le suivi met en évidence que 8 Italiens sur 10 ne gaspillent plus au restaurant : soit ils consomment tout, soit ils emportent les restes chez eux. Le « doggy bag » est devenu une habitude qui s'enracine, jour après jour, de plus en plus : 93 % des clients reçoivent le contenant du personnel de la salle à manger et n'ont plus honte de le demander. Signe que, au moins en dehors du foyer, la lutte contre le gaspillage est devenue une valeur sociale partagée.

Source : Zéro Déchet

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