Revirement sensationnel dans l’élevage du saumon en Argentine : les élevages menacent à nouveau la Terre de Feu
L'Argentine fait marche arrière en matière de protection de l'environnement en modifiant la loi qui interdisait l'élevage du saumon en Terre de Feu. La nouvelle législation permettrait l'introduction du saumon dans les rivières et les lacs, à l'exclusion du canal Beagle.
C'est en 2021 qu'une loi historique a été adoptée en Argentine interdisant l'élevage du saumon, le considérant comme une menace pour la durabilité environnementale. Aujourd'hui, cependant, il semble que nous soyons sur le point de faire un pas en arrière sensationnel : le Parlement de Terre de Feu est en effet en train d'initier des modifications à cette loi, autorisant l'introduction du saumon dans les rivières et les lacs de la province.
La loi sur la Terre de Feu a effectivement interdit l'installation de tout type d'élevage et de production de saumon dans les eaux marines et les lacs de la Terre de Feu. Désormais, selon Greenpeace Argentine, la nouvelle réglementation permettra l'introduction de salmonidés dans les rivières et les lacs de la province, à l'exception du canal Beagle, ce qui représente un risque important de pollution pour les écosystèmes marins.
Loi historique en Argentine : l'élevage du saumon interdit. C'est le premier pays au monde
Ce qui créait autrefois un précédent historique en matière de questions environnementales pour l’Argentine ouvre aujourd’hui un nouveau chapitre de régression environnementale – affirment Greenpeace. Il a été démontré que dans les zones où les salmonidés ne sont pas indigènes et où existent des écosystèmes de grande valeur et fragiles, comme la mer d'Argentine, il existe de graves impacts environnementaux qui ne sont pas impossibles à éviter.
Selon l'organisation, en bref, les preuves scientifiques sont claires : dans les territoires où les salmonidés ne sont pas des espèces indigènes, et dans les écosystèmes fragiles et de grande valeur comme ceux de la mer d'Argentine, les impacts environnementaux sont graves et souvent impossibles à atténuer.
L'élevage du saumon, prévient Greenpeace, présente un risque réel de contamination des écosystèmes marins et côtiers de la région, avec des conséquences à long terme.
Les dégâts des élevages de saumons
De nos jours, nous évoquons quotidiennement ce qu'implique réellement l'élevage intensif de saumon.
Parmi les impacts les plus graves :
- pollution de l'eau due aux aliments pour animaux, aux antibiotiques et aux déchets organiques
- proliférations d’algues nuisibles, comme ce qu’on appelle la « marée rouge »
- introduction d’espèces exotiques envahissantes, avec perte de biodiversité et de faune indigène
- dommages aux écosystèmes extrêmement sensibles, tels que les herbiers marins et les baies soumises à de fortes marées
- répercussions négatives sur la pêche artisanale et le tourisme de nature
Beaucoup de ces effets, soulignent les environnementalistes, mettent des décennies à être réparés, alors qu’ils ne sont pas complètement irréversibles.
Les préoccupations de Greenpeace rejoignent celles du Forum pour la conservation de la mer et des zones d'influence de Patagonie, un réseau qui rassemble plus de 30 organisations environnementales de la région. Le Forum dénonce également le changement de loi comme une nette régression.
Selon la Fondation pour l'environnement et les ressources naturelles (FARN), la révision de la législation viole le principe de non-régression environnementale, pierre angulaire du droit moderne de l'environnement. De plus, la décision serait également incompatible avec l'accord d'Escazú, qui impose des normes contraignantes en matière d'accès à l'information, de participation du public et de processus décisionnels environnementaux.
Pour toutes ces raisons, les organisations environnementales demandent aux autorités locales de s'arrêter et d'écouter la voix des citoyens, de la communauté scientifique et de la nature elle-même, pour un objectif très clair : éviter les projets qui entrent en conflit avec l'économie locale, la culture et l'identité de la Terre de Feu, et qui risquent de compromettre définitivement l'un des écosystèmes les plus vierges et les plus précieux de la planète.
Un choix qui ne concerne pas seulement l’Argentine, mais tous ceux qui estiment que la protection de l’environnement ne peut être sacrifiée au nom d’un modèle industriel qui s’est déjà largement révélé non durable.
