225 statuette scoperte a Tanis

Le mystère du pharaon sans nom qui a duré 80 ans a été résolu grâce à 225 figurines qui changent l'histoire de l'Egypte ancienne

Le nom du pharaon oublié refait surface à Tanis : 225 statuettes parfaites révèlent Sheshonq III et ouvrent de nouvelles questions archéologiques

Source : https://siviaggia.it/notizie/scoperta-statuette-faraone-tanis-egitto/564144/

Au cœur du delta du Nil, Tanis revient sur le devant de la scène. Cette fois, non pas pour ses fameux trésors découverts dans les années 40, mais pour quelque chose que les archéologues n'ont pas hésité à définir. « la découverte la plus importante depuis 1946 ». C'est une de ces nouvelles qui vous obligent à vous arrêter, à respirer et à vous demander combien de secrets l'Égypte ancienne recèle encore.

Une mission franco-égyptienne dirigée par le professeur Frédéric Payraudeau de l'Université de la Sorbonne a mis au jour 225 figurines funéraires ushabti parfaitement conservées, cachées depuis des millénaires dans la chambre nord du tombeau d'Osorkon II. Ce sont précisément ces statuettes, toutes portant le même nom, qui ont permis de résoudre une énigme restée suspendue pendant des décennies : l'identité du pharaon enterré à côté d'un sarcophage anonyme.

Il s'appelait Sheshonq III, l'un des dirigeants les plus anciens et les plus influents de la 22e dynastie. Un roi resté dans l’ombre, qui réapparaît aujourd’hui avec la force d’un chœur qui répète 225 fois le même nom.

Parce que les 225 statuettes changent véritablement l'histoire de cette cité antique

Les statuettes étaient toujours disposées dans leur position d'origine, protégées par des couches de limon qui semblaient vouloir les garder comme un message laissé en suspens. Au centre de la scène, un sarcophage en granit sans inscriptions, retrouvé il y a des années et resté « silencieux » jusqu'à aujourd'hui. C'est la comparaison entre l'ushabti et ce sarcophage qui a allumé l'ampoule : le propriétaire du tombeau mystérieux était Sheshonq III.

Mais cette révélation ouvre également de nouvelles questions et de nouveaux scénarios possibles. La première : Sheshonq III a bien été enterré dans le tombeau d'Osorkon II, réutilisant des espaces royaux qui n'étaient plus « respectés » selon les schémas classiques des grandes dynasties égyptiennes. La seconde : ses statues et son sarcophage y furent déplacés plus tard, peut-être pour les cacher aux pilleurs de tombes.

En fait, les chercheurs soulignent à quel point cette période historique – la Troisième Période Intermédiaire – est l’une des plus complexes et fragmentées. Les tombes étaient recyclées, les objets déplacés, les rituels changeaient de forme tout en conservant une apparence de continuité. Tanis, une fois de plus, se révèle être un petit monde où l’Égypte n’a cessé de se réinventer.

Le projet actuel n'est pas seulement une découverte : c'est un travail long et patient, qui vise également à protéger un site fragile. Les archéologues agissent sur différents fronts : réduction de la salinité qui corrode les pierres, revêtements protecteurs, analyse épigraphique des inscriptions nouvellement émergées, étude technique des ushabti pour déterminer s'ils ont été créés en bloc ou en plusieurs phases.

Et tandis que les experts scrutent chaque détail, Tanis s'apprête à raconter de nouveaux chapitres. Car, malgré les années, ce site semble encore être un puits très profond d'histoires suspendues.

Source : Ministère du Tourisme et des Antiquités

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