Xalet de Catllaràs

100 ans après sa mort, un nouveau bâtiment créé par Gaudi « apparaît » : le sien est le chalet dans les bois des Pyrénées

L'attribution du Xalet del Catllaràs à Antoni Gaudí a été confirmée : le chalet dans les bois catalans entre dans son catalogue officiel

Il y a des endroits qui restent silencieux pendant des décennies, attendant presque que quelqu’un les écoute réellement. Et puis vient le moment où ce silence est rompu et où l’histoire prend une nouvelle direction. C'est ce qui se passe au Xalet del Catllaràs, un chalet immergé dans les bois de Catalogne qui aujourd'hui, cent ans après la mort d'Antoni Gaudí, est officiellement reconnu comme l'une de ses œuvres.

La nouvelle arrive en 2026, année du centenaire et des célébrations de Any Gaudí, et a le goût de révélations qui réécrivent les cartes culturelles. Pendant plus d'un siècle, cet édifice est resté suspendu entre hypothèses et attributions incertaines, presque une ombre dans la biographie de l'architecte le plus visionnaire du modernisme catalan. Mais aujourd’hui, il entre pleinement dans son catalogue.

Et il le fait de manière silencieuse, en cohérence avec sa position : loin des projecteurs de Barcelone, loin des foules de la Sagrada Família et du Parc Güell, niché parmi les arbres et les paysages pré-pyrénéens.

Xalet del Catllaràs : un chalet entre nature, industrie et vision

Xalet del Catllaràs - GaudíXalet del Catllaràs - Gaudí

Le Xalet del Catllaràs est situé dans la Serra del Catllaràs, sur le territoire de La Pobla de Lillet, dans la province de Barcelone, à environ quatre-vingts kilomètres de la ville. Ici, entre bois et montagnes, au début du XXe siècle, a pris forme un bâtiment destiné à abriter les techniciens et les ingénieurs engagés dans les activités minières de la région.

Le projet est né entre 1901 et 1908 à l'initiative d'Eusebi Güell, entrepreneur éclairé et mécène historique de Gaudí, propriétaire des mines de charbon et de la cimenterie Asland de la région. Il ne s'agit donc pas d'une lubie esthétique, mais d'une structure fonctionnelle liée au monde du travail et de l'industrie.

Pourtant, même dans un bâtiment destiné à la vie professionnelle quotidienne, émergent les traces d'une pensée architecturale qui dialogue avec la nature, qui modèle l'espace selon des lignes courbes, des arcs paraboliques, des solutions géométriques qui semblent grandir comme des organismes vivants. C'est précisément cette cohérence du projet qui a définitivement convaincu les chercheurs.

L'étude qui a résolu un mystère vieux d'un siècle

chalet historique de Gaudichalet historique de Gaudi

La confirmation officielle provient d'une recherche commandée par le Département de Culture de la Generalitat de Catalunya et menée par Galdric Santana, directeur de la Chaire Gaudí à l'Universitat Politècnica de Catalunya.

L'enquête a croisé des documents historiques, des études architecturales, des analyses de géométries structurelles et des reconstructions tridimensionnelles, comparant le chalet aux schémas de conception typiques de Gaudí. Le résultat est clair : le projet initial était le sien, même si la phase de construction n'a pas été suivie directement par l'architecte.

Et c’est précisément ce détail qui alimente l’incertitude depuis des décennies. Le bâtiment a subi des modifications au cours de sa construction, probablement pour des raisons techniques ou économiques, et Gaudí n'en a jamais officiellement revendiqué la paternité. La distance entre conception et construction avait créé une zone grise en historiographie, aujourd’hui enfin éclaircie grâce aux technologies d’analyse contemporaines.

Un Gaudí moins monumental, plus intime

Cette découverte nous donne une image différente du grand maître du modernisme catalan. Non seulement l'architecte des grandes œuvres symboliques, mais aussi le designer capable d'intervenir dans des contextes ruraux, industriels, apparemment secondaires, tout en gardant intacte sa poétique.

Dans le Xalet del Catllaràs, nous percevons la même tension entre technique et nature qui caractérise ses œuvres les plus célèbres, mais exprimée à une échelle plus intime, presque domestique. L'architecture s'adapte au paysage montagnard, le soutient, l'intègre. C’est une leçon qui est encore d’actualité aujourd’hui, à une époque où l’on parle de plus en plus d’harmonisation entre l’environnement bâti et l’environnement naturel.

Cent ans après la mort d'Antoni Gaudí, son œuvre continue de nous surprendre et de grandir, comme si elle n'avait jamais vraiment pris fin. Cette attribution ajoute non seulement un bâtiment à la liste de ses œuvres, mais élargit la compréhension de sa manière de penser l'espace et la relation entre l'homme et le territoire.

Et c'est peut-être justement l'aspect le plus fascinant : même quand on croit connaître par cœur un grand nom de l'histoire, il y a toujours un détail caché, un chalet dans les bois, prêt à nous raconter quelque chose de nouveau.

Source : Poblalillet

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