Panda

Le Japon reste sans pandas pour la première fois depuis 50 ans : les deux derniers spécimens retournent en Chine (mais en captivité)

Les pandas Xiao Xiao et Lei Lei quittent Tokyo et retournent en Chine : leurs adieux au zoo d'Ueno ravivent le thème de la diplomatie du panda et de l'utilisation des pandas comme symboles des relations entre États

Aujourd'hui 27 janvier, les deux pandas géants Xiao Xiao et Lei Lei quitteront officiellement le zoo d'Ueno à Tokyo pour retourner en Chine. Dans les jours précédant le départ, des milliers de visiteurs se sont rassemblés dans le parc pour un dernier adieu, transformant l'événement en un petit rituel collectif. Le taux de participation a été si élevé qu'il a contraint le zoo à introduire des entrées limitées, des réservations obligatoires et de longues attentes, avec des files d'attente dépassant même trois heures.

Pour de nombreux Japonais, il ne s’agissait pas seulement de dire au revoir à deux animaux bien-aimés (qui vivaient malheureusement en captivité et ne reviendront pas libres), mais d’assister à la fin d’une époque : avec leur départ, le Japon se retrouve sans pandas pour la première fois depuis plus de cinquante ans.

Deux chiots nés au Japon mais « appartenant » à la Chine

Xiao Xiao et Lei Lei sont nés à Tokyo en 2021, mais comme tous les pandas géants à l'étranger, . La Chine considère le panda comme un symbole national et conserve la propriété de chaque spécimen, même lorsqu'il est né hors de ses frontières. Les animaux ne sont accordés que par le biais de contrats de prêt temporaires, qui prévoient leur retour dans leur pays d'origine après quelques années.

Les parents des deux oursons, Shin Shin et Ri Ri, étaient déjà rentrés en Chine en 2024, tout comme leur sœur aînée Xiang Xiang. Leur départ suit donc une logique déjà définie, mais prend un poids particulier dans le contexte politique actuel. L’affaire Ueno remet au centre la question de la diplomatie du panda, une stratégie utilisée par Pékin depuis des décennies.

Diplomatie des pandas

Les pandas ne sont jamais donnés, mais prêtés comme ambassadeurs de bonne volonté, dans le cadre d'accords mêlant diplomatie, coopération scientifique et protection de l'espèce. Accueillir un panda signifie entretenir des relations solides avec la Chine, tandis que le fait de ne pas accorder de prêt pourrait signaler un refroidissement des relations.

Sans surprise, le départ des derniers pandas du Japon intervient dans un contexte de tensions diplomatiques entre Tokyo et Pékin. Des situations similaires se sont déjà produites par le passé dans d’autres villes japonaises, où le retour des animaux a eu un impact direct sur le tourisme local.

Le Japon n'est pas le seul pays impliqué dans ces échanges. Aujourd’hui, les pandas géants chinois sont présents dans plusieurs zoos à travers le monde, notamment en Europe et en Asie. De l’Allemagne à l’Espagne, de la Belgique à l’Autriche, jusqu’à Singapour et la Russie, leur présence représente des relations bilatérales toujours actives avec Pékin. Tous les animaux qui, malheureusement, au lieu de vivre en liberté dans leur habitat, sont contraints à la captivité dans des zoos traités, comme nous venons de le voir, comme s'il s'agissait d'attractions touristiques.

Source : Zoo d'Ueno

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