Pas seulement les abeilles : ce loup pourrait aussi polliniser les fleurs en mangeant leur nectar
Le loup éthiopien se nourrit du nectar des fleurs et pourrait le transporter d'une fleur à l'autre en se couvrant le visage de pollen, ce qui en ferait en fait un pollinisateur.
Le Loup éthiopien (Canis simensis) ou caberù, l'une des espèces canines les plus rares et les plus menacées au monde, surprend les scientifiques avec un comportement unique : le consommation de nectar de fleurs et le rôle potentiel en tant que pollinisateur.
Ce grand prédateur, connu principalement pour son régime alimentaire à base de rongeurs, a été observé se nourrir du nectar de Kniphofia foliosaune fleur endémique des hauts plateaux éthiopiens. Au cours de ce processus, le museau du loup se couvre de pollen, ce qui suggère que pourrait le transporter depuis une fleur à l'autre, facilitant la reproduction de la plante.
La découverte est le résultat d'une étude menée par l'Ethiopian Wolf Conservation Program (EWCP), menée en collaboration avec plusieurs institutions universitaires. Les observateurs ont remarqué que les loups passent beaucoup de temps à chercher des fleurs, se déplaçant d'une plante à l'autre pendant plus d'une heure et visitant jusqu'à 30 fleurs consécutivement. Ce comportement, documenté dans plusieurs packs, semble répandu et non un cas isolé.
L'habitat afro-alpin de l'Éthiopie est menacé
Malgré l'association de la pollinisation avec des insectes, des oiseaux ou des petits mammifères volants, le loup d'Éthiopie peut représenter une exception parmi les grands carnivores. Cependant, pour confirmer son rôle de pollinisateur efficace, il faudra démontrer que le pollen est transporté par les loups. contribue réellement à la production de fruits par les plantes.
Cette interaction entre le loup et la fleur n’est pas seulement une curiosité scientifique, mais ouvre de nouvelles perspectives en matière de conservation. L'habitat afro-alpin éthiopien, qui abrite à la fois des loups et des fleurs de Kniphofia foliosaEt menacé de la croissance humaine, de la concurrence avec le bétail et du changement climatique. La protection de cet écosystème devient cruciale non seulement pour la survie du loup, mais aussi pour le maintien de cette dynamique écologique unique.
Un aspect intéressant soulevé par les chercheurs est la possibilité rôle nutritionnel du nectar pour les loups. Même de petites quantités pourraient apporter des avantages significatifs, soulignant l’importance de préserver les plantes qui les soutiennent. Cette découverte renforce l’urgence de protéger le loup éthiopien et l’ensemble de l’écosystème dans lequel il vit, soulignant à quel point la biodiversité est interconnectée et surprenante.
Source : Bibliothèque en ligne Wiley
