insetto ambra

Une capsule temporelle : des créatures vieilles de 112 millions d'années parfaitement conservées dans l'ambre découvertes en Équateur

L'ambre de la formation Hollín en Équateur a conservé des organismes très anciens. La découverte ouvre un aperçu de la biodiversité du supercontinent Gondwana, il y a 112 millions d'années.

Une découverte rare et fascinante nous vient d'Équateur : des insectes, des fragments de plantes et des toiles d'araignées parfaitement conservés dans l'ambre datant de 112 millions d'années. La découverte, réalisée dans la formation Hollín, dans la région amazonienne orientale du pays, représente une pièce précieuse dans la reconstruction d'un écosystème tropical du Crétacé.

Les détails ont été publiés dans le magazine Communications Terre et Environnementet montrent combien il reste encore à découvrir sur l'histoire naturelle de la Terre, en particulier dans les zones moins explorées comme l'Amérique du Sud.

L'ambre, une plante fossile qui raconte la vie il y a des millions d'années

L'ambre est une résine fossile produite par les arbres, capable de piéger de petits organismes et de les préserver avec une incroyable précision. Dans des conditions particulières, cette résine se solidifie et résiste dans le temps, devenant une sorte de capsule temporelle.

Dans le cas de l'ambre trouvé en Équateur, les scientifiques ont identifié des spécimens d'insectes appartenant à cinq ordres différents, parmi lesquels les mouches, les coléoptères, les fourmis et les guêpes. Certains insectes étaient si bien conservés qu’ils présentaient des comportements persistants, comme se nourrir de champignons. Des restes de toiles d'araignées, des spores, du pollen et des fragments de plantes ont également été retrouvés, éléments qui, ensemble, offrent une image très détaillée de l'environnement dans lequel ils se trouvaient.

site de découverte de l'ambresite de découverte de l'ambre

Cette capacité de l’ambre à capturer même les organismes à corps mou, tels que les insectes et les champignons, est essentielle. Normalement, ces êtres vivants, car ils se décomposent rapidement. Mais lorsqu’ils se retrouvent piégés dans la résine, tout s’arrête : le comportement, la position, les interactions avec l’environnement.

Un coin oublié du Gondwana

insectes dans l'ambreinsectes dans l'ambre

Au Crétacé, il y a environ 112 millions d'années, la zone aujourd'hui occupée par l'Équateur faisait partie du Gondwana, un supercontinent qui comprenait l'Amérique du Sud, l'Afrique, l'Inde, l'Australie et l'Antarctique. À cette époque de l’histoire de la Terre, le Gondwana se fragmentait lentement et de nouveaux écosystèmes émergeaient.

Jusqu’à présent, la plupart des découvertes sur cette période provenaient de l’hémisphère Nord. Mais l'ambre équatorien change la donne : il permet d'étudier un écosystème du sud du monde, beaucoup plus humide, tropical et riche en végétation résineuse, capable de générer de grandes quantités d'ambre.

Les scientifiques émettent l’hypothèse que la forêt en question était épaisse et chaude, peuplée de plantes résineuses et d’un réseau complexe d’insectes, de champignons et d’autres formes de vie. Ce qui frappe, c’est la complexité de l’écosystème, semblable, à certains égards, à celui des forêts tropicales modernes.

Un voyage dans la biodiversité ancienne

L'ambre ne renvoie pas seulement l'image d'un seul insecte, mais une photographie de l'ensemble de l'écosystème. Grâce à la présence de matières végétales et d’organismes interagissant les uns avec les autres, les chercheurs peuvent comprendre comment les espèces coexistaient, quelles fonctions écologiques elles remplissaient et comment elles s’adaptaient au climat.

Le fait que ces fossiles proviennent d’une zone peu explorée comme l’Amazonie équatorienne rend la découverte encore plus significative. Souvent en effet, les données sur la biodiversité du Crétacé sont basées sur des matériaux provenant du Nord du monde. Mais l’Équateur pourrait détenir des informations clés sur l’évolution de la vie dans l’hémisphère sud et sur la manière dont la fragmentation du Gondwana a affecté la répartition des espèces.

Ces fossiles permettent également de mieux comprendre les changements climatiques et écologiques de l’époque, en proposant des comparaisons avec les dynamiques environnementales actuelles. C'est un exemple concret de la façon dont l'étude du passé peut aider à interpréter le présent et l'avenir de notre planète.

Source : Nature

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