10 victoires pour la planète qui ont rendu notre 2025 meilleure
Du tournant mondial des énergies renouvelables à la restauration chirurgicale des coraux et à l’engagement sans carbone du Vatican. Voici 10 progrès environnementaux réalisés en 2025 que nous souhaitons partager avec vous
L’année 2025 a également été marquée par les effets de la crise climatique. Nous le savons, nous en parlons depuis des mois et nous continuerons à le faire. Mais il y a un autre côté de la médaille qui mérite d’être évoqué : les histoires dans lesquelles quelque chose a fonctionné. Dans les laboratoires, sur les côtes, dans les usines de panneaux solaires, quelqu'un a obtenu des résultats mesurables. Nous voulons nous souvenir d’eux car ils démontrent que l’action, guidée par la science et soutenue par la persévérance, produit des effets concrets.
Les sauvetages et lâchers d'animaux les plus excitants de 2025 : ces histoires vous réchaufferont le cœur
1 – Dépasser les énergies renouvelables
Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité industrielle, les énergies renouvelables ont évincé le charbon du trône de la production mondiale d’électricité. Un dépassement net et irréversible, qui marque la fin d’une époque.
La Chine a fait la différence. En mai, elle a dépassé le térawatt de capacité solaire installée. Au cours des six premiers mois de 2025, Pékin a ajouté 256 gigawatts de nouvelles centrales solaires : le double du reste de la planète réunie. Les projections parlent de 4 600 GW de nouvelle capacité renouvelable entre 2025 et 2030, soit le double de la période quinquennale précédente.
2 – Une tortue hors zone rouge
Chelonia mydas a quitté la zone rouge. La tortue verte, après des décennies passées dans la catégorie « en danger » de la Liste rouge de l'UICN, est passée au rang de « moins préoccupante ». La population mondiale a augmenté de 28 % depuis les années 1970. Les chiffres proviennent de l’île de l’Ascension, du Brésil, du Mexique et d’Hawaï. Dans certaines zones, les populations se rétablissent à des niveaux proches de ceux d'avant l'exploitation commerciale grâce à la protection des sites de nidification et à la réduction des captures accidentelles dans les filets. Le Groupe de spécialistes des tortues marines de l’UICN a qualifié ce résultat d’« étonnant ».
3 – L’océan obtient son traité
En septembre, plus de 60 pays ont ratifié le Traité des Nations Unies sur la haute mer. Elle entrera en vigueur en janvier et réglementera pour la première fois la protection de la biodiversité dans les eaux internationales, ces 64 % de l'océan qui jusqu'à présent étaient le no man's land, ou plutôt la mer de tous sans que personne ne s'en occupe.
L'objectif est de protéger au moins 30 % des zones marines et terrestres de la planète. La convergence politique sur cette question, à une époque de profondes fractures géopolitiques, est peut-être la nouvelle la plus surprenante.
4 – Le trou dans la couche d’ozone se répare
Le trou dans la couche d’ozone de l’Antarctique a atteint sa plus petite taille depuis 2019. Le Protocole de Montréal de 1987, qui a interdit les chlorofluorocarbures, continue de produire des résultats quatre décennies plus tard. C’est la preuve que les accords internationaux peuvent fonctionner, s’ils sont contraignants et s’ils sont fondés sur la science.
Les projections prévoient une reprise complète d’ici la fin des années 2060.
5 – L’Europe dépasse (ses) attentes
La Commission européenne a admis que l'Union était « en bonne voie » pour dépasser ses objectifs climatiques pour 2030. Les évaluations actualisées des plans nationaux climat et énergie indiquent une réduction des émissions de 54 % d'ici 2030, soit un objectif proche de l'objectif contraignant de 55 %.
Près de la moitié de la demande d'électricité de l'UE aux deuxième et troisième trimestres a été satisfaite par des énergies renouvelables. La transition s’accélère plus vite que prévu, et Bruxelles se retrouve dans la position inhabituelle de devoir revoir ses ambitions à la hausse. Cela n'arrive pas souvent.
6 – Le retour des espèces perdues
Le gypaète barbu, l'un des rapaces les plus rares d'Europe, est de retour en Bulgarie après un demi-siècle d'absence. Il s’agit d’un élément crucial pour reconnecter les populations fragmentées de l’espèce en Europe.
En Afrique du Sud, des chercheurs ont découvert un gecko que l'on croyait éteint depuis plus de trente ans. En Australie, l’ampurta – un marsupial qui semblait voué à disparaître – est passée de « quasi éteinte » à « peu préoccupante », son territoire s’étendant de plus de 48 000 kilomètres carrés entre 2015 et 2021.
Ce ne sont des histoires mineures qu’en apparence. Chaque espèce qui revient est un réseau alimentaire qui se reconnecte, un écosystème qui retrouve de la complexité.
7 – San Pietro réinitialise le compte avec le climat
La Basilique Saint-Pierre devient un laboratoire d'écologie appliquée. L’objectif est ambitieux : zéro impact d’ici 2026, coïncidant avec un anniversaire important de la consécration. Cela signifie réduire de 43 % la consommation d’énergie et de plus de 60 % des émissions.
Les solutions sont des pompes à chaleur géothermiques, une ventilation naturelle nocturne pour rafraîchir les nefs sans climatisation, de nouveaux systèmes LED. Le projet implique l'Enea, l'École Polytechnique et l'Université. Le cardinal Mauro Gambetti appelle cela une « transformation » vers une maison qui « accueille chacun et encourage chacun à grandir en humanité ».
8 – Un refuge pour les géants marins
En Nouvelle-Écosse, le projet Whale Sanctuary a obtenu un bail de 20 ans sur 83 hectares de terres et d'eau dans la baie de Port Hilford. Il s'agira du premier refuge côtier nord-américain pour les baleines et les dauphins des zoos marins.
La baie offre plus de 40 hectares d'eau jusqu'à 18 mètres de profondeur, idéale pour accueillir jusqu'à dix cétacés habitués à la captivité. Un effort de collecte de fonds de 15 millions de dollars est encore nécessaire pour les infrastructures, mais l'obstacle réglementaire a été surmonté.
C'est un changement de paradigme : non plus une réhabilitation impossible en pleine mer, mais une possible forme de liberté pour les animaux qui ne peuvent plus repartir. Et un centre de formation pour comprendre ce que signifie réellement le respect envers les intelligences non humaines.
9 – Plein soleil
L'énergie solaire est devenue la source la moins chère au monde. L'Université de Surrey a certifié ce que le marché savait déjà : le photovoltaïque coûte moins cher que l'éolien, le charbon et le gaz. La transition se fait (aussi) parce qu’elle est pratique. En Europe, aux deuxième et troisième trimestres 2025, la moitié de la demande d’électricité provenait de sources renouvelables. C’est la nouvelle norme, qui se construit kilowattheure après kilowattheure.
10 – Chirurgie sur les fonds marins de Punta Campanella
À Punta Campanella, le projet « MedCoral Guardians » de la Fondation Marevivo, en collaboration avec l'Université de Naples, tente quelque chose de nouveau : la restauration chirurgicale du Cladocora caespitosale coussin madrépora de la Méditerranée.
Douze systèmes, 156 fragments de coraux positionnés un à un sur les fonds marins. Raffaella Giugni de Marevivo rappelle que les coraux occupent 1% des fonds marins mais abritent 25% de la faune marine. Le projet comprend également la restauration des forêts d'algues brunes Cystosère et des ateliers pédagogiques pour plus de 700 étudiants.
Voici d’autres histoires de courage et d’espoir qui ont marqué 2025 :
