La catastrophe écologique de Grimaldi : ces 198 barils toxiques ont fini dans le Sanctuaire des Cétacés (sans que personne ne s'en aperçoive)
En décembre 2011, lors d'une violente tempête dans la mer Tyrrhénienne, le navire Eurocargo Venezia de Grimaldi Lines a perdu 198 fûts contenant plus de 30 tonnes de substances toxiques au cœur du sanctuaire des cétacés, entre Gorgone et Livourne. L'accident est resté caché à la population pendant des jours, tandis que les opérations de secours ont connu de sérieux retards.
En décembre 2011, le navire Eurocargo Venezia de Grimaldi Lines, reliant Catane à Gênes, a été impliqué dans une catastrophe environnementale au cœur du sanctuaire des cétacés, entre Gorgone et Livourne. Lors d'un violent naufrage, plus de 30 tonnes de substances toxiques, dont du monoxyde de cobalt et du molybdène, se sont retrouvées dans la mer Tyrrhénienne, mettant en danger l'écosystème marin et la faune protégée. Malgré la gravité des dégâts, le jugement de 2015 acquitte les responsables. Cet épisode tragique et controversé marque le premier chapitre de notre nouvelle série GreenMe « Poisons of Italy », qui explore les catastrophes environnementales les plus graves de l'Italie.
L'Eurocargo Venezia de l'armateur Grimaldi Lines, qui a quitté Catane et s'est dirigé vers Gênes, a transporté cette nuit-là, comme toujours, des dizaines et des dizaines de fûts. Il contient des substances toxiques, mais à un moment donné, ces barils finissent presque tous dans la mer Tyrrhénienne. Nous sommes au milieu du Sanctuaire des Cétacés entre l'île de Gorgona et Livourne et la catastrophe a frappé.
Cependant, jusqu'à ce qu'ils arrivent à destination, aucun membre de l'équipage ne s'aperçoit de rien et pendant longtemps, même les citoyens de Livourne n'auront plus de nouvelles. Que s’est-il réellement passé ? Et à qui incombait la responsabilité ?
C'est la nuit du 16 au 17 décembre 2011 et ce cargo a à son bord des catalyseurs appartenant à une société luxembourgeoise et provenant du centre pétrochimique de Priolo Gargallo à Syracuse. Plus de 30 tonnes de matières dangereuses à la merci de vagues pouvant atteindre 5 mètres de hauteur.
Oui, car à ces heures-là, une tempête sans précédent se déroule au milieu de l'eau : la mer est agitée, comme l'avaient largement annoncé les bulletins météorologiques. C'est un voyage mouvementé, mais à quatre heures du matin, lorsque le navire touche les côtes de Gorgona, l'île la plus petite et la plus méconnue de l'archipel toscan, les rapports d'inspection ne donnent aucun signe d'anomalie.
Mais lorsque, à 7h30, l'Eurocargo Venezia a accosté dans le port de Gênes, c'est seulement à ce moment-là que les personnes à bord se sont rendu compte qu'il manquait 198 fûts. Disparu, disparu, disparu dans une partie indéterminée de la mer Tyrrhénienne entre l'île de Gorgona et les bas-fonds de Santa Lucia, dans la zone protégée entre dauphins et baleines. Et maintenant aussi parmi les déchets toxiques.
Poisons d'Italie : la mini-série GreenMe sur les blessures environnementales oubliées (mais dont il faut se souvenir)
Pendant des semaines et des jours : en effet, les citoyens de Livourne ne découvriront l'accident que 11 jours plus tard et uniquement parce que la rédaction de Tirreno intercepte certaines circulaires des communes de la zone.
Mais comment ces tambours ont-ils atterri là ? Selon le commandant Pietro Colotto, le Cargo Venezia a été submergé par une vague de dix mètres qui, le 17 décembre à 5h20, a englouti la moitié du chargement.
Comment est-il possible que personne n’ait remarqué pendant le voyage qu’il avait perdu la charge toxique ? Les garde-côtes préviennent le propriétaire du navire, mais le mal est déjà fait. Entre chicanes bureaucratiques et lenteurs, les opérations de récupération des fûts ont débuté seulement 5 mois après le sinistre, le 4 juin 2012.
Grimaldi investit 6 millions d'euros, mais sur les 198 poubelles, 71 restent au fond. On ne les trouve pas. Le fait que ces substances soient hautement inflammables, en particulier le monoxyde de cobalt et le molybdène, est préoccupant.
Le 1er décembre 2013, le procureur Luca Masini demandera le renvoi en justice de trois personnes, dont le commandant de l'Eurocargo Venezia. Les accusations portent sur une pollution négligente, une catastrophe environnementale et un risque de naufrage.
L'enquête révélera que le Venezia avait continué vers Gênes dans des conditions si difficiles qu'il risquait d'entrer en collision avec un autre navire, plutôt que d'essayer d'éviter la tempête. Justement pour éviter la collision, alors que la mer était en pleine tempête, le navire aurait effectué une manœuvre d'urgence en larguant les fûts toxiques à la mer.
Le 17 mars 2015, sentence absurde : tous acquittés. Personne n’est coupable car le fait n’existe pas. Personne ne compensera les dommages estimés à 22 millions d'euros causés au Sanctuaire des Cétacés.
