Parce que notre survie dépend des zones humides (mais près de la moitié des zones humides italiennes sont en danger)
Cinquante ans après Ramsar, la péninsule compte 63 sites protégés. Legambiente et WWF : nous avons besoin de plus de protection et de moins de bureaucratie
Cinquante ans après la ratification italienne, 63 sites reconnus, 81 091 hectares protégés. Sur le papier, les zones humides italiennes peuvent se targuer d'une place honorable : quatrièmes en Europe pour le nombre de zones Ramsar, à égalité avec la Norvège. Pourtant, derrière les chiffres célébrant l'anniversaire de la ratification de la Convention internationale de Ramsar – c'était en 1976 – se cache une réalité plus complexe, faite de retards bureaucratiques, de perte d'habitats et de déclin d'espèces.
Les associations environnementales le répètent depuis quelques temps : ces écosystèmes, parmi les plus riches en biodiversité de la planète, méritent une attention bien différente. Non seulement parce qu’ils abritent 40 % des espèces végétales et animales de la planète, mais aussi parce qu’ils sont des alliés concrets contre la crise climatique. Ils stockent le carbone, régulent les débits d’eau, protègent contre les inondations. Pourtant, environ 75 % des zones humides historiques d'Italie ont disparu et 40 % des habitats d'eau douce et d'eau saumâtre sont dans des conditions inadéquates.
La carte des zones humides italiennes
Quinze régions italiennes hébergent des sites Ramsar. La Toscane arrive en tête avec 11 zones reconnues, suivie de l'Émilie-Romagne avec 10 et de la Sardaigne avec 9. Viennent ensuite le Latium et la Lombardie (6 chacune), la Vénétie (4), jusqu'aux différentes zones du Trentin-Haut-Adige, de l'Ombrie, des Abruzzes et de la Calabre. Nous parlons de lacs, de marécages, de tourbières, de lagunes : des écosystèmes allant de la lagune d'Orbetello au lac de Barrea, des vallées résiduelles de Comacchio à l'étang de Molentargius à Cagliari.
Trois nouveaux sites siciliens viendront prochainement s'y ajouter, portant le total à 66. Seuls le Royaume-Uni (176 sites), l'Espagne (76) et la Suède (68) devancent l'Italie dans le classement européen. Un résultat que Legambiente évalue positivement dans son dixième rapport « Écosystèmes aquatiques 2026 », mais avec de lourdes réserves. « La Convention de Ramsar a été une référence importante », explique Giorgio Zampetti, directeur général de l'association, « mais des actions plus efficaces sont nécessaires pour protéger les écosystèmes qui sont fondamentaux pour l'adaptation au changement climatique ».
Le problème est double : d'une part, environ 6 % des zones humides étudiées par l'ISPRA ne font pas partie des zones protégées ou des sites Natura 2000, restant exposées à des risques immédiats. De l'autre, la bureaucratie italienne transforme la reconnaissance en une odyssée : 14 ans en moyenne s'écoulent entre la désignation et la publication sur le portail Ramsar. Une lenteur qui frustre les efforts et les bonnes intentions.
Alerte du WWF : espèces en déclin
Le WWF ajoute des données encore plus inquiétantes. 53 % des espèces terrestres et des eaux intérieures protégées par la directive Habitats se trouvent dans un état défavorable. Les amphibiens sont menacés dans 38 % des cas, les poissons d'eau douce dans 48 %, plus de 20 % des oiseaux nichant dans les zones humides sont en danger. À cela s’ajoutent des menaces telles que la pollution généralisée, les espèces exotiques envahissantes et l’empoisonnement par les munitions au plomb, un problème pour lequel l’Italie n’a pas encore adopté de mesures adéquates malgré la réglementation européenne.
« Il faut passer du seul objectif de protection à une restauration active », souligne le WWF, qui a bâti son histoire sur la défense des zones humides. La première oasis italienne, le lac de Burano en Toscane, est née en 1966 pour protéger une zone menacée. Aujourd’hui, le WWF gère plus de 100 Oasis, dont 11 sites Ramsar, et se relance : la Loi européenne sur la restauration de la nature peut représenter le changement de paradigme nécessaire.
Des propositions au-delà de la rhétorique
Legambiente articule sept propositions au gouvernement : davantage d'aires protégées, intégration réglementaire, réduction de la pollution, lutte contre la dégradation, planification à plusieurs niveaux, plans intégrés d'atténuation du climat, promotion de la participation. Des demandes accompagnées d'exemples vertueux déjà actifs : du centre de référence pour la biodiversité aquatique du Piémont à l'opération Safe Lakes de la Garde côtière, en passant par le projet Re Lake.
Cette année, le slogan de la Journée mondiale – « Zones humides et saveurs traditionnelles. Célébrer le patrimoine culturel » – nous rappelle que ces écosystèmes entremêlent valeurs écologiques, traditions locales, archéologie et spiritualité. Une approche à plusieurs niveaux prenant en compte les processus écologiques et les pratiques sociales devient nécessaire, d'autant plus que 22 % de l'ensemble des zones humides mondiales, soit plus de 400 millions d'hectares, ont été perdues.
Durant les week-ends du 30 janvier au 1er février et du 6 au 8 février, une soixantaine d'événements dans 16 régions impliqueront les citoyens et les administrations locales. Visites guidées, observation des oiseaux, promenades entre tourbières et lacs : des initiatives de sensibilisation aux écosystèmes qui représentent, comme le souligne Stefano Raimondi de Legambiente, « un défi crucial qui nécessite des actions à long terme et une large sensibilisation ».
