Macari

« Sauvons Macari, ne le transformons pas en parc d'attractions » : la pétition démarre pour protéger la côte sicilienne du tourisme sauvage

Macari, plus de 7 mille signatures contre le projet controversé de réaménagement du littoral : citoyens et associations demandent à la Région Sicile d'arrêter la construction de parkings et de services touristiques

Il existe une partie de la côte, entre la Réserve du Zingaro et le Mont Cofano, où la campagne rencontre la mer sans interruption et où le paysage conserve une harmonie de plus en plus rare. C'est la côte de Macari-Castelluzzo, sur le territoire de San Vito Lo Capo, qui est également devenue célèbre grâce à la série télévisée Makari. Mais aujourd’hui, cette baie, considérée comme un symbole de la Sicile occidentale, est au centre d’un conflit houleux.

La Commune a en effet présenté un projet de réaménagement touristique qui a déjà obtenu un premier feu vert de la Commission technico-spécialisée de la Direction Régionale du Territoire et de l'Environnement. Une démarche qui a suscité la mobilisation des citoyens et des associations, convaincus que l'intervention peut modifier profondément une zone soumise à des contraintes environnementales, incluse dans le réseau Natura 2000 et protégée par le plan territorial « Montagnes de Trapani » pour ses habitats côtiers, l'avifaune et notamment le récif de vermeti, considéré comme l'équivalent méditerranéen des récifs coralliens.

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Parking, navettes et installations saisonnières

Le plan municipal comprend deux grands parkings de 20 mille et 25 mille mètres carrés, un système de navettes GPL ou diesel toutes les cinq minutes, des délimitations temporaires du tronçon côtier avec accès contrôlé, des tours de guet, des scènes, des stands, un théâtre métallique amovible et des toilettes chimiques. À cela s'ajoutent la location de transats et de parasols répartis dans de multiples points, des activités nautiques, des espaces de jeux et de remise en forme, des distributeurs automatiques, des kiosques et des véhicules de vente ambulants.

Les structures seraient opérationnelles de mi-avril à mi-octobre, même si le pic de fréquentation se concentre sur les mois centraux de l'été. Selon les promoteurs de la pétition, tout cela introduirait une pression anthropique importante, avec une augmentation des déchets, du bruit, de la consommation d'énergie et du trafic, ainsi que de possibles répercussions sur les habitats fragiles, la végétation endémique et la faune marine.

Le comité « Save Macari » est né

De la protestation est né le comité « Save Macari », dont la pétition, qui peut être signée sur ce lien dans quelques jours, a dépassé les 7 mille signatures en ligne. Parmi les abonnés figurent des noms du monde du divertissement comme Emma Dante, Beppe Fiorello et Donatella Finocchiaro, ainsi que des universitaires et des chercheurs. L'objectif déclaré est de demander à la Région Sicile une nouvelle évaluation d'impact environnemental plus approfondie et de mettre fin à ce qui est défini comme un modèle de développement trop proche du tourisme de masse.

Les promoteurs contestent notamment la transformation temporaire du littoral en une zone dotée d'un accès réglementé et de services commerciaux étendus, estimant que la baie n'a pas besoin d'infrastructures invasives pour en profiter. Ils soulignent également la fragilité des criques rocheuses, déjà affectées par des phénomènes d'érosion, et la fragilité de la falaise vermeti.

La réponse de la municipalité

Le maire de San Vito Lo Capo, Francesco La Sala, rejette les accusations de surconstruction et de spéculation. L'administration affirme que l'objectif est de garantir une utilisation ordonnée et durable, en offrant des services essentiels et en régulant des flux touristiques désormais importants. Parmi les hypothèses illustrées, il existe également des systèmes de transports à faible impact permettant de réduire le trafic privé.

Mais face à un écosystème aussi délicat, la prudence n’est pas un détail : c’est un devoir. Macari n'est pas un espace vide à remplir de services, mais un paysage intact, reconnu et protégé précisément pour son caractère exceptionnel. C’est pourquoi, face à un projet qui risque de transformer un équilibre millénaire en un modèle d’exploitation saisonnière, le choix est clair. Défendre Macari, c'est défendre une idée différente du tourisme, respectueuse de la nature et d'un territoire que le monde entier nous envie et qui ne peut être compromis pour un vulgaire intérêt économique.

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