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Un seul très riche produit plus d’émissions de CO2 que celles générées en un an par les 50 % les plus pauvres.

Les super-riches détruisent la planète, et les chiffres le confirment : en un seul jour, une personne appartenant aux 0,1 % les plus riches produit plus de CO₂ que les 50 % les plus pauvres du monde n’en génèrent en une année entière. Les émissions liées aux investissements de seulement 308 milliardaires dépassent celles de 118 pays, selon un nouveau rapport d'Oxfam

Maîtres du monde super riches ? Bien sûr, si les données sont toujours les mêmes : en une seule journée, une personne appartenant aux 0,1 % les plus riches de la planète produit plus d'émissions de CO2 que celles générées en un an par les 50 % les plus pauvres de la population mondiale.

La cause se trouve dans le niveau de vie et dans les investissements dans des activités polluantes, c'est pourquoi il s'agit d'une tendance qui pourrait bientôt nous conduire à l'épuisement du « budget carbone », c'est-à-dire la quantité maximale d'émissions globales de CO2 dans l'atmosphère, nécessaire pour contenir l'augmentation des températures à moins de 1,5°C par rapport à l'ère préindustrielle.

Les super riches ont déjà consommé tout le CO2 qu'ils méritent au cours des 10 premiers jours de 2025

Ce sont les données qui ressortent du nouveau rapport d'Oxfam en vue de la COP30 sur le climat qui se tiendra le 10 novembre à Belém, au Brésil.

Le rapport d'Oxfam

Selon les données d'Oxfam, en moyenne, un milliardaire, à travers ses investissements, est responsable de l'émission de 1,9 million de tonnes de CO2 par an. Par ailleurs, près de 60 % des investissements des milliardaires mondiaux sont réalisés dans des secteurs qui ont un impact dévastateur sur le climat, comme le pétrole ou les mines. Les émissions provenant des investissements de seulement 308 milliardaires dépassent celles de 118 pays au total.

Cette véritable caste exerce une forte influence sur les négociations internationales sur le climat, entravant souvent les politiques de transition écologique. Lors de la COP29 à Bakou, par exemple, 1 773 lobbyistes des industries du charbon, du pétrole et du gaz ont été accrédités, soit plus que les délégués des 10 pays les plus touchés au monde par la crise climatique.

À l’heure actuelle, les politiques climatiques sont de plus en plus conditionnées par la protection des intérêts privés et par une économie tournée vers le passé, basée sur l’extractivisme fossile, au détriment du bien commun – explique le porte-parole d’Oxfam, Francesco Petrelli. Les entreprises polluantes et les super-riches qui les contrôlent mènent depuis longtemps des campagnes de désinformation sur la crise climatique et des poursuites judiciaires contre les ONG et les gouvernements qui tentent de s’y opposer. Pour limiter ce pouvoir de conditionnement des politiques climatiques, une action décisive est nécessaire lors de la COP30, qui conduirait à taxer davantage les grands pollueurs, à interdire les activités de lobbying en faveur des combustibles fossiles, à donner une voix et un espace dans le processus décisionnel aux pays les plus touchés par la crise climatique, bien qu'ils en soient les moins responsables.

Quelques données suffisent à illustrer la dérive que nous suivons : d’ici la fin du siècle, les émissions provoquées à elles seules par les 1 % les plus riches de la planète pourraient causer 1,3 million de victimes en raison de la hausse des températures et également des dommages économiques de plus de 44 000 milliards de dollars dans les pays à revenu faible et intermédiaire d’ici 2050.

La campagne «La justice climatique est une justice de genre»

L'impact de la crise climatique a également été de plus en plus fort sur les femmes ces dernières années : 4 migrants climatiques sur 5 sont des femmes, qui sont en moyenne 14 fois plus susceptibles d'être victimes de catastrophes naturelles que les hommes. C'est pour cette raison qu'Oxfam, à l'occasion de la COP30, a lancé la campagne de sensibilisation et d'activisme « La justice climatique est une justice de genre« .

Promue dans le cadre du projet européen ECOALITY, dirigé par la région Toscane et financé par le programme DEAR de l'Union européenne, la campagne s'inspire d'une vision écoféministe et intersectionnelle, qui se concentre sur le lien entre justice environnementale et égalité sociale. L’approche intersectionnelle reconnaît que les inégalités n’agissent pas séparément, mais se chevauchent : le sexe, la classe sociale, l’origine géographique et l’origine ethnique influencent différemment la vulnérabilité face à la crise climatique.
Une femme rurale du Sud, par exemple, est exposée à des risques environnementaux et sociaux bien plus graves qu’un homme vivant dans un contexte urbain européen.

C’est pourquoi des politiques climatiques véritablement efficaces doivent naître de la reconnaissance et de la valorisation de ces différences.

Source : Oxfam

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