Campi Flegrei, pas seulement le bradyséisme : la consommation des terres et la surconstruction doivent également être surveillées (et bloquées)
Dix mois après l'aggravation de l'urgence sismique, Legambiente présente son nouveau rapport sur le risque volcanique et le bradyséisme dans les Champs Flegrei. Au centre se trouvent les données sur la consommation des terres, l'habitat résidentiel et la qualité des bâtiments et l'analyse historique concernant la zone phlégréenne, en particulier les communes de Pozzuoli, Bacoli, Monte di Procida, Giugliano et Quarto.
« Arrêtez la consommation de terres et la surconstruction dans les Campi Flegrei», Goletta Verde a donc fait son blitz au large des côtes de la zone Flégrée, envoyant un message au gouvernement et demandant des interventions sérieuses et structurées au niveau régional. A ces heures-là, en effet, s'ouvrait la deuxième journée de l'étape Campanie de la Goletta Verde de Legambiente, parcourant la péninsule pour surveiller l'état de santé de la mer et des côtes.
Dix mois après l'aggravation de l'urgence bradysismique suivie de l'approbation du nouveau Décret-loi pour faire face au risque volcanique et au bradyséisme dans les Campi Flegrei, l'association environnementale a également présenté son nouveau rapport « Risque volcanique et bradyséisme dans les Campi Flegrei. Sécurité, innovation et participation pour l'avenir durable du territoire ».
Peur sur la plage de Procida : glissement de terrain d'une crête rocheuse après le choc sismique des Campi Flegrei
Et voici les données alarmantes sur la consommation des terrains, le développement du logement et la qualité des bâtiments.
Le rapport
Une zone, celle des Campi Flegrei, qui paie le prix de l’augmentation de la densité d’habitat : selon l'ISTA, au cours de ces 50 années, un cinquième de l'augmentation de la population de la province de Naples (environ 280 mille habitants) s'est concentrée dans la zone comprise entre Pozzuoli et Quarto, avec une augmentation de la densité de population allant jusqu'à 3 500 habitants par km carré. Une croissance qui va de pair avec cela de construction illégale : dans la province de Naples, entre 2004 et 2022, 1641 démolitions de bâtiments illégaux ont été réalisées. Les ordonnances non exécutées dépassent les 14 000 (données du dossier Eliminate Abuse), l'absence d'une planification territoriale et urbaine adéquate, le maintien du Commissaire extraordinaire.
Pour Legambiente, cette nouvelle crise, qui a débuté en 2005 avec une aggravation progressive pour s'accélérer au cours des deux dernières années, doit être abordée d'une manière complètement différente des deux précédentes (1970-1972, 1983-1984), notamment en à la lumière des connaissances scientifiques d'aujourd'hui, de l'innovation technologique et numérique, des outils de veille, des nombreux modèles d'investigation testés et validés : il n'est plus possible que les choix politico-stratégiques et surtout de gouvernance territoriale ne s'appuient pas sur la des indications que même le système de protection civile produit.
Les neuf propositions
- arrêter la consommation des terres
- attention au programme de réaménagement des actifs publics et privés existants
- soutien au secteur de la production
- données ouvertes dans l'information
- transparence des documents et des procédures
- utilisation et soutien des processus participatifs
- suivi des actions institutionnelles et des effets des mesures de simplification sur l’urbanisme régional, métropolitain et communal
- demande de plans d'urgence municipaux et de leur fonctionnement efficace
- promotion de l'agrandissement du parc des Campi Flegrei et de sa reconnaissance comme géoparc mondial UNESCO
Aujourd'hui, Goletta Verde, avec ce blitz au large de la zone de Flegrea – commente Stefania Di Vito, porte-parole de Goletta Verde – voulait réitérer un message important : arrêter la construction excessive dans les Champs Flegrei. Si nous continuons à construire sans une planification territoriale et urbaine réelle et efficace, les citoyens paieront un prix très élevé pour les mauvais choix des institutions.
Selon le dernier rapport Ispra sur la consommation des terres 2023, le chiffre moyen des terres consommées est égal à 31,14% de la surface territoriale avec des pics atteignant 52,85% à Monte di Procida et 43,25% à Quarto et des augmentations toujours positives (en moyenne 2,42%) depuis 2006, avec une superficie totale consommée d'environ 410 hectares dans une zone à forte vocation agricole et naturaliste.
Passons plutôt aux données sur le parc immobilier résidentiel, net de habitations illégales, dans le rapport entre le nombre de logements et le nombre de familles, on enregistre un nombre important de logements vides, voire env. 18% du total. Le fait que peut-être trop a été construit ou que, face aux délocalisations, les logements évacués sont restés sur le marché immobilier, animant peut-être même celui des résidences secondaires ou destinées aux activités d'accueil, est confirmé par la cohérence des bâtiments construits après 1980, c'est-à-dire après la deuxième urgence grave : jusqu'à 44,53% des nouvelles constructions ont eu lieu après 1980 avec des sommets de 58,32% à Giugliano en Campanie, 47,69 à Quarto et 42,76% à Pozzuoli.


Enfin, en ce qui concerne les plans municipaux de protection civile, le manque d'attention au risque volcanique et à la protection civile en général se retrouve également dans l'analyse de l'offre des plans municipaux de protection civile. S'ils constituent d'une part une obligation légale, ces plans doivent être effectivement élaborés mais également rendus opérationnels à partir d'une communication correcte aux citoyens. Un écart qui, hélas, existe encore aujourd’hui.
