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Les 10 personnes qui ont façonné la science en 2025, la liste Nature (où il n'y a pas d'italien)

Entre crises politiques, découvertes surprenantes et choix courageux, dix histoires sélectionnées par Nature racontent comment la science a résisté et a continué à avoir un impact en 2025

2025 n’a pas été une année favorable à la science. Dans de nombreux pays, notamment aux États-Unis, la recherche évolue dans un climat complexe, fait de coupes dans les financements publics, de pressions politiques sur les universités et de mobilité internationale de plus en plus difficile. Un contexte qui a mis en difficulté les chercheurs et les instituts au moment même où les crises environnementale, sanitaire et technologique appelaient des réponses rapides et solides.

Pourtant, même dans ce scénario fragile, la science n’a pas cessé de produire des connaissances. Les dix histoires sélectionnées chaque année par le magazine le racontent Natureune sorte de photographie du présent qui dépasse les chiffres et les publications. Pas une course, mais un groupe de personnes et de choix qui nous aident à comprendre où va la recherche et pourquoi elle nous concerne tous.

Une année qui a clairement montré à quel point la science est vulnérable à la politique

En 2025, la frontière entre les décisions politiques et la méthode scientifique semblait plus fine que d’habitude. Aux États-Unis, la réduction du financement fédéral et l’ingérence dans les agences publiques ont eu des effets immédiats. L'histoire de Susan Monarez, démise de la direction des Centers for Disease Control and Prevention après quelques mois, est devenue emblématique. Son refus d’approuver les recommandations vaccinales sans une analyse complète des données a montré à quel point il est facile de remettre en question l’autonomie de la science lorsqu’elle devient gênante.

Il ne s’agit pas d’un cas isolé, mais d’un signal plus large. Lorsque les preuves scientifiques sont traitées comme une opinion parmi tant d’autres, la confiance collective dans la recherche risque de s’affaiblir, avec des conséquences qui se répercutent sur la vie quotidienne des gens.

La coopération internationale comme réponse concrète aux crises mondiales

Dans un monde traversé par des conflits et des tensions géopolitiques, 2025 a aussi montré une autre facette de la science. Le premier traité mondial sur la pandémie, conçu pour améliorer la prévention et la réponse aux futures urgences sanitaires, a été approuvé en avril. Ce n’est pas un accord parfait et tous les pays n’y ont pas participé, mais cela reste une étape importante.

Precious Matsoso, ancien directeur sud-africain de la santé, a dirigé un processus long et ardu. Son histoire raconte que, même dans un contexte fragmenté, une coopération fondée sur des données probantes peut toujours fonctionner, si elle est soutenue par la compétence et la détermination.

Des scientifiques qui changent notre regard sur la planète

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De nombreuses histoires et surtout des scientifiques choisis par Nature en 2025, ils parlent de découvertes qui repoussent les limites de ce que nous pensions savoir. La géoscientifique Mengran Du et son équipe ont identifié l'écosystème le plus profond jamais observé, capable d'héberger des formes de vie animale. Elle est située dans une fosse océanique au nord-est du Japon, où la vie ne dépend pas de la lumière du soleil, mais de réactions chimiques liées au méthane qui s'infiltre des fonds marins.

C’est une découverte qui n’a pas de conséquences immédiates, mais qui rappelle une vérité souvent méconnue : la planète que nous habitons est encore largement méconnue et mieux la comprendre est une condition nécessaire pour véritablement la protéger.

De l'intelligence artificielle à la santé publique

2025 a également été l’année où l’intelligence artificielle a continué d’évoluer à un rythme rapide. Parmi les histoires sélectionnées se trouve celle de Liang Wenfeng, liée au développement de DeepSeek-R1, un modèle d'IA capable de rivaliser avec les systèmes les plus avancés, mais avec des coûts inférieurs et une approche plus ouverte. Un signal que l’avenir de l’IA n’est pas écrit uniquement par les grandes entreprises occidentales.

D'autres histoires parlent d'un impact direct sur la santé et l'environnement. Au Brésil, l'entomologiste Luciano Moreira a contribué à populariser une stratégie utilisant la bactérie Wolbachia pour réduire la capacité des moustiques Aedes aegypti transmettre des virus comme la dengue. En Israël, la biologiste Yifat Merbl a montré que le protéasome, structure cellulaire connue de longue date, joue également un rôle clé dans les défenses immunitaires, ouvrant de nouvelles perspectives dans la lutte contre les infections.

2025 a aussi été l'année d'Achal Agrawal, un chercheur qui a mis en lumière le nombre élevé d'articles scientifiques retirés par certaines universités indiennes. Un métier inconfortable, qui avait un prix personnel, mais qui remettait au centre un principe souvent oublié : la crédibilité de la science dépend aussi de la capacité à corriger ses propres erreurs.

Parmi les histoires sélectionnées par Nature il y a aussi celle de Tony Tyson, le physicien qui avait une vision claire alors qu'elle semblait encore inaccessible. Il est le principal architecte du nouvel observatoire Vera Rubin, un instrument destiné à changer la façon dont nous observons l'Univers.

En 2025, le télescope est devenu réalité, ouvrant de nouvelles possibilités pour l’étude de la matière noire et de l’évolution cosmique. Un rappel silencieux : la recherche fondamentale, même lorsqu’elle semble éloignée du quotidien, construit l’avenir pièce par pièce.

2025 a également été une année cruciale pour la recherche sur la maladie de Huntington, une maladie neurodégénérative dévastatrice. La neurologue Sarah Tabrizi dirige certains des essais cliniques les plus avancés pour trouver une thérapie efficace.

Son travail ne promet pas de miracles immédiats, mais il représente l'un des espoirs les plus concrets pour des milliers de familles, démontrant à quel point la persévérance dans la recherche clinique est fondamentale, même lorsque les résultats prennent du temps.

Dans le domaine de la biologie, Yifat Merbl a découvert que le protéasome, structure cellulaire longtemps considérée comme un simple système « d'élimination », joue en réalité un rôle actif dans les défenses immunitaires. Une découverte qui change notre regard sur le fonctionnement le plus intime des cellules.

Idéalement, pour clôturer la liste, il y a une histoire qui a fait le tour du monde. KJ Muldoon a reçu la première thérapie d'édition génique CRISPR hyper-personnalisée à seulement six mois. Un traitement unique, adapté à votre patrimoine génétique.

Le sourire de cet enfant est devenu le symbole d'une médecine non plus seulement expérimentale, mais profondément humaine, capable de s'adapter à chaque personne. Ce n’est pas encore une solution pour tout le monde, mais cela indique une direction claire.

Dix histoires qui expliquent pourquoi la science doit être soutenue et non entravée

Prises ensemble, les dix histoires du classement de Nature ils racontent une chose très simple. La science fonctionne lorsqu’elle est libre de circuler, de collaborer et de partager ses connaissances. Cela fonctionne lorsque les gens peuvent étudier et travailler au-delà des frontières, sans que la politique ne devienne un obstacle constant.

2025 n’était pas une année à idéaliser. Mais cette année a clairement montré ce que nous risquons de perdre lorsque la recherche est mise sous pression. Et c’est précisément pour cette raison qu’elle mérite encore d’être défendue.

Source : Nature

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